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CALEXICO - Edge of the Sun

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Xavier.

La chronique de Julien: PINKUSHION

Mon avis:

Difficile pour moi d’écrire sur Edge of the Sun, malgré un nombre d’écoutes déjà conséquent. Tout simplement parce que tout ce qu’il y a à dire est déjà présent sur ce blog, dans ma chronique de son prédécesseur, l’excellent Algiers. Cette manière de revisiter le même répertoire, toujours avec élégance, et, surtout, avec une qualité d’écriture qui, bien loin de faiblir, nous émerveille encore disque après disque. Ce que j’avais appelé l’amélioration dans la continuité, et qui s’applique oh combien à ce Edge of the Sun. Il est question une nouvelle fois de compositions solides, donc, et d’arrangements variés et subtils (notamment les secondes voix féminines) apportant aussi quelques touches de nouveautés dans le son caractéristique de Calexico (et ce dès les premières mesures de « Falling from the Sky »).

Comme ces promenades mille fois refaites et pourtant chaque fois différentes, on prend plaisir à reparcourir Tucson en compagnie de nos vieux amis, charmé par des pistes tour à tour entrainantes ou mélancoliques, diversité assurant un séjour sans la moindre trace d’ennui. D’autant que cette fois la longueur de l’album est idéale (12 morceaux pour 40 minutes) si l’on prend bien soin, et c’est capital, de ne pas enchainer avec les 6 titres bonus de l’édition limitée. Si ma chronique d’Algiers se terminait sur l’interrogation de savoir si on écouterait encore l’album dans 10 ans (la réponse est oui, puisqu’il a tourné en boucle pendant trois ans jusqu’à ce nouvel opus), on ne se posera même pas la question pour Edge of the Sun, tant cela relève de l’évidence. Ne serait-ce que pour ce final grandiose (ne surtout pas poursuivre sur les bonus, disais-je) enchainant le folk menaçant « World Undone » et « Follow the River », d’ores et déjà une de mes chansons favorites.  Une douce amertume rehaussée d’un soupçon de slide guitare, débouchant, un peu à la manière de certains Yann Tiersen, sur une respiration d’espoir. Un soleil couchant rappelant le pourquoi de notre passion musicale, un baume sur le cœur apaisant pour un moment peur et dégout de notre monde se dévorant lui-même.

 Comme il en a maintenant l’habitude, Calexico a prévu pour ses fans  - en plus d’une superbe édition vinyle gravée - un deuxième disque contenant six morceaux supplémentaires, habilement extirpés d’Edge of the Sun pour en garder toute sa cohérence. Loin d’être mauvais, ces titres présentent simplement des ambiances assez éparpillées qu’on prendra plaisir à savourer à l’occasion (on pense notamment à ce « Roll Tango » arabisant fort sympathique). De quoi mesurer encore plus l’immense talent d’un des rares groupes des 90’s à toujours tenir les premiers rangs chez moi.

 

 

 

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Sufjan STEVENS - Carrie & Lowell

 

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien.

Mon avis:

Après une période expérimentale déconcertante et l’un des albums les plus clivant jamais sorti (the Age of Adz, que j’ai personnellement détesté), le retour annoncé de Sufjan Stevens au folk qui fit sa gloire a fait vibrer le net de longs mois à l’avance. Et voici donc le tant attendu Carrie & Lowell, album dépouillé constitué pour l’essentiel de guitare acoustique, banjo et bien sûr de l’inimitable voix de Sufjan Stevens, souvent doublée pour l’occasion. Il en résulte un disque d’une grande cohérence, voire d’une certaine répétitivité, qui oscille constamment entre le beau et l’ennuyeux. C’est que, comme on l’avait rappelé à notre ami Eels l’année dernière, il ne suffit pas de faire un disque intimiste et épuré pour accoucher d’un chef d’œuvre. S’il est traversé par quelques moments de pure grâce (« the Only Thing » ou « No Shade in the Shadow of the Cross »), le classicisme de l’ensemble interdit de s’enthousiasmer à l’unisson de la plupart de mes confrères, faisant de Carrie & Lowell un album presqu’aussi surcoté que son habile créateur.

 

 

 

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HAYDEN – Hey Love

 


En écoute: DEEZER

Proposé par Julien.

La chronique de Julien: PINKUSHION

Mon avis:

Je découvre ce songwritter canadien, inscrit depuis longtemps parmi les favoris de Julien, à l’occasion de la sortie de Hey Love, dernier né d’une déjà longue discographie. Hayden déroule ses classes balades de sa voix tristoune, rappelant parfois celle du Jay Mascis acoustique. C’est surtout flagrant sur « Come to Life », une magnifique chanson qui va faire basculer un disque jusque là joli mais un peu mollasson. En mettant un peu plus de rythme à certains titres (« Nowhere we cannot Go », « If more Things go Wrong »), tout en osant le dépouillement sur les tempos plus lents (« Five Seasons »), Hayden trouve le ton juste et transforme l’indifférence polie ressentie sur la Face A en réel intérêt.