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J’ai du mal à mesurer la popularité de Tanya Donelly. En avez-vous entendu parler, chers lecteurs, avez-vous écouté un de ses albums ? Cette artiste a eu une carrière passionnante (1) mais a souvent été dans l’ombre de ses copines de groupe. L’histoire commence dans une cour d’école primaire, où une de ses amies s’appelle Kristin Hersh. Au bout de quelques années et après leurs divorces respectifs, Papa Donelly et Maman Hersh s’installent ensemble.  Kristin et Tanya forment les Throwing Muses à l’âge de 15 ans : vous avez déjà compris que c’est ce qui m’a fait me pencher sur sa discographie, en plus du fait que son premier album solo, celui qui nous intéresse aujourd’hui, fut signé chez 4AD, un label qui me passionna pendant de longues années - à la suite de la découverte des Pixies puis du choc Anakin - comme vont régulièrement en témoigner les articles de cette rubrique. Après 5 ans et autant d’albums à assister Kristin Hersh au sein des Throwing Muses (en plaçant quelques compos par ci par là), Donelly quitte le groupe  avec la bassiste Josephine Wiggs pour fonder un Girl Band prometteur avec une certaine Kim Deal, fameuse bassiste des Pixies (qui avaient fait des premières parties pour les Throwing Muses). Tanya Donelly, à l’inverse de Wiggs, quitte les Breeders après l’album Pod pour fonder un troisième groupe, mais dont elle serait cette fois la leader : Belly (nous aurons l’occasion d’en reparler dès la cassette suivante). Après deux disques de Belly (et une solide expérience donc), elle se lance en solo avec ce Lovesongs for Underdogs, sorti en 1997. 

Les deux premiers titres sont enthousiasmants, dans un genre de power pop que j’affectionne particulièrement, avec ses couplets mélodiques et les refrains qui explosent. On retrouve dans l’album des accents de Liz Phair, September 67 ou même des Breeders (« Clipped »), soit donc de l’énergie et un ton enjoué. Dans les chansons retenues (les deux tiers du disque), on trouve aussi des jolis morceaux folk comme « Acrobat » évoquant Kristin Hersh en moins torturé, ou le guilleret « Goat Girl ». Les deux derniers extraits sont des slows sympathiques mais qui n’ont pas super bien vieilli, ce qui marque une différence flagrante avec le début du disque. Il est amusant que ces chansons calmes soient justement celles où officient à la batterie David Lovering, le magicien des Pixies (un autre David, le Narcizo des Muses, est en charge de 4 titres. On reste en famille coté futs).  Au final Lovesongs for Underdogs est assez varié et plutôt réussi, Tanya Donelly y montrant une très belle étendue vocale. J’aime beaucoup son chant, et si l’album reste marqué par son époque, étant donné que c’est la mienne, j’y suis assez attaché (je l’ai acheté en CD plus tard). 

 

(1)    On pourrait  à priori parler au présent. Si je fais confiance à Wikipedia, elle est encore une figure importante de la scène indie de Boston.

 

 

 

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 Ah, Billy, Billy, que m’auras tu fais faire….  the Cars, quand même. Tu aurais pu t’abstenir de reprendre « You’re all i’ve got Tonight » (1) avec les Smashing Pumpkins, ça m’aurait évité d’emprunter cet album (bon faut dire que j’étais un peu con  fan d’y aller, vu ladite reprise…). Dans mon esprit, ce premier album du groupe (multi platiné) de Ric Ocasek était une véritable catastrophe. Et, par certains côtés, c’est sûr qu’il ne fait pas rêver, avec une production dans le plus pur style New Wave 80’s (bien qu’il soit sorti en 1978), avec claviers à gogo et son de batterie en plastique (quand ce n’est pas, horreur, des claquements de mains). Cela dit, il faut prendre un peu de recul, chose que je ne faisais pas à l’époque car j’étais très fermé sur les styles que j’écoutais, et commençait à être atteint de cette maladie appelée snobisme, qui culminera bientôt chez moi avant que j’apprenne progressivement à m’en soigner (complètement ?). On trouve sur the Cars de bonnes rythmiques à la Devo (« I’m in touch with your world »), une guitare assez inspirée et un vrai tube rock n roll (« Don’t Cha Stop »). En revanche  « You’re all i’ve got Tonight » est définitivement ringarde. Même « All Mixed up », sacrément connotée Rock Prog, est plus intéressante, avec son solo de guitare et son coté explosif. Ce qui me permettra de la reconnaitre quand, bien longtemps après, j’en entendis la superbe version proposée par Mark Kozelec sur l’indispensable Songs for a Blue Guitar. Une petite pierre à mettre au crédit d’un disque dont même la seule moitié retenue ne m’aura pas convaincu. Et il parait que c’est de loin le meilleur du groupe ! Je ne saurais le confirmer, puisque j’en resterais définitivement là avec les Cars.

 

(1)    Toujours la catastrophique série de reprises en Face B de l’EP « Bullet with Butterfly Wings ».

 

 

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Ah, les Frères Reid, ça faisait longtemps. Je n’attendais pas grand-chose de ce Stoned & Dethroned, mais j’avoue avoir été agréablement surpris par les quatre titres figurant sur cette cassette. La formule est toujours la même, quelques accords et un chant peinard, une ligne de guitare bien troussée de temps en temps : simplicité et efficacité. Un coté acoustique bienvenu aussi, dans la continuité du très bon Darklands (alors que 7 ans et deux albums les séparent). « She », doté d’un tempo plus soutenu et  d’une mélodie fort jolie, m’aura particulièrement séduite, ainsi que « Sometimes Always », agrémentée du chant prenant de Hope Sandoval. Les compositions des Jesus and Mary Chains faisant appel à une voix féminine pour répondre à celle de Jim sont souvent les plus sympathiques. Et c’est toujours valable aujourd’hui.