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Période de vaches maigres au niveau des concerts, la programmation de l’Epicerie Moderne notamment étant étrangement inintéressante (à mes oreilles) et me faisant craindre une baisse de régime ou une réorientation malvenue. Espérons que cette impeccable salle saura me surprendre prochainement comme elle le fait depuis près de 10 ans… bref, en guise de consolation, j’ai saisi l’occasion (de plus en plus rare compte tenu de mon emploi du temps) de découvrir un groupe sur scène, en l’occurrence Motorama dont mon pote Julien ventait depuis un moment la qualité du dernier disque. Attiré par l’écoute du morceau « Old », mais aussi par la première partie Rank - un trio sympathique que nous saluons chaque semaine à l’Hôtel de la Musique (notre salle de répète) et dont j’avais aussi apprécié l’écoute d’un titre – je ne résistais pas longtemps à l’appel de Julien, d’autant qu’il avait des places gratuites par son boulot.

 

 

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Quasiment 4 ans que je n’ai pas mis les pieds au Transbordeur (depuis Mogwai en Mars 2011), la mythique salle Lyonnaise n’étant plus que l’ombre d’elle-même depuis bien longtemps. Le concert a lieu au Transbo Club, soit l’avant salle où se trouvent une scène et le bar, de quoi boire un coup avec les potes qui sont là, Arnaud, La bUze mais aussi l’insaisissable Twist que j’ai enfin le plaisir de croiser pour la première fois. Il n’y a pas foule, néanmoins le public a bien grossi quand Rank entre sur scène, attaquant sans plus attendre un concert sans fausses notes. Grand, mince et charismatique, le bassiste chanteur est habillé tout en noir, chemise et cravate comprises. A sa droite, dans la même tenue, le guitariste (qui m’a fait penser à Daniel) vient apporter du mouvement sur scène, tandis que son discret compère à la batterie assure un rythme minimaliste sacrément carré.

 

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Dans le plus pur style Post Punk (évoquant le meilleur du genre, comme Frustration), Rank construit ses morceaux à partir d’un jeu en duo basse batterie simple et très efficace, le guitariste venant apporter nuance et relief suivant qu’il se taise, qu’il plaque des accords violemment distordus ou des parties plus mélodiques en arpèges rapides. Gros plus du groupe, un chant principal remarquable intelligemment dynamisé aux bons moments par la seconde voix du remuant guitariste.  Le set, très homogène (peut être un poil trop d’ailleurs), ne souffre d’aucun temps mort, avec au contraire quelques titres qui font office de véritables tubes (« Draw the Line » !!). Le temps passe vite, et le trio nous salue déjà après le plus lent et le plus bruyant titre du concert en guise de final. Un groupe classe, au gros son parfait, dont j’ai acquis le premier album que je conseille sans réserves (en plus la pochette est belle), en attendant un imminent deuxième disque enregistré avec l’équipe de l’Epicerie Moderne, aperçue dans la salle.

 

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Après ça, l’arrivée de Motorama sur scène fait pâle figure. Disons-le d’emblée, les Russes souffrent de plusieurs handicap face aux Français. N’insistons pas sur le bontempiste souvent inutile, parfois carrément néfaste, qui mâchonne son chewing gum en tripotant mollement son instrument, mais il faut évoquer le manque de charisme global du quatuor : certes on est dans la Cold Wave ou le Post Punk, pas dans le Ska festif, mais l’absence total de look, dialogue ou sourire avait un coté  Poutinesque pas vraiment bienvenu. Le son était moins percutant que précédemment, le chant solitaire un peu trop référencé, mais c’est surtout le jeu de guitare linéaire qui souffrait le plus de la comparaison avec Rank.

 

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Cependant, la paire rythmique étant assez exceptionnelle techniquement, il en résultait donc que les morceaux aux tempos plus lents m’ont semblé dispensable, alors que les tempos rapides se sont vite révélés irrésistibles. Comme ils étaient de loin les plus nombreux, que j’aime assez ce style, surtout lorsqu’il est aussi bien carré et bien exécuté, et que la setlist a été émaillée de véritables bombes (« Dispersed Energy », « Old »), j’ai quand même passé un bon moment, bien que le concert fut un brin répétitif. D’ailleurs le public s’est progressivement réchauffé, et la jeunesse dansait pas mal en deuxième moitié de set. De mon côté, après les traditionnels commentaires entre potes et divers achats musicaux, je rentrais chez moi détendu, et même pas fatigué… 

 

 

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Je ne sais pas si c'est définitif, mais nous n'avons pas eu droit à la demoiselle bassiste... C'est le leader qui tenait la basse la plupart du temps.