DSC_0444

 

Réveil tardif dans mon appartement louée à Elsa, qui semble être une fanatique de l’Inde et l’hindouisme, en témoigne une décoration thématique (et très agréable) ainsi qu’une bibliothèque très importante exclusivement portée sur le sujet. Tout ceci est bien reposant et compense l’absence de musique, finalement le chant des oiseaux sera bien suffisant pour mes pauvres oreilles (à l’heure où j’écris ces lignes, elles sifflent encore allégrement en souvenir des furieux YAK). Inutile de dire que j’abuse de cette rarissime journée sans aucune sollicitation, et que je trainasse jusqu’à en être pile à l’heure pour le premier concert de l’après midi qui m’intéresse, Palehound.

 

01 DSC_0447

02 palehound2

 

Vendue comme un mélange de PJ Harvey, Kim Deal et Pavement, l’américaine est bien trop timide pour prétendre honorer ces flatteuses comparaisons. Elle propose un rock mi-indé mi-bluesy accompagné d’un chant sur le fil, telle une Liz Phair édulcorée, le sex appeal en moins. Bref le trio a beau être fort sympathique, c’est assez chiant mais je reste jusqu’au bout en sirotant ma bière, n’ayant rien de mieux à faire. Assez pour l’entendre demander au public une petite place dans une voiture pour Paris suite à une annulation de train. C’est encore loin l’Amérique ?

 

01 DSC_0449

02 3000      03

 

Retour à la Grande Scène extérieure, où s’annonce l’une des grandes fiertés du Tinals, Lush, groupe apparemment culte de la scène shoegaze des 90’s, qui se reforme après 20 ans d’absence. Je croise pour la première fois Gary dans le public, je me demande bien à quels concerts il est allé la veille. Je ne connais pas du tout Lush, et j’ai hâte de découvrir ce quatuor mixte qui est potentiellement dans mes gouts. Je vais rapidement déchanter, tant les compositions extrêmement  caractéristiques du son 4AD de l’époque (mais plus coté Cocteau Twins que Pixies) sont mollassonnes. La  musique de Lush a extrêmement mal vieilli, presque autant que celle des Throwing Muses, auxquels j’ai pas mal pensé pendant le concert. Pour couronner le tout, seule l’avenante chanteuse guitariste semble ravie d’être sur scène, les autres se contentant d’assurer le service minimum et de toucher le chèque. Un set daté qui n’aura certainement plu qu’aux fans de l’époque…

 

01 DSC_0452

02     05 dirty3

03 dirty106 dirty404 dirty2

 

C’est les Dirty Fences qui sont chargés de me réveiller, et ils vont le faire de bien belle manière. Attiré par des descriptions citant les Ramones, j’avais écouté rapidement leur expéditif Full Tramp sorti l’année dernière et décidé instantanément d’être sur le coup le jour J. Je ne suis pas le seul, Lauras trépignent d’impatience devant la scène, c’est plutôt bon signe. Et effectivement, cela va être fun. Déjà, les Dirty Fences ont la tête de l’emploi, il y a de la moustache, du haut léopard, et un batteur à la tronche volontairement stupide qui gueule « one-two-three-four » pour lancer chaque titre. Ensuite, ils ne s’embarrassent pas avec une quelconque subtilité et enchainent les punks rocks primaires avec une énergie communicatrice. A quoi peut donc servir de pastiche des Ramones ou des Stooges en 2016 ? Ben à passer un excellent moment de musique et de danse crétine, ce qui n’est pas donné à tout le monde (on en aura encore malheureusement la preuve le lendemain). Ce n’est pas le remuant public de la Scène Mosquito qui me contredira, les 50 minutes de pogo ininterrompu me laissant à bout de forces, au bord de l’évanouissement.

 

01 air

 

Pas un problème, j’aurai largement le temps de me reposer pendant le concert de Air, un peu décalé dans le Line Up général mais qui promet un bon moment, puisque j’aime assez les disques du duo (du moins jusqu’à Pocket Symphony) et que leur concert d’il y a dix ans aux Nuits de Fourvière m’avait bien plu. C’est la raison pour laquelle je ne me suis pas laissé tenter par LUH, jouant au même moment à la Paloma, dont l’intéressant album fortement conseillé par Denis ne m’avait pas entièrement convaincu. Accompagnés par un claviériste et un batteur, les deux Versaillais attaquent tranquillement le concert par « Venus », éclairés par un système de panneaux lumineux miroirs installé en fond de scène qui sera l’un des principaux attraits du set, avec le jeu de basse de Nicolas Godin et la batterie de son compère en renfort. J’aime beaucoup cette manière qu’a la paire rythmique de jouer à fond sur des tempo relativement lent, ce dont on profitera sur le très bon « Don’t be Light »  suivant. Malheureusement, le concert va progressivement s’enfoncer dans une torpeur de plus en plus envahissante, je crois même que je me suis endormi en sursaut à un moment (il y a un vieux titre qui s’appelle « j’ai dormi sous l’eau », c’était peut être là ?). Malgré tout j’ai passé un moment agréable, cela faisait du bien de souffler et de connaitre pour une fois tout les titres d’un concert (aucune prise de risque de ce coté avec un menu Best of Classique), j’ai aussi discuté par sms avec une Laura perdue dans le public qui sans surprise s’emmerdait copieusement.

 

02 DSC_0459

 

Le moment le plus décevant sera celui où le concert est censé repartir sur un bon rythme, avec les deux tubes « Kelly Watch the Stars » et « Sexy Boy ». J’ai trouvé l’interprétation très imprécise ce soir, le duo ne semblait pas vraiment dedans, et je n’ai pas eu l’impression que le public se réveille plus que ca. « La Femme d’Argent », qui clôture le set, sera en revanche superbe comme d’habitude, avec une petite leçon de basse qui me rappelle, enfin, mes précédentes expériences live avec Air. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi, avec une setlist relativement identique, le bilan de ce soir fut aussi mitigé là où j’avais été précédemment ravi…

 

01 DSC_0463

 

J’étais censé aller voir du coté de Cavern of Anti-Matter, mais je commence à fatiguer donc ce sera l’heure d’une pause casse croute, histoire d’être bien en forme pour les légendaires Dinosaur Jr qui doivent investir la Grande Scène extérieure à Minuit. Je connais très peu la discographie du groupe : à l’époque où je découvrais la musique, j’avais essayé quelques disques (mais pas les trois premiers) sans vraiment accrocher, étant sans doute trop peu cultivé pour gouter à ce son assez underground. Et puis, plus récemment, j’avais voulu raccrocher lors de leur retour avec Beyond et Farm, mais les solos égrillards de Mascis m’avaient découragé de m’intéresser plus sérieusement au groupe (1). Je n’attendais donc rien de spécial de ce concert, où plutôt je m’attendais au pire, étant donné que le retour des potes sur leur dernier passage à l’Epicerie Moderne avait été très négatif pour cause de son catastrophiquement trop fort et saturé (quelques commentaires lus sur facebook au sujet du concert au Transbordeur quelques jours auparavant n’étaient guère plus rassurants). C’est vrai que les trois énormes tours d’ampli derrière Jay Mascis sont inquiétantes, mais finalement tout se passera très bien, mis à part des voix un peu sous mixées.

 

02 Vito-Valentinetti-TINALS-2016-12          02 dinosaur-jr

 

C’est donc une bonne surprise pour moi que cet enchainement de titres entrainants portés par un Jay Mascis un peu flegmatique mais pas si absent qu’on a voulu le dire, et dont les solos passeront très bien en live, et par une paire rythmique motivée et impressionnante de maitrise. Bien au centre de la scène, Murph avoine sa batterie avec forces roulements démonstratifs, alors qu’à sa droite Lou Barlow s’excite comme s’il avait 20 ans (c’est d’ailleurs scandaleux la tignasse qu’il arbore à son âge !). Les chansons sont piochées parmi l’immense discographie du groupe (pas plus de deux morceaux par disque !), la setlist représente donc plus de trente ans de carrière, depuis un extrait de Deep Wound, groupe hardcore du début des 80’s préfigurant Dinosaur Jr, jusqu’à deux inédits qui figureront sur Give a Glimpse of What Yer Not, album dont la sortie est prévue début Aout. Un concert homogène, plaisant et d’une durée idéale, qui se termine sur un « Gargoyle » extrait du premier album prolongé pour le coup par un branlage de manche en règle de Jay Mascis. On pardonnera aisément ce lâchage puisque ce fut le seul abus du concert, au contraire c’était une manière bien rock de mettre un terme à la seconde journée de festival.

 

04 DSC_0466

 

Dommage que je n’ai alors pas croisé Lauras (j’ai promis de ne pas dire ce qu’elles faisaient pendant le concert de Dinosaur Jr), elles m’auraient peut être convaincu de les accompagner vers la petite scène intérieure au lieu que j’aille me coucher comme un vioque à 2h du mat. Car le concert des punks Downtown Boys fut à priori une véritable tuerie, l’un des préférés des filles en tout cas, Laura en ayant presque déjà oublié Yak ! Cela aurait pu sublimer cette journée plaisante à défaut d’être exceptionnelle, qui était de toutes manières dès le départ la moins enthousiasmante pour moi sur le papier.

 

(1)   en fait, les seuls disques que j’ai vraiment aimés sont les deux derniers albums solo du leader, acoustiques et donc justement débarrassés desdits solos….

 

PhotosTinals - Concert and Co - Roberto Gil - Moi - Internet ...


Setlist Air: Venus - Don't Be Light - Cherry Blossom Girl - J'ai dormi sous l'eau - People in the City - Talisman - Remember - Playground Love (instru) - Alpha Beta Gaga – Radian - How Does It Make You Feel?  - Kelly Watch the Stars - Sexy Boy - La Femme d'Argent

 

Setlist Dinosaur Jr: The Lung - Goin Down - Back to Your Heart - Start Choppin - Little Fury Things - Feel the Pain - Out There - Tiny - Pieces - Training Ground - Just Like Heaven - Freak Scene - Gargoyle

 

 PALEHOUND:

 

LUSH:

 

DIRTY FENCES:

 

AIR:

 

DINOSAUR JR: