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Parmi les amateurs de rock, je me suis aperçu assez vite qu’il y avait deux catégories distinctes qui, sous une apparente affinité commune, n’avait finalement que peu de chose à se dire : les fans de musique et les fans de guitare. Avec ces derniers, je démarre souvent la conversation avec enthousiasme autour d’un groupe partagé, Led Zeppelin ou les Who pour la branche (majoritaire) restée bloquée dans les 70’s, ou les Guns N’Roses pour la variante (plus jeune) Metal. Mais je déchante vite. La plupart des groupes récents sont inconnus pour les fans de guitare, ils sont souvent restés bloqués à Slash (1), citant au mieux Jack White. Tôt ou tard, ils finissent toujours par aborder le sujet du matériel, de la marque de guitare, des effets employés, du prix de telle Gibson ou du son de telle Fender, tant de chose qui m’indiffèrent totalement (un peu trop d’ailleurs, il est bon d’en savoir un minimum quand on prétend jouer dans un groupe). Certains se dévoilent beaucoup plus rapidement, et citent d’emblée the Ultimate God of Guitar : Jimmy Hendrix. Le grand wahwateur suprême, le Roi du feedback, l’Empereur du solo à saturation contrôlée, celui qui indiqua la voie de la six cordes à tant de musiciens qu’il serait inutile d’en établir une liste ici, même réduite. Vous l’avez compris, la musique de Jimmy me touche peu. J’avais pourtant enregistré 75 mn d’une Compilation que j’ai été infoutu de retrouver parmi les 340 proposées par discogs - celle mise en illustration s’en approche grandement, mais elle ne contient pas les derniers extraits figurant sur la cassette, par ailleurs fort dispensables mis à part un « Message to Love » qui aurait mérité sa place parmi les titres ultra connus se bousculant en début de face A. 

Ceux-ci donnent un aperçu au néophyte que je suis du talent complet de Jimmy Hendrix, parvenant tout à la fois (c’est là son génie) à être technicien, interprète, compositeur /  improvisateur et merveilleux chanteur. Parfois rebuté par une guitare jugée trop agressive (un comble pour l’amateur de Shellac ou Sonic Youth que je suis), j’ai finalement particulièrement apprécié les titres ou elle accompagne subtilement ce chant trop souvent oublié, comme sur « Castle Made of Sand » ou bien sur l’éternelle favorite « Little Wing », qui m’a évoqué le « Wild Horses » des Stones, autres célèbres alchimistes du blues changé en rock. Le blues, encore un truc de fans de guitare, reléguant au second plan la section rythmique souvent condamnée à jouer les faire valoir du branleur de manche en chef. Sauf que pour accompagner Hendrix, il ne fallait pas en être un, de manche. Certes Noel Redding et Mitch Mitchell ont du mal à ne pas rester dans l’ombre du Marshall,  surtout sur des morceaux bien basiques comme « Red House », cependant leur talent éclate à de nombreuses reprises lorsque l’Experience s’affirme comme un véritable groupe, « Hey Joe » (et ses voix de sirènes en sus) ou « Fire » ne pouvant alors être que des chefs d’œuvre  insurpassables au sein de la discographie Hendrixienne.  Le  groovy « Wait Until Tomorrow » verra même exceptionnellement Mitch le batteur  voler la vedette à Magic Vibrato, ce qui l’installe évidemment parmi les grands noms des futs. 

Rien à ajouter à cet article qui n’aura probablement pas appris grand-chose au lecteur. Tout comme je n’ai pas appris grand-chose à la réécoute de cette cassette, je ne me suis pas transformé en fan de guitare subitement. D’ailleurs il suffit que je dise à ces derniers que je joue sur une Yamaha pour qu’ils comprennent de quoi il retourne, et qu’ils s’enfuient vite se comparer leurs gros pédaliers. 

 

(1)    C’est d’ailleurs sans doute parce que Slash reprenait « Voodoo Chile (Slight Return) » sur scène que j’avais décidé de m’intéresser à Hendrix

 

 

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Dans la série de groupes repris par les Smashing Pumpkins, Fleetwood Mac est sans doute, avec Thin Lizzy, celui à m’avoir le plus accroché. C’est dire l’ampleur du massacre, car Fleetwood Mac a mauvaise presse parmi les amateurs de vrai rock : comme ses initiales l’indiquent, il est souvent accusé d’être un vendeur de soupe radiophonique. Alors, je n’avais retenu que quatre titres sur les 11 figurant au menu de ce premier album du Fleetwood deuxième période (1), mais, que cela reste entre nous, j’échange bien « World Turning », sorte de gospel blues hypnotique, contre tous les titres de Hendrix qui ont précédé. Si « Monday Morning » est effectivement de la pop assez cucul, je ne crache pas non plus sur les sympathiques claviers de « Rhiannon ». Quant à « Landslide », la fameuse balade reprise de bien belle manière par Billy Corgan, je la trouve splendide. Enfin, pour les arpèges de guitare, parce que la voix éraillée est, comment dire…. surprenante. Devait pas boire que de la limonade, la mère Stevie…. 

 

(1)    je connais mal le groupe, aussi me suis-je rencardé sur Wikipedia. Pour résumer, il y a eu une première mouture sous le lead du talentueux guitariste chanteur Peter Green, puis, après une période de flottement, la paire rythmique restant recruta Lindsey Buckingham, Christine Mc Vie et Stevie Nicks pour casser la baraque avec ce disque et surtout le suivant, Rumours, l’un des albums les plus vendus au monde.