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la peste soit de ce stylo pourri...

 

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Suite et fin de l’enregistrement tristement réduit de l’album to Bring you my Love de PJ Harvey, avec en premier lieu cette chanson exceptionnelle, d’une tension incroyable, peut être celle qui consacre PJ comme l’héritière de Patti Smith. Une musique minimaliste (un peu d’orgue, et une guitare très lourde toute en retenue), et cette voix géniale, littéralement possédée, déclamant l’amour. Prophétesse ou Amante ? Ensorceleuse, à coup sûr. Sur une base musicale assez similaire, le tube « Down by the Water » est moins puissant que « to Bring you my Love », par la seule volonté de la chanteuse, qui libère sa voix et change ses menaces en promesses, avec l’immense succès que l’on sait. Deux morceaux incontournables.

 

 

 

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Cela faisait un moment qu’on avait quitté Pearl Jam sur Vitalogy, que j’ai toujours considéré comme mon favori. Voici non pas son successeur (No Code) mais l’album suivant sorti dans la foulée, Yield. Un très bon disque que j’avais d’emblée considéré comme tel (il est enregistré quasiment intégralement), mais qui restait cependant dispensable dans ma tête, puisque je l’ai acquis en CD  il y a trois ans seulement. En réalité, et cette réécoute l’a confirmé, Yield est le pendant de Vitalogy (1), dans une espèce de miroir sonore. Je m’explique : si ces deux albums sont également réussis, ce sont les ballades qui ont ma préférence sur Vitalogy, alors que Yield m’a plus séduit par ses titres bien pêchus (fait unique dans la discographie de Pearl Jam, d’ailleurs). « Low Light » ou plus encore « All those Yesterdays » sont assez basiques et tiennent essentiellement sur la voix d’Eddie Vedder, qui sait se rendre émouvante malgré (ou grâce à) ses faiblesses, d’ailleurs largement à relativiser vu le chant bien piégeux de certains morceaux (notamment celui du single « Given to Fly »).  Mais dès le « Brain Of J. » introductif, c’est bien l’énergie du quintet de Seattle qui séduit sur Yield. Des belles guitares avec un son énorme (« Faithfull »), des solos balancés dans la pure tradition 70’s, un parfum grunge (« MFC ») qui ne nous fait nullement regretter que la subtilité, parfois, ait été un peu rangée dans le coffre à jouets. Pearl Jam sait de toutes manières la ressortir à l’envie, couronnant son disque d’une ritournelle irrésistible, à la douceur triste et entêtante (« Wishlist »). Et ce groove, mon Dieu, dont le plus éclatant exemple figure sur « No Way », le trouve-t-on sur les autres albums ou est-il spécialement amené par l’éphémère batteur Jack Irons ? Je ne sais pas, n’étant malheureusement pas, comme je l’ai expliqué plusieurs fois, un connaisseur ultime de Pearl Jam. Je ne sais donc pas non plus comment est perçu ce Yield par les fans dans la carrière du groupe. Pour moi, il s’agit sans conteste d’un de leurs meilleurs disques. 

 

(1)    No Code, quoique recommandable aussi, est de ce que je m’en rappelle inférieur. Nous n’en jugerons que cassette 098….

 

 

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Après la découverte majeure de Lisa Germano (voir épisode 053), je raccrochais donc en 1998 à sa discographie en empruntant le tout frais sorti Slide, un an après avoir acheté en CD Slush, le merveilleux disque d’OP8, collaboration avec Giant Sand. J’avais en très haute estime Lisa Germano, j’enregistrai donc intégralement Slide (1), mais je devais garder en mémoire qu’il n’était pas si génial puisque je ne l’ai jamais acheté. On a vu juste au-dessus que ces anciens a priori n’étaient pas systématiquement judicieux, aussi étais je impatient d’entendre de quoi il retournait.

On retrouve sur les premiers titres la voix tristoune de Lisa flottant sur des compositions répétitives agrémentées parfois d’effets vaporeux. Si l’ambiance n’est pas extrêmement éloignée des disques précédents nous ayant enchanté, la magie n’opère bizarrement plus trop, et l’ensemble se révèle assez fade (« Tomorrowing »). Jusqu’à ce que « If I Think of Love », titre phare de Slush ici présenté dans une version différente, ne nous fasse enfin réagir. Et le disque bascule alors, les quatre titres suivants renouant avec l’excellence passée. Avec un peu plus de rythme (« Turning into Betty »), et surtout de jolies mélodies  manquant cruellement à la première face, Slide reprend vie et l’auditeur quelques couleurs, savourant le piano et le chant élégant de « Woods Floor ». La cassette se termine sur « Guillotine », lent et sobre titre en piano / voix, l’absence d’artifice laissant place à l’émotion  souvent ressentie à l’écoute du chef d’œuvre Geek the Girl. Un disque en demi-teinte donc, mais suffisamment intéressant pour continuer à suivre une artiste attachante.

 

(1)    Excepté le dernier titre « Reptile », celui qui figurant déjà sur la compilation Anakin qui m’avait justement fait découvrir l’artiste