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Vous me connaissez, j’assume sur ce blog depuis des années tout mon passif prétendument inavouable, et il doit y avoir en tout et pour tout 1,5 disques dans mes étagères dont j’ai un peu honte. Et pourtant, j’ai longuement hésité avant de chroniquer cette cassette de Metallica, non pour son contenu, même si certains ne manqueront pas de gloser, mais pour cette pochette faite maison qui est d’autant plus ridicule que je devais avoir au moins 17 ans quand je la produisis. Il y a là néanmoins quelque chose de typique de mon adolescence : l’envie de m’extirper d’un milieu familial jugé étouffant mais sans évidemment y parvenir le moins du monde. Songez que je fus le seul punk en mocassins de tout le multivers  - les collègues de facs, malgré quelques moqueries gentilles, me prirent plutôt en affection tellement c’était pitoyable. D’où cette tentative de subversion extrême, mais en utilisant les personnages des Triplés, soit le truc le moins rock n roll de tous les temps (découpé dans Madame Figaro, yeah !!). Bref mon fiston aimant Metallica, je vais peut-être pas balancer tout de suite cette cassette, mais je ne tiens pas trop à lui montrer la déco.

 

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La cassette présente un extrait d’une heure d’un triple CD pirate de la fameuse tournée du Black Album, en 1993. Il existe des tas d’albums du genre, le plus connu étant le mythique coffret officiel Live Shit, graal de tous les fans de l’époque, dont mon collègue judoka Lionel qui avait dû me prêter ce Destroyer. Globalement, c’est un groupe à son sommet qu’on écoute ici, les guitares ayant évidemment la plus large place même si la basse de Jason Newsted est régulièrement à l’honneur (joli solo sur l’excellent premier titre « Creeping Death »). La collection d’arpèges imaginés par James Hetfield et Kirk Hammet en introduction de la plupart des chansons reste toujours aussi impressionnante, et un marqueur fort du groupe avec le passage en saturé brutal pour les refrains. Au rayon des morceaux les plus efficaces dans le genre, on trouve « Wherever I May Roam » et surtout les inoubliables « For Whom the Bell Tolls » (ici bien accélérée) et « Enter Sandman ».

 

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Cependant,  « Four Horsemen », unique représentant du Kill ‘em All, est là pour me rappeler que le Metallica que je préfère, c’est quand même celui des débuts, plus direct, sans fioritures. D’ailleurs les deux reprises punk que sont « Last Caress » (the Misfits) et « So What » (Anti Nowhere League) vont si bien au groupe qu’on en regrette presque qu’ils n’en soient pas resté là, à bourriner des riffs expéditifs plutôt que tricoter des solos à rallonge (pas les meilleurs moments de la cassette, d’autant qu’ils sont souvent odieusement wahwahtés). L’autre défaut du live est qu’on n’entend pas du tout le public, ce qui est assez con, surtout quand James Hetfield se démène pour le faire participer (l’exemple le plus évident étant le « Seek and Destroy » qui à ce jeu-là peut parfois durer jusqu’à 20 minutes). Sa harangue pour que le public de ce concert beugle des « hey hey hey hey » sur « For Whom the Bell Tolls » est restée depuis l’une de mes favorites, que j’utilise encore de temps en temps contre certains traine savates de mon entourage : « come on you lazy fuckers !!! »

 

On retrouvera bizarrement d’autres extraits du concert sur la cassette 123 (live identique, mais titre de bootleg différent…) et nos 4 chevelus californiens bien avant, pour un album dont je ne me souviens guère : Reload. De quoi encore gloser pour certains…. So What !