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Suite de Stoned & Dethroned avec 4 nouveaux extraits dans la continuité des bons morceaux de la cassette précédente. On commence avec quatre accords Velvetiens pour un tube langoureux nommé « Save Me », l’un des meilleurs des Jesus & Mary Chain, et l’on poursuit tranquillement avec encore pas mal de jolies mélodies de guitare sur un lit acoustique plaisant. Rien de neuf sous les lunettes noires donc, mais un excellent album. Enfin, une excellente moitié d’album, parce que Stoned & Dethroned contient en fait pas moins de 17 titres soit, comme j’en avais jugé à l’époque, deux fois trop….

 

 

 

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J’aurai pu venir aux Breeders par les Pixies ou, comme tout le monde, par l’album Last Splash, sorti depuis belle lurette lorsque j’enregistrai cette cassette. Mais non, pour une raison que je vous expliquerai dans une trentaine d'épisodes,  c’est en explorant la discographie de Tanya Donelly que j’empruntais ce déroutant Pod. J’avais hâte de redécouvrir ce disque et ressentais une certaine frustration en m’apercevant que je n’en avais retenu qu’une moitié. J’ai cependant vite compris pourquoi : Pod est beaucoup plus difficile d’accès que je l’imaginais. On ne retrouve éventuellement l’esprit des Pixies que sur « Opened » et la pop entrainante attendue sur « Doe ». Le reste est abrupt, avec un son bien râpeux et une voix cassée très en retrait : bref, encore un disque marqué de l’empreinte de Steve Albini, qu’à l’époque je goutais beaucoup moins qu’aujourd’hui. Quand on sait que la « batteuse » Shannon Doughton est en fait un pseudonyme pris par Britt Walford, cogneur de Slint, pour faire croire à un véritable Girl Band, on finit par comprendre d’où vient cette version aux dénivelés Post Rock du « Happiness Is A Warm Gun » des Beatles. Si la basse est souvent aux avant-postes sur les titres lents (l’introductif « Glorious »), quelques extraits comme « Lime House » laissent entrevoir le futur des Breeders, toutes guitares dehors et chanson tranchée pour s’octroyer autant de redémarrages  en trombe. Un album étonnant qu’il serait peut-être temps de racheter en CD, histoire de creuser un peu et surtout de profiter de certains titres honteusement écartés ici, comme « Iris », « When i was a Painter » ou « Hellbound ».

 

 

 

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Après l’enregistrement de Pod, Tanya Donelly a quitté les Breeders et fondé son propre groupe. En 1993, la même année que Last Splash, sort donc le premier album de Belly. On pourrait croire à un mauvais calcul de la part de la guitariste, qui loupait le jackpot  que fut le second disque de Kim Deal et ses copines, mais outre le fait qu’elle avait enfin les mains libres et le rôle de compositrice exclusive, Tanya Donelly eut aussi un très beau succès avec Star, décrochant même un hit avec le titre « Feed the Tree ». Pas étonnant, ce gentil rock semble taillé pour les radios 90’s. Le son général de Star est d’ailleurs opposé à celui du disque qui a précédé (à l’Anti-Pod, donc…), avec un son très propre, des arrangements léchés (et souvent assez datés, il faut bien le reconnaitre), et pas mal de reverb dans la voix. On est ici au croisement du rock alternatif, du shoegaze, du rock FM, avec suffisamment d’accroche cependant pour être à mes oreilles largement à la hauteur de certaines productions dites culte de groupes à la reformation récente. Certes, tout comme sur le Lovesong for Underdogs, mes deux titres favoris sont les très énergiques et électriques rocks « Angel » et « Dusted » placés en début d’album. Mais les références inévitables à la frangine Kristin sur les titres acoustiques (« Every Word », « Witch ») ou à l’indie rock des Throwing Muses (« Gepetto ») ne sont évidemment pas pour me déplaire non plus. Bourré d’arpèges rapides comme je les affectionne, sachant varier les ambiances au gré des sons de guitare (dissonances d’un « Low Red Moon » original, électricité psyché de « Sad Dress »), Star est un album réussi mais manquant souvent du soupçon de tension ou de personnalité qui aurait pu me le rendre indispensable. Il reste à priori le sommet de la carrière de Tanya Donelly, qu’on retrouvera épisodiquement dans cette rubrique, au gré des sorties de ses albums solo.