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IDLES - Brutalism

En écoute: DEEZER

Proposé par Julien.

Mon avis:

Mon pote Julien m’a dit d’écouter Whores. J’ai écouté Whores. J’étais sourd de l’oreille droite mais j’ai trouvé ça bien. Je suis allé voir Julien pour lui dire. Il m’a pas entendu parce qu’il était sourd de l’oreille gauche. C’est parce qu’il avait écouté Brutalism mais je ne le savais pas encore. Il m’a demandé tu sais ce que c’est les Pixies qui auraient des abdos ?  J’ai dit non il m’a dit Idles. Bon sang j’avais encore rien compris à sa blague. Il a relancé direct tu sais ce que c’est des Protomartyr plus violents que nonchalants ? J’ai dit non il m’a dit Idles. Du coup j’ai vu où il voulait en venir parce que les vendeurs de disque c’est comme les arracheurs de dents ils en veulent qu’à ton or. Alors j’ai acheté Idles et c’était un truc de fou, genre du Post Punk qui serait plus Punk que Post (aujourd’hui c’est plutôt l’inverse mais là non). Y avait le chanteur qui voulait t’enfoncer ses paroles dans le crane, il les répétait il les répétait comme ça paf ! C’est pas grave parce qu’elles sont terribles ses paroles, ça faisait bien longtemps que je m’étais pas autant intéressé à des textes. Je sais qui est Rachel Khoo, c’est dire (indice : c’est pas une punk). Y avait une basse. Enfin, je veux dire que c’est le bassiste qui a fondé le groupe (avec le chanteur), je le savais pas au début mais je l’ai quand même entendu. Tu comprends pas ? « Benzocaine », quoi ! A un moment je suis tombé à la renverse parce que nom de Dieu je sais encore reconnaitre un titre de l’année quand j’en entends un (« 1049 Gotho », qu’il s’appelle). Et les mecs, tranquilles, ils t’atomisent la gueule pendant une demi-heure, et à la fin ils te font un petit bisou, tout classe, t’en pleurnicherait presque.  « I’m the worst lover you’ll ever have », ha ha tu m’étonnes…  Sacré Julien, des fois il dit bien des conneries, genre que le dernier Grandaddy il est super et tout, mais c’est pas pour ça qu’il faut pas lui tendre l’oreille (gauche). J’étais pas vraiment remis de mes émotions, mais je suis quand même allé voir mon pote Damien. Je lui ai demandé (en criant parce que Damien il écoute Shellac et Sonic Youth depuis sa plus tendre enfance) tu sais ce que c’est Future of the Left qui sort un putain d’album en 2017 ? il m’a dit non j’ai dit Idles. 

 

 

 

 

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PISSED JEANS - "Why Love Now"

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Xavier. 

Mon avis:

Pour aller à la salle de répète les mercredi soir, on covoiture en alternance, une fois ma caisse, une fois celle de Damien. Tous les 15 jours, j’ai donc droit à la musique de mon guitariste, trouvaille récente parmi les arrivages de la médiathèque où il bosse, ou vieillerie noisy exhumée de ses étagères à CDs. Cela fait des années que ça dure, et c’est ainsi que j’avais découvert Pissed Jeans, lors de la sortie de Honeys, sans être séduit plus que ça par cet album (d’autant que le nom du groupe n’est pas franchement du genre à donner envie d’être fan). Je ne sais pas si c’est moi qui aie changé ou le groupe (je n’ai pas réécouté Honeys pour en avoir le cœur net) mais quatre ans plus tard, sur ce même siège passager du même véhicule roulant tranquillement vers le domicile du sieur Julien, Why Love Now m’a beaucoup plus accroché, ce que confirmeront les écoutes bien plus attentives qui suivront.

Le « Waiting on my Horrible Warning » d’introduction avait pourtant instantanément fait ressortir mes réserves, avec sa lourdeur et son chant malsain, comme un Nick Cave qui aurait viré clodo plutôt que crooner. Mais  « the Bar is Low » voyait les Pissed Jeans accélérer pour se caler sur un mid tempo plus efficace, Why Love Now alternant dès lors entre hard rock direct, stoner agressif ou grunge bien sale, bref du bon gros rock à riff saturé si on veut éviter de pinailler sur des nuances aussi subjectives. Le chant reste bestial, à l’exception peut-être de l’excellent « Love without emotion » qui se démarque en proposant un peu de mélodie dans ce monde de brute, ou « Activia » sur laquelle l’auditeur en manque pourra toujours espérer avoir trouvé un peu de groove. Pour le reste, Why Love Now racle consciencieusement les esgourdes au papier de verre, et tant pis pour les délicats…

 

 

 

 

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 DOWNTOWN BOYS - Cost of Living

 

En écoute: DEEZER 

Proposé par Damien. 

Mon avis: 

Downtown Boys, c’est un nom qui fleure bon le punk, vous ne trouvez pas ? Le ton est revendicatif, les chansons parfois expéditives, les compositions sont directes, il y a indéniablement du punk sur Cost of Living (ne serait-ce que son titre), mais il serait assez réducteur d’en rester là.  La paire rythmique, très en avant, évoque bien plus le post punk, tandis  que claviers et cuivres apportent des  nuances d’autant plus bienvenues qu’elles sont utilisées avec parcimonie. Le saxophone, honni si souvent sur ce blog, est ainsi tout à fait savoureux dans ses apparitions abrasives, et puis la guitare sait aussi régulièrement se faire discrète et subtile. On flirte donc parfois avec le festif style Mano Negra, d’autant que certains titres sont hispanophones, mais le chant hargneux de la Rrriot girl Victoria Ruiz, véritable liant d’un disque plus original et hétérogène que prévu, met les choses au point une demi-heure durant : on n’est pas là pour rigoler. A Wall is a wall, and nothing more at all.