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Sur les Murs du Jack Jack...

 

 

Au départ, ce  devait être un concert parmi d’autres : Damien avait été contacté par le Jack Jack, une salle que nous ne connaissions pas, plusieurs mois avant la date prévue. Ce n’est qu’en voyant les réactions de quelques connaisseurs (dont la Buze) en entendant ce nom  que je commençais à me demander si ce concert ne sortirait pas de l’ordinaire. Pas question de s’emballer au départ, le souvenir de la soirée à l’ENS étant encore vivace au sein du groupe : à l’idée de se produire au cours d’une soirée étudiante, nous avions espéré de bonnes conditions et un public fourni mais au final, nous avions joué sur du matos naze devant une salle vide. Ce concert, assurément le plus déprimant que nous avions fait (à tel point que j’avais soigneusement évité d’en parler sur ce blog), était alors notre dernier en date.  Cependant, plus le temps passait et plus tout indiquait que nous avions à faire à quelque chose de beaucoup plus sérieux : Site internet bien tenu avec présentation des groupes et extraits musicaux, communication sans souci et finalement planning de soirée très pro, avec  45 minutes d’installation et 75 de balance pour chacun des trois groupes à l’affiche (je posais donc illico une journée de congé pour ce jeudi 17 décembre).

 

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Balances de Damien

 

A l’excitation de jouer enfin dans des conditions sonores idéales se joignait évidemment pas mal de stress, l’habituel crainte d’un mauvais coup du sort provoquant une annulation s’accompagnant de celle de ne pas être à la hauteur de cette salle professionnelle. Stress atténué par des répètes sérieuses et régulières qui me rassurèrent sur notre capacité à ne pas foirer de morceaux et à rendre imperceptible pour le public les inévitables pains aléatoires de chacun d’entre nous. Après une courte répétition la veille, qui fut selon la tradition assez mauvaise, nous nous retrouvions à 15h le jeudi à la MJC de Bron, accueillant le Jack Jack en son sein, avec assez peu de matériel : l’ampli guitare de Damien, et pas mal d’éléments de batterie (tout sauf le plus encombrant, toms et grosse caisse, ce qui s’avéra une fort bonne sélection).  

 

 

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Dans la Loge

 

Le groupe Muddy Escape, tête d’affiche de la soirée, terminant sa balance, nous furent accueillis par Robin et Leo, les très sympathiques ingés son du Jack Jack, qui nous aidèrent à nous installer. La salle est assez similaire à celle du Marché Gare, pouvant accueillir si j’ai bien compris 400 personnes, et la scène est à l’avenant : inutile de dire que nous n’avions jamais eu autant d’espace, il y a même une petite estrade pour surélever la batterie.  Je craignais un peu de ne pas utiliser la mienne, mais finalement celle prêtée par le Jack Jack me va bien, il y a juste les toms qui sont plus petits que les miens et dissociés de la grosse caisse, avec des pieds à part qui complexifient un peu le truc, mais comme nous avons tout notre temps, je finis par trouver un réglage qui me convient. Nous avons ensuite un long temps de balance, chacun à notre tour, puis tous ensemble pour les retours.  C’est la première fois que ma batterie est sonorisée et que j’ai un retour, c’est super agréable, le plus plaisant étant le son bien puissant de la grosse caisse, que j’entends idéalement. 

 

 

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Devil Joe and the Black Door Men

 

Commence alors un temps d’attente assez long et fastidieux. Devil Joe and the Back Door Men, groupe de Saint Etienne qui assure la première partie de la soirée, est très à la bourre. Notre attente est rendue plus agréable par les loges mises à notre disposition : chips et binouze à volonté, la classe ! Le Devil Joe arrive enfin pour ses balances, puis nous allons tous manger ensemble à la cantine de la salle, où un repas bien arrosé nous attend. L’ambiance est sympa, nous faisons brièvement connaissance avec les autres groupes, et les blagues se mettent à fuser (notre champion dans le domaine, Seb, est dans son élément). Je ne suis pas en grande forme à ce moment-là,  j’ai mal au bide et l’impression d’être tout ramolli (en fait les balances m’ont déjà bien crevé), mais je reprendrai progressivement du poil de la bête, notamment lors du premier concert. C’est donc Devil Joe qui a la lourde tâche d’attaquer la soirée devant un public plutôt maigre : c’est jeudi soir, et le Jack Jack est assez peu accessible (mieux vaut avoir une voiture, et un GPS…), c’est bien là son seul défaut. Mais cela n’effraie pas notre quintet stéphanois qui balance efficacement son blues rock puissant et bien servi par une chanteuse charismatique, voix soul éraillée et grande gueule entre les morceaux. C’est carré et bien exécuté, le son est bon et l’ensemble groovy, avec un guitariste harmoniciste efficace et des solos millimétrés, mais si les titres sont entrainants ils ont le défaut du style, à savoir qu’ils manquent un peu d’originalité. Tout du moins dans la première moitié du concert, j’ai trouvé la suite beaucoup plus enthousiasmante, et comme le Devil Joe se déchainait de plus en plus sur scène, j’ai fini vraiment accroché par leur musique.  La prestation très technique et parfaite du groupe intimide mes collègues qui ne se sentent pas à la hauteur, alors que j’essaye de me rassurer en mettant en avant la diversité et la qualité de nos compositions.

 

 

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Avant le grand moment de notre entrée en scène, il faut procéder au changement de plateau, qui nous causera quelques torts.  Il faut en effet retrouver tous nos réglages, pour les amplis comme pour la batterie (le batteur des Devil Joe n’utilise que deux toms, comme la majorité des batteurs aujourd’hui), et cette fois nous manquons de temps. Déjà Cédric coiffé de sa perruque verte fait son petit speech pour annoncer Hello Darkness. Il était venu nous voir dans les loges mais nous ne lui avions pas été d’une grande aide pour sa présentation, n’ayant rien à vendre et aucun autre concert en vue, pas plus que d’anecdote sympa à lui livrer. D’abord sceptique sur son intervention, j’ai trouvé ça finalement plutôt sympa, cela permet de ramener les gens et de bien marquer le début du concert. Le seul souci a été que notre entrée en scène, que nous avions travaillée, a été ruinée par un problème de réglage d’ampli, et qu’il y a eu quelques longues minutes de silence avant qu’on ne puisse attaquer.  Une inversion entre le son saturé et le son clair dans le retour de Julien l’a aussi fort perturbé sur les deux premiers morceaux, ce qui l’a un peu déconcentré.

 

 

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Cependant, avec l’aide de Robin et Leo, tout est progressivement rentré dans l’ordre, et le concert s’est à mon sens fort bien passé. Le seul truc qui m’a gêné, c’est que je n’avais pas réussi à replacer correctement le premier tom, et que celui-ci était beaucoup plus petit que celui que j’utilise habituellement (et en plus il y avait les micros), j’ai donc eu du mal sur les descentes de toms rapide. Il faudrait que je réécoute un enregistrement pour voir jusqu’à quel point ça s’entend, dans mon souvenir c’était plutôt correct sauf le redoutable « Kisses & Hugs » où j’ai loupé plein de trucs (je me suis laissé distraire par Seb qui passait par là voir si tout allait bien, et puis à la réécoute d’une petite video j’ai pris un tempo ultra rapide…). Je ne crois pas avoir fait beaucoup de pains sur les autres morceaux, pas plus que mes collègues (même si j’ai du mal à vraiment les écouter, concentré comme je suis sur ma partie).  Nous avons fait une jolie version de « the Beat », qu’il nous arrive de louper en répète, et les deux tout nouveaux morceaux, « Endless Rain » et « Our Anthem », sont bien passés. Une fois lancé, le concert est comme d’habitude passé très vite, un instant fugace dont j’ai savouré chaque minute, sachant que l’occasion de «  jouer au pro » ne se représenterait surement pas de sitôt.  Juché sur mon estrade, j’ai pu observer le public (pour les chansons les plus lentes), en revanche je n’ai absolument pas pu communiquer avec mes potes d’Hello Darkness et appréhender leurs sensations (d’habitude on est tout serrés sur la scène, ça facilite les échanges de regard…)

 

 

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Le concert achevé (le riff de « the Beat »  en point final du traditionnel « Zembria »), nous rangeons vite notre matos pour laisser la place aux Muddy Escape, avant de courir au bar pour recueillir les impressions de chacun. Seb et moi sommes ravis, Julien un peu plus mitigé (à cause du début de concert difficile je crois), quant à Damien il n’est pas du tout satisfait. On dira que c’est habituel pour ce perfectionniste, mais je suis un peu déçu que tout le monde ne soit pas à la fête. Apparemment il a été très frustré de ne pas retrouver le réglage qu’il avait aux balances, et n’était pas dans le coup selon ses propres dires, il faudra qu’on en reparle. Bref, l’avis le plus important, c’est celui du public, et les retours sont vraiment positifs. Plusieurs personnes nous voyaient pour la première fois (dont mon voisin Denis et Mag, une amie de Mélaine), tous ont passé un bon moment et ont globalement trouvé le concert de bonne tenue.  Mélaine et l’ami Ben, habitués depuis nos premiers concerts, ont encore noté de nets progrès, et ont surtout apprécié le son : pour la première fois,  le niveau des voix était correct, et la batterie bien équilibrée.

 

 

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Pour conclure, je remercie grandement le Jack Jack et son équipe géniale, qui m’a permis de faire un concert dans des conditions de professionnel (si j’avais su ca il y a 20 ans, quand j’ai attaqué la musique !). Je pense que les artistes reconnus que je vois à l’Epicerie Moderne ou au Marché Gare doivent vivre à peu près la même chose, à l’exception évidemment du public. Ce sera le seul petit regret, d’avoir eu peu de monde pour ce qui est sans aucun doute notre meilleur concert à ce jour : une quarantaine de personnes, ce qui fait assez peu pour 3 groupes, surtout dans une si grande salle (je ne vais même pas dire que les meilleurs étaient là, puisqu’il manquait deux de nos plus vieux fans). Mais bon, je savoure ma chance, et le groupe repart gonflé à bloc par cette expérience. Qui sait, l’avenir nous réservera peut être d’autres bonnes surprises comme celle-ci ?

 

 

Setlist : Body is a Weapon  - Katrina Ghost – Young (Lullaby) – Or Sleeping – the Beat – Endless Rain – to Know who I am – (the correct use of) Kisses & Hugs – Explosions of you – Our Anthem – Disorder - Zembria

 

Plus de photos et une courte video pour avoir une idée du son sur le Facebook d'HELLO DARKNESS