mogwai-every-countrys-sun

MOGWAI - Every Country's Sun

 

Le fan que je suis attendais avec fébrilité le successeur du dispensable Atomic, une 3eme chute d’affilée (cf le médiocre Rave Tapes de 2014) ayant été synonyme d’une cruelle relégation dans mes priorités pour un groupe qui a tant compté pour moi. Fort heureusement, Every Country’s Sun relève sacrément la barre et rappelle à notre bon souvenir le glorieux passé du groupe, en particulier l’album Happy Songs for Happy People, dès l’introductif « Coolverine ». Coup de bol pour moi, ce disque assez calme faisant la part belle aux mélodies de guitare et claviers est progressivement devenu mon favori, la part des fans étant restée accrochée aux premiers disques explosifs n’ayant pas dû apprécier cette dernière production plus que les autres de la décennie (1). Certes, ce retour en grâce se fait au détriment de la prise de risque, l’immense majorité des titres ayant des sonorités bien familières, quand ce n’est pas une pure et simple redite (« Old Poisons », seul titre brutal de l’album, ressemble énormément au single « Batcat »). Mais qu’il est bon de voir revenir au premier plan la basse (« Brain Sweeties ») et surtout la batterie, enregistré avec le son sec des débuts qui m’avait tant marqué à l’époque. En écoutant « 20 Size », morceau basé principalement sur la batterie, je mesure à nouveau combien le jeu de Martin Bulloch a influencé le mien, et combien il reste un modèle pour moi. Every Country’s Sun contient en plus deux morceaux majeurs, un « Crossing the Road Material » intense digne des meilleurs extraits discographiques de Mogwai, et l’étonnant « Party in the Dark » (chanté), tout simplement l’un de mes titres pop préférés cette année. Tout ceci fait largement oublier quelques passages inutiles (« aka 47 », bien pénible) et une présence encore un peu trop importante des claviers. Every Country’s Sun est bien parti pour illuminer régulièrement mes semaines jusqu’à la parution de son successeur.

 

PS : comme prévu, le disque de demos de l’édition limitée est sans intérêt

 

(1)    The Hawk is Howling (2008) pouvant être considéré comme le dernier disque majoritairement heavy de Mogwai.

 

 

 

godspeed-you-black-emperor-luciferian-towers

 

GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR - Luciferian Towers

 

Il y a deux ans, j’avais chroniqué Asunder, Sweet and Other Distress en essayant de décrire chaque partie des deux titres fleuve le composant. Avec le recul, c’est assez obscur et loin d’évoquer quoi que ce soit au lecteur de passage, aussi ne retenterais je pas le coup pour ce nouvel album des Godspeed You Black Emperor. Globalement c’est toujours le violon qui garde l’essentiel des mélodies, là où guitares et batterie amènent les fameuses vagues d’intensité propres au Post Rock d’origine que n’a jamais quitté le groupe Canadien, même s’il fait aujourd’hui preuve de plus de sobriété que par le passé (et l’on ne va pas s’en plaindre). Contrairement à un précédent album dont les moments marquants se firent finalement rares (principalement l’introductif « Peasantry Or 'Light! Inside Of Light! ») au milieu de plages de remplissage bien faites mais insaisissables, il y a sur Luciferian Towers de nombreux passages qui se sont incrustés très rapidement dans ma mémoire, à tel point que je me suis parfois demandé si je ne les avais pas déjà entendus lors du concert de 2015 au Transbordeur.  Entre les moments bien appuyés et répétitifs, ceux en drone saturés, l’intro inhabituellement calme et délicate de « Anthem for no State » ou les jolies envolées de violon de son final, les deux titres principaux de l’album (1) offrent une belle palette sonore, tandis que les deux morceaux de respiration sont plus accessibles et intéressants que par le passé (avec cette mélodie commune évoquant un hymne national). Luciferian Towers s’avère donc réussi de bout en bout et, sans révolutionner l’univers de GYBE, laisse envisager une durée d’écoute supérieure à son prédécesseur.

 

(1)    Qui sont, à l’échelle de GYBE, assez directs, 15 mn chacun….