13242287098

 

Je ne me rappelle plus du tout à quelle occasion j’ai découvert Alice in Chains. Il est étonnant qu’à l’époque, n’étant pas vraiment attiré par le grunge en général et Nirvana en particulier, j’ai méthodiquement exploré la discographie du groupe de Layne Stanley. J’ai probablement du commencer par le génial EP Jar of Flies, me suis régalé à jouer « Nutshell » sur ma gratte acoustique avant de découvrir les trois albums du groupe, sortis entre 1990 et 1995. Bien qu’ayant dans mon souvenir reconnu à leur juste valeur Facelift, Dirt et Alice in Chains (l’album au chien), je ne les ai jamais acheté pour une simple raison : beaucoup trop plombants.... et, dans la définition que je m’en fais, finalement bien plus grunge que les disques de Nirvana. Cependant, je n’hésitais pas à acquérir directement à sa sortie en 1996 ce MTV Unplugged, puisque le coté acoustique de Jar of Flies atténuait justement la lourdeur habituelle des guitares de Jerry Cantrell, et qu’on retrouvait sur ce disque live plusieurs des morceaux de mon EP adoré. Par manque de moyens, j’achetais à l’époque très rarement des disques neufs, je tenais donc vraiment en haute estime le quatuor de Seattle. Pour la petite histoire, il s’agit du tout premier vinyle que j’ai acheté, tout simplement parce qu’il était moins cher que la version CD, ce qui ne manque pas d’ironie vu la cote atteinte aujourd’hui par ce LP original, comme tout ceux sortis à cette époque où le Black Circle chanté par Pearl Jam a bien failli disparaitre.

 

Ce MTV Unplugged est avant tout le disque d’un groupe magnifique, où chacun joue juste. Il y a bien sur le chant parfait de Layne Stanley, rocailleux et torturé juste ce qu’il faut, et la solidité des guitares et de la deuxième voix de son compère Jerry Cantrell, vraie fondation du groupe, et qui tout au long du concert démontrera aux branleurs de manches de l’époque (ainsi qu’aux grungy moyen le rejetant trop systématiquement) ce qu’est un bon solo, présent pour magnifier une composition qui existerai sans lui (par exemple celui de « Brother »). Il y a un bassiste, Mike Inez, qui n‘est pas là pour faire de la figuration et fait notamment bien groover les morceaux les plus rythmés, comme « Heaven Beside You » (meilleur titre du 3eme album), et un guitariste rythmique recruté pour l’occasion qui n’en fait pas trop. Et enfin Sean Kinney, batteur subtil capable d’être à la fois très lourd sans être trop présent, comme sur le long et sombre « Frogs ». Coté setlist, Alice in Chains évite Facelift peut être peu adapté à la transposition acoustique, mais réserve une place de choix à ses meilleurs morceaux de Dirt, comme « Rooster », le tube « Would ? » ou le fascinant « Down in a Hole ».  Pour le reste, Alice in Chains va piocher les plus efficaces titres de différents EP, eux aussi composés la plupart du temps par le seul Jerry Cantrell, à l’image des entrainants « No Excuses » et « Got Me Wrong ». Quand Layne Stanley s’en mêle, le morceau a toujours une connotation beaucoup plus glauque (« Angry Chair » ou « Frogs »), ce qui permet une relative diversité des titres, marquée par des durées variant entre 4 et 7 minutes.

 

Groupe au top, appliqué et détendu, compositions superbes, tout est parfait dans ce Live, des premières minutes (un « Nutshell » à tomber) jusqu’à « Over Now », qui combine passages rock efficaces et passages instrumentaux lourds de menaces, à l’image du concert qui s’est écoulé. Dans la longue série des MTV Unplugged,  dont le plus connu est évidemment celui de Nirvana, celui-ci reste de loin mon favori. Désirant prolonger le plaisir, Alice in Chains interprète en toute fin de concert un morceau inédit. Ce sera l’un des derniers sorti avec Layne Stanley, qui plongera de plus en plus dans la dépendance à la drogue, jusqu’à l’issue fatale en 2002. Ce morceau inédit s’intitule « Killer is Me »….

 

"Down in a Hole":