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Après deux ans d’abstinence, il était temps de renouer avec la traditionnelle semaine de vacances en amoureux qui m’avait fait notamment découvrir Berlin et Rome avec Mélaine. Après quelques hésitations, nous nous étions décidés pour Londres.  Tracassé les semaines précédentes, j’avais eu les pires difficultés à me motiver pour prendre le temps nécessaire à réserver le principal (trajet et hôtel), et jamais je crois nous n’avions voyagé avec une telle impréparation. Si l’on savait évidemment que nous ferions un tour du côté de Big Ben ou du Tower Bridge,  c’est pendant le voyage en Eurostar que je parcourais le guide emprunté à des amis, et le soir à l’Hôtel que nous programmions notre visite du lendemain, en tenant compte de prévisions météorologiques pas très inspirées. Finalement, cette façon de fonctionner a été assez agréable, en tout cas Londres s’y prêtait bien.

 

Dimanche 01 Octobre

 

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Nous avions donc choisi de voyager par le train pour des raisons pratiques (malgré un prix bien supérieur à l’avion), ce qui nous permit d’avoir comme premier contact avec la capitale anglaise la Gare de St Pancras, soit l’un de ses plus beaux monuments. Tenant à la fois du Hall de Gare et de la cathédrale gothique, ce bâtiment fascinant est bien représentatif de ce que nous allions voir, vaste édifice en briques rouges mélangeant ancienneté et modernité. Nous traversons ensuite la rue qui sépare St Pancras d’une deuxième gare immense, la King’s Cross Station, où nous cherchons le Quai 9 ¾. Imaginé par J K Rowling pour sa série Harry Potter, ce mur situé entre le quai 9 et 10 de la  King’s Cross Station est un passage pour les seuls sorciers qui foncent au travers avec leurs bagages pour accéder au train des Sorciers qui les mènera à l’école Poudlard.  Vu le succès de la saga ce quai a évidemment été créé de toutes pièces pour les touristes, qui peuvent se faire photographier tenant un demi chariot collé au mur. Nous jouons le jeu malgré une bonne file d’attente, une des dynamiques jeunes filles animant « l’attraction » me choipeaute Serpentard, et me voilà donc prenant la pose avec une écharpe verte avant un petit tour à l’impressionnante boutique consacrée à Harry Potter qui est bien sur placée juste à côté. Héloïse est une fan du petit sorcier, c’est l’occasion de lui trouver un souvenir (le choix est difficile, surtout si on veut épargner son porte-monnaie). Il est temps de prendre le Metro jusqu’à Earl’s Court où nous avions réservé notre Chambre. Idéalement placé au croisement des lignes District et Picadilly, Earl’s Court est en plus un quartier très sympa, avec son enfilade de blanches maisons mitoyennes typiquement Londoniennes (avec étage -1 où l’on accède par un petit escalier et qui ne doit pas beaucoup voir la lumière) et ses petits restaurants de tout types. Quartier plutôt riche évidemment (beaucoup d’hôtel), de toutes manières le périmètre de nos visites (limité à l’Ouest par ce quartier, à l’Est par le Tower Bridge, au Nord par Camden et au Sud par la Tamise) est l’un des plus chers du monde, d’où un taux très élevé de voitures de luxe que nous prendrons en photo pour montrer à Malo, grand amateur de Porsche (notamment). La Chambre est très petite, avec une simili cuisine (frigo, micro-onde et matériel pour petit déj) que nous n’utiliserons pas, mais elle est propre, silencieuse et le personnel est très cordial, nous serons donc ravis de notre choix.

 

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Pour profiter du début de soirée, nous filons à Picadilly Circus assez proche, où nous nous baladons avant de nous arrêter au hasard dans un pub qui nous semble bien typique, c’est-à-dire aussi kitch que chaleureux. Première pinte puis recherche de restaurant dans d’immenses rues luxueuses joliment éclairées avant de tomber, sans transition, dans un Chinatown ultra animé où nous finissons dans un bon restaurant Vietnamien. Et de découvrir l’une des caractéristiques Londoniennes : l’agitation permanente. Décontenancé devant une carte prolixe et mystérieuse ? si vous êtes trop long à choisir, le serveur vous le fera comprendre en vous sélectionnant ses suggestions, et il rodera pendant tout le repas pour voir si les assiettes sont vides, avant de vous les subtiliser la dernière fourchetée encore en bouche. Un peu désagréable pour les Français, mais classique pour les autochtones : il ne sera pas rare de voir deux ou trois tablées se succéder à nos côtés pendant nos diners.

 

Lundi 02 Octobre

 

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C’est décidé, le premier jour sera consacré à Nothing Hill, l’un des lieux les plus sympathiques de Londres selon nos contacts.  On se perd un peu en sortant du métro, l’occasion de se balader dans des quartiers impeccables, belles maisons alignées et belles voitures garées devant, et aussi beaucoup d’arbres et de fleurs (on a trouvé Londres très vert, bien plus que nos grandes villes françaises, mais c’est peut être une déformation touristique). On tombe sur une charmante église au jardin coloré, avec à l’intérieur un hall accueillant (bibliothèque, salon…) et un espace jeu pour les enfants, et un parc avec toboggans à l’extérieur. Les églises Londoniennes semblent conçues pour être des lieux de Vie, beaucoup moins guindées ou austères que nos églises. Nous en aurons une preuve encore plus surprenante arrivés en haut de la colline, puisqu’en visitant St John nous tombons sur une cuisine à l’intérieur même de l’église. Au bout de l’allée centrale, faisant face à la croix surplombant l’autel, un comptoir ouvert où des dames préparent à manger pour qui le veut bien et servent même des bières. Une grande table est disposée pour les hôtes qui se mélangent sans chichis, mais nous préférons profiter du soleil sur la table de pique-nique à l’entrée, juste à côté de l’escalier descendant vers la crèche située sous l’église.  Continuant vers la station de Metro Nothing Hill, je tombe sur mon premier magasin de disque, Music and Video Exchange, qui se révèlera le plus intéressant du séjour. Coup de bol, une librairie au rayon Enfants  très bien fourni lui fait face, Mélaine et moi pourrons donc passer un bon moment à fouiner dans les rayonnages sans ennuyer l’autre. Un mode opératoire que nous renouvellerons quotidiennement, Londres étant à la fois la ville des disquaires, des papeteries, libraires et vendeurs de tissus. Gros risque pour l’équilibre financier familial, mais nous avons été très sages, prenant juste plaisir à explorer longuement les boutiques de nos péchés mignons sans être dérangés par le timing ou les enfants.

 

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Après un passage devant la fameuse librairie ayant inspiré le film Coup de foudre à Nothing Hill (que je n’ai pas vu, il va falloir que je révise mes classiques), nous voilà à Portobello Road, où l’ambiance change complètement. Marché à ciel ouvert où vendeurs proposent souvenirs de pacotille, fringues bon marché ou bouffe à emporter, boutiques plus classes (antiquaires, artistes, fringues de marque) et maison plus petites et colorées, les rues sont pleines dans un joyeux mélange de touristes, de Londoniens d’adoption et de commerçants. Nous nous rendons ensuite au Kensington Gardens (l’Ouest de Hyde Park) par une avenue bordée par une quantité impressionnante d’ambassades, toutes côte à côte, en essayant de les identifier par leur drapeau et en comparant le lustre de chaque pays (à priori ça va, ambassadeur à Londres y a pas à se plaindre). Nous accédons ensuite au parc où nous voyons nos premiers écureuils. En fait il y en a dans tous les jardins de Londres et, habitués aux humains, ils ne sont pas du tout farouches, allant même jusqu’à venir grignoter dans une main tendue pour peu qu’elle contienne un bout de biscuit. Il y a aussi beaucoup d’oiseaux (oies, canards, mouettes, cormorans, corbeaux, passereaux), notamment, ce qui nous a surpris et enchantés, une impressionnante colonie de perruches vertes.  Pour l’heure nous nous mettons en quête d’une statue de Peter Pan conseillée par le guide, et cherchons longuement dans le Diana Memorial Playground, l’un des plus beaux jardins d’enfants que l’on ait vu, sur le thème de Peter Pan : bateau pirate, camp indien, passerelles, on regretterait presque de ne pas avoir nos gamins, même si cela signifierait de finir la journée en ces lieux. Après les avoir explorés minutieusement, pas trace de statue, et pour cause : elle est à l’autre bout du Parc, le long d’une pièce d’eau envahie de palmipèdes. Heureusement, elle valait le déplacement, mais c’est bien fatigué que nous regagnerons notre quartier d’attache, d’ailleurs nous y resterons pour diner dans un petit restau Indien au pied de notre Hôtel.

  

Mardi 03 Octobre

 

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Nous commençons notre journée du Mardi par un autre parc, le Regent’s Park, que nous traversons du Sud au Nord depuis la station de Metro du même nom via the Broad Walk (partie Est). Une promenade très agréable et fleurie pour rejoindre les bords du Canal que nous longeons jusqu’à notre objectif, le quartier de Camden. Cette balade le long du canal où paressent de nombreuses péniches est vraiment à faire, on se croirait presque à la Campagne : à retenter plus longuement (nous n’en avons fait qu’une petite partie), à pied, vélo ou pourquoi pas bateau. Puis nous arrivons à Camden Lock, un étonnant concentré de petites boutiques (beaucoup de bouffe de tous les pays du monde) dans un quartier en briques fourmillant de touristes. J’avoue avoir été un peu déçu de ne pas y trouver l’authenticité Underground attendue, qui doit avoir disparu depuis une vingtaine d’années au profit de ces étalages de souvenirs se répétant inlassablement sur une surface impressionnante. L’ambiance y est quand même savoureuse, entre vêtements gothiques improbables, T Shirt de tous les groupes possibles et imaginables, friperies amusantes (mais très chères), et quelques magasins de disques évidemment. Le quartier est quand même à faire pour l’incroyable  Stables Market, un ancien Hôpital pour chevaux reconverti en immense marché touristique. Les boxes à chevaux ont été conservés tels quels, le décalage entre les marchandises les occupant et les portes superbement décorées ou les statues hippiques en bronze donnant une impression inédite. Après moultes hésitations nous optons pour un casse-croute Malaisien, puis, une fois parcouru rapidement le fameux Cyberdog (magasin aux décos cyber punk uniques proposant une foule de gadgets incroyables pour Nightclubbers), nous sortons de la zone fermée pour rejoindre le vrai quartier Camden, où il y a encore un grand marché assez semblable à celui de Portobello Road. 

 

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Après une bonne balade dans le coin, nous décidons d’aller à un autre Marché beaucoup plus à l’Ouest de Londres, le Shepherd’s Bush Market, spécialisé dans les tissus dont Mélaine, en couturière experte, espère bien acquérir quelques belles pièces à prix intéressant. Malheureusement, l’après-midi touche à sa fin et le trajet en métro étant un peu long, nous arrivons lorsque les marchands, semblant pour la plupart originaire de la région Indienne, commencent à remballer leurs étals.   Au bout du marché se trouve une grande avenue (Goldhawk Road) où se trouve une concentration incroyable de boutiques de tissus un peu plus haut de gamme. Celles-ci ferment plus tard, Mélaine aura donc un peu de temps pour les explorer, mais pas suffisamment pour discuter, marchander, et surtout se décider face au choix illimité. Nous rentrons nous poser un peu avant de trouver un Restaurant Arménien conseillé par un guide, que nous avons trouvé un peu décevant au niveau qualité/prix (mais j’ai bien aimé le concert de blues qui accompagnait le repas). Il faut aussi avouer que mon fragile estomac commençait à saturer suite à cet enchainement de nourriture asiatique, ce qui m’empêchera jusqu’à la fin du séjour de me laisser tenter par un Fish & Chips, seule spécialité Londonienne que j’avais envisagé de découvrir.