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Les stylos qui s'effacent avec le temps, c'est pas génial. mais heureusement, c'est bientot fini.... 

 

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Je n’en ai pas fini avec les Jesus and Mary Chains, dont j’aurai vraiment exploré toute la discographie en parcourant ces cassettes. J’avoue d’ailleurs que la motivation m’a un peu manqué au moment d’aborder celle-ci, tant j’ai l’impression de n’avoir plus rien à dire sur le groupe. Et puis si je me souvenais que Darklands était un excellent album (voir épisode 045), je ne me rappelais plus trop de son successeur. Fatale erreur : Automatic est si bon que c’est le seul que j’avais enregistré intégralement ! On comprend pourquoi, c’est sans doute le plus énergique des frères Reid, et ce dès le Surf Rock « Coast to Coast » introduisant la cassette (1). Pas étonnant que les Pixies vinrent chercher un titre sur ce disque et pas un autre pour payer leur tribut aux Jesus, en l’occurrence « Head On » dont la reprise figure sur Trompe Le Monde. Mais ils auraient tout aussi bien pu choisir « Between Planets », magnifique morceaux évoquant les Lutins jusque dans son intitulé.  Après un enchainement  de rocks aux parties de guitare particulièrement bien senties, le disque se calme pour une courte ballade acoustique (« Drop ») qui préfigure une suite discographique plus nonchalante, mais toujours pertinente.

 

(1)    « Here comes Alice » était isolée sur la 057 

 

 

 

 

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Encore un groupe figurant sur la compilation Anakin de 4AD, dont j’aurai méthodiquement suivi quasiment toutes les pistes esquissées. Sans cela je n’aurais sans doute pas écouté Gus Gus, groupe assez loin de mes préoccupations musicales de l’époque, puisqu’ils proposaient un éventail sonore assez large mais globalement axé autour du Trip Hop, que je ne connaissais pas encore  (difficile à en juger, car tant Massive Attack qu’Archive ne figurent pas sur les cassettes, j’ai acquis leurs disques directement en CD, ce qui tend quand même à prouver que je les ai découvert bien plus tard). Bref, j’avais suffisamment accroché à Polydistortion pour en retenir une grosse moitié, débutant par un morceau electro ambiant flirtant avec Can ou Tortoise, que les Islandais (1) évoquent souvent.  La suite se fait plus electro, notamment avec le frénétique « Purple », 8 minutes de gros son à faire danser comme un damné le vieux réac rock que j’étais à l’époque. En deuxième face, on calme le jeu avec le chant féminin de « Why ? » dans la lignée d’Archive (qui avait sorti l’année précédente son premier album Londinium), et la reprise « Is Jesus your Pal ? », douce chanson quasi a capella. Un éclectisme intéressant,  qu’on retrouvera peut être sur leur album suivant, dernière apparition de Gus Gus dans une centaine de numéros. Pas certain cependant que ce soit suffisant pour réhabiliter un groupe que j’ai complètement lâché depuis des lustres.

 

(1)    Il me semble qu’il y avait eu une grosse mode de l’Islande à la suite de Bjork vers la fin des 90’s… 

 

 

 

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Le 29 Octobre 1997, j’étais devant ma télé (ou plutôt devant la télé familiale), pour regarder l’émission Nulle Part Ailleurs. Je ne me souviens plus si c’était une habitude à cette époque (il me semble), mais ce fut en tout cas ce soir-là l’un des chocs musicaux les plus importants de ma vie. Sinead O’Connor, une artiste que je connaissais simplement de nom, s’était lancée dans l’interprétation de « this is a Rebel Song » pour assurer la promo d’un nouvel EP intitulé Gospel Oak. Elle était entourée d’une dizaine de musiciens et choristes, mais on ne voyait qu’elle, mélange de fragilité et de détermination, yeux baissés et poing serré. Une femme amoureuse pour laquelle je me serais fait anglais, histoire de faire semblant de la consoler alors que c’est moi qui avait une grosse boule dans la gorge, ou histoire de racheter tous ces mecs incapables de demander pardon. Quelle voix, quelle intensité, quelle chanson ! Sinead O’Connor n’a jamais été aussi belle qu’à cet instant, et nul doute qu’une multitude de jeunes français sont tombés amoureux ce soir-là. « I desire you, my hard englishman and there is no more natural thing ». Une phrase toute simple, mais qui valait mieux en termes d’éducation sentimentale que toutes celles qui avaient pu péniblement traverser mes réticences pour atteindre mes oreilles.  

Il peut sembler dès lors surprenant que je n’aie jamais cherché à écouter quoi que ce soit d’autre de Sinead O’Connor. Mais la raison, sans doute inconsciente, est évidente : j’étais sûr et certain de ne jamais trouver titre à la hauteur de celui-ci sur aucun de ses albums. J’ai surement loupé des trucs, mais tant pis, l’Irlandaise avait par un seul morceau supplanté des discographies entières.  « this is a Rebel Song » fait partie de mes titres favoris, de ceux qui, immanquablement, devaient figurer au menu des traditionnelles cassettes données aux amoureuses (A ce moment de la rédaction de l’article, l’auteur se lève, va jeter un coup d’œil à celle qu’il  enregistra pour sa future femme (1), et vérifie effectivement la véracité de la phrase précédente). J’ai longtemps cherché à acheter le Gospel Oak EP, mais ne tombant que sur la version à 4 titres et non à 6 (et donc amputée, de manière incompréhensible, de ma chanson fétiche), je me rabattais sur le single de « this is a Rebel Song ». 

Evoquons quand même un peu les autres titres de cet EP, tous retenus sauf un. Ce sont de jolies ballades folk au parfum Celtique (le Gospel du titre est totalement trompeur), par quelques flutes, accordéon, mais surtout par un chant incroyable, empreint à la fois de spiritualité et de sensualité. Ah, se faire murmurer aux oreilles le refrain de « Petit Poulet » dans un français maladroit, tout un programme ! Le disque se termine par un chant traditionnel interprété quasiment a capella, confirmant si besoin le talent vocal de Sinead O’Connor.

 

(1)    Je me lancerai peut être, si vous êtes sages, à la présenter, ainsi que celle effectuée en retour par la belle, en Hors-Série de cette rubrique….

 

 

 

 

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J’ai écrit un joli récapitulatif discographique sur PJ Harvey (ici même). On sent que j’avais buché le sujet, écouté en boucle, potassé les textes. A la relecture, j’ai presque l’impression que c’est quelqu’un d’autre qui l’a rédigé. Parce que la vérité, elle est là, sur cette cassette. Le premier disque de PJ que j’ai écouté, c’est to Bring You My Love (j’avais donc occulté ses deux splendides précurseurs, et il m’avait sans doute fallu le matraquage de « Down by the Water » pour attirer mon attention). Pire, je ne l’avais même pas apprécié plus que ça. Simplement 6 morceaux sur 10 enregistrés, et encore dispersés sur deux cassettes, il n’y a pas grand-chose à rajouter. Je n’ai véritablement raccroché à la belle PJ que sur Stories from the City, Stories from the Sea, et n’ai acquis to Bring You My Love que très récemment. Je n’ai pas trop d’explications, d’autant que les trois titres clôturant cette cassette sont fabuleux. « C’mon Billy » se pose là, en terme de désir et de frustration, toute en tension acoustique. « Teclo » est sombre et menaçante, révélant l’extraordinaire capacité vocale de PJ Harvey (peu de chanteuses rock sont allé aussi loin dans les graves).  Et « Long Snake Moan », rock bien violent qui complète un minuscule panel de titres contenant pourtant déjà quasiment toute l’étendue du talent de celle qui, par ce disque, devint le fantasme de chaque aspirant rocker, et une référence majeure dans la musique moderne.