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SLOWDIVE - Slowdive

 

Groupe à priori culte du début 90’s, Slowdive s’offre comme pas mal de ses collègues un revival 20 ans après, en sortant un 4eme disque (Slowdive) commenté positivement un peu partout. L’occasion de découvrir leur discographie en profitant de la sortie à très bas prix d’un coffret regroupant leurs trois albums sortis entre 1991 et 1995. Just for a Day et Souvlaki sont des disques typiques du shoegaze onirique de l’époque auquel je n’ai jamais trop accroché (cf la rubrique Tape Story qui en exhume régulièrement). Des longs titres mous, tristounes, parsemés de rares coups d’éclats (« When the Sun Hits »), on dirait la description musicale d’un adolescent. D’ailleurs je pense qu’il faut être ado pour aimer ce style, ou avoir aimé ado : bref, j’ai loupé le coche. Sur Pygmalion, dernier album de la trilogie, Slowdive vire les claviers vaporeux, enlève les couches de brouillard, corrige le flou des photos, et tout devient clair. Ainsi épurées à l’extrême, les compositions s’imposent et Slowdive propose enfin un album touché par la grâce, si différent des précédents qu’on en vient à douter que ce soit le même groupe. Peut-être faut-il d’ailleurs considérer Pygmalion comme un projet parallèle de Neil Halstead, fil rouge entre le Slowdive de « Dagger », les albums de Mojave 3, le folk de ses albums solo et enfin ce dernier disque. 

Cette relecture discographique est loin d’être inutile, puisqu’elle permet d’aborder Slowdive non comme le successeur de Pygmalion, mais comme l’œuvre d’un groupe qui eut pu aussi bien s’appeler Mojave 3, Neil Halstead Band ou n’importe quoi d’autre. Voilà une synthèse réussie de cette copieuse carrière s’appuyant sur les solides bases de songwritter d’Halstead pour proposer huit titres aux accents variés au sein d’un album relativement cohérent. L’agréable entame « Slomo » donne des gages aux fans de la première heure, avec delay et chant éthéré, mais installe d’emblée les guitares aux avants poste pour mon plus grand plaisir. En gardant cette production mais en relevant le tempo par la suite, Slowdive évolue vers quelque chose de nouveau sans se renier, vraie réussite de cette reformation, à l’inverse de tant d’autres tombées dans l’auto caricature. Slowdive séduit aussi bien dans la Pop Rock énergique de « Star Roving » (1) ou « Everyone Knows » que dans l’indie rock tendance Mojave 3 de « Sugar for the Pill » ou « No Longer Making Time » (mon favori, qui m’a curieusement évoqué le meilleur d’Interpol) où la basse joue un rôle primordial. « Falling Ashes », lent et calme titre porté par quelques notes de piano et un chant profond, viendra judicieusement rappeler l’épure de Pygmalion pour une belle conclusion apaisée.

Si Slowdive est loin de remplacer dans mon cœur le Spoon & Rafter de Mojave 3 (majeur chez moi) ou les insurpassables albums folk de Neil Halstead, il contient suffisamment de bons moments pour être remarqué parmi la production 2017, voire pour me faire envisager une petite visite en concert si l’occasion se présente. 

(1)    Dans un inévitable retournement de situation, ce titre m’a immédiatement fait penser à « Under the Sun » de DIIV, digne représentant du revival Shoegaze actuel forcément influencé à la base par les pionniers du type Slowdive…

 

 

 

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 the FEELIES - In Between

 

En tant que groupe capital pour mes deux collègues musiciens Julien et Damien, j’ai dû m’intéresser un tant soit peu aux Feelies, que j’ai trouvé agréable à écouter sans pour autant estimer indispensable d’acquérir leurs albums. S’il est assez remarquable d’arriver à s’imposer en proposant une collection de chansons de deux accords, principalement grâce à une tension constante générée par des rythmes bien soutenus,  il est évident que découvrir ladite collection après tout le reste ne m’apportait plus grand chose.  Du coup lorsque l’énergie fait défaut (25 ans après la mise en sommeil du groupe), que reste-t-il ? In Between est un album qu’on écoutera tranquillement les deux pieds dans ses chaussons quand on sera en maison de retraite.

 

 

 

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WIRE - Silver / Lead

 

Après l’enthousiasmant album Wire de 2015, par lequel j’avais redécouvert le groupe, celui-ci a continué dans la même veine avec Nocturnal Koreans l’année dernière et Silver/Lead aujourd’hui. Sur le papier, pas de quoi être plus indulgent que pour les Feelies : mid-tempo à la rythmique ultra basique, et chansons très similaires (c’était déjà les mêmes sur l’album précédent). Mais il y a quelque chose qui m’attire dans les mélodies de guitare croisées et la voix nonchalante trafiquée de Colin Newman, une manière bizarre d’être à la fois doux et menaçant qui fait que j’écoute ce disque avec grand plaisir, tout en ayant conscience qu’il n’a rien d’exceptionnel, pas même un titre phare pouvant faire l’unanimité. Evidemment, si Wire continue à sortir un disque de ce type par an je finirais par me lasser, mais pour l’instant ces courts albums sont des rendez-vous toujours aussi agréables.