Suite de mon rapide tour d'horizon des disques 2010 que je n'avais pas encore pris le temps de chroniquer.

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Voice of the Seven Thunders - Voice of the Seven Thunders

Le ton s'est durcit depuis 2008 et Voice and the Seven Woods. Certes le fond reste le même, ce folk rock instrumental rythmé à la sauce choucroute, mais le Thunders du nouveau nom de la formation de Rick Tomlinson n'est pas usurpé, les guitares électriques et le tempo endiablé de la plupart des compos ayant clairement débordé sur le coté Woods des guitares de leur précédent opus. Voice of the Seven Thunders est un disque taillé d'un bloc dans la masse, et qui pourtant possède deux faces bien distinctes (la définition d'un vinyle réussi, d'ailleurs...). La première face ressuscite le Led Zeppelin III en version instrumentale à coup de riffs accrocheurs et de solos hard rock sur une bonne rythmique bien lourde. Celui de « the Burning Mountain » est particulièrement agressif, mais une pause folk rétablit l'équilibre, avant que « Dry Leaves » viennent achever en douceur cette première partie avec ses deux guitares acoustiques, simili traditionnel évoquant toujours le célèbre disque à la roue psychédélique (1). Les morceaux sont courts (deux d'entre eux sont d'ailleurs des introductions de moins d'une minute), et l'auditeur en arrive à ce point de l'album en un plaisant éclair de moins d'un quart d'heure. « Dalalven » a beau ne durer que 3 mn lui aussi, il introduit une deuxième partie aux accents Kraut rock plus marquée, par son coté répétitif hypnotique. Les deux morceaux suivants, durant eux plus de 7 mn, vont orienter petit à petit l'album de plus en plus vers ce style. « Cylinders », introduit et conclut par un clavier flottant, répète un riff acoustique pour un effet tribal garanti, raccord avec la pochette brute du disque. Une alarme plus loin, « Set Fire to the Forest » enfonce le clou en démarrant sur un solo de guitare très en avant sur un fond hyper rythmé. Le morceau s'offre quand même quelque pauses, avant un final dans la plus pure tradition Can. On peut s'étonner que le petit folk « Disappearances », seul morceau vraiment chanté de Voice of the Seven Thunders, en soit une conclusion aussi décalée alors que jusque là les transitions entre les titres étaient ciselées avec la plus grande application. Mais c'est finalement une manière apaisante de s'extraire des tourbillons du disque avant de reprendre une activité normale. Un album très bien ficelé, qui, si il n'invente pas grand chose, s'invite très régulièrement sur la platine, bien aidé par sa durée assez courte et son absence totale de déchets...

(1) pour accentuer l'effet 70's, les créateurs de l'album ont des noms bien rock,comme le bassiste, un certain Rory Gibson.

 

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Holy Fuck - Latin

Auteur d'un brillant LP que je m'étais passé en boucle l'année dernière, Holy Fuck revient avec Latin, reprenant la même formule electro rock dynamique et réjouissante. Il faut cependant un moment à l'album pour démarrer, les deux premiers titres étant assez déroutants (une introduction atmosphérique longuette et un « Red Lights » à moitié disco). « Latin America » remet l'album sur les bons rails connus au groupe: paire rythmique imparable + mélodies de clavier savoureuses. Sachant saupoudrer certains morceaux de touches plus émouvantes (« Stay Lit »), quoique moins fréquemment que sur LP, c'est dans l'énergie pure qu'Holy Fuck se révèle une fois de plus incroyablement bons. Des titres comme « Silva & Grimmes » et plus encore « Stilettos » (quasi techno, mais avec une batterie bien rock), sont parmi les rares à me donner une pêche d'enfer en toute occasion. Le grand talent d'Holy Fuck, quelque soit le tempo, c'est de parvenir à intensifier leurs morceaux, à les faire progressivement monter en sauce malgré des durées raisonnables (pas plus de 5 mn). Si Latin reste assez inférieur à son prédécesseur, il n'en reste donc pas moins recommandable pour tout les amateurs de ce style porté à son sommet à l'époque par Death in Vegas.

 

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Harlem - « Hippies »

« Someday Soon » réveille le Black Francis qui sommeille en moi. Il a suffit de cette phrase tiré de la chronique du Golb pour que je me jette sur l'album de Harlem. Il faut dire que ca fait bien longtemps que moi aussi, j'ai envie qu'on réveille le Joey Santiago qui réveille en moi.... A trop focaliser sur cette phrase, j'en ai oublié le ton général de l'article de Thom, à savoir: c'est l'été, on a envie de s'amuser, on a envie d'un truc cool qui nous fasse remuer la tête plutot que nous la prendre. De ce point de vue là, le contrat est amplement rempli. Pensez à un groupe de branleurs, qui fait des chansons fun de moins de trois minutes. Les Ramones? Ouaip, une touche sur « Be your Baby ». New York Dolls? Bien vu, on les entend sur « Number One » ou « Torture Me ». Libertines ? Ah ah, bien sur, ce gros branquignole de Doherty hante tout les recoins de l'album, notamment la ballade (évidement nonchalante) « Could Pleaser ». Et la comparaison n'est pas usurpée, car le trio Harlem est aussi doué pour les mélodies et les rythmes rock que notre drogué préféré (encore vivant). Et les Pixies, me direz vous? Et bien, dès que l'on parle de morceaux courts, avec des mélodies simples et efficaces, ils sont forcément dans le coin. Sauf que « Hippies » ne contient pas la moindre miette de la tension qui explose sur chacun des morceaux des lutins américains. C'est juste un disque cool, marrant, qui se déguste à l'apéro comme un chapelet de cacahuètes (la prochaine j'arrête!) et qui est même sacrément divertissant par moments (« Pissed »). C'est déjà bien (et mieux que beaucoup), mais ceux qui connaissent mon blog et les artistes que je vénère savent que ce genre de disque ne peut être qualifié que de mineur ici et qu'il n'aura pas souvent l'occasion d'atterrir sur ma platine...