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Dans mes nouveaux potes de l’UNIMECA, Gilles #2 était un peu à part : il ne faisait pas de sortie avec nous, mais restait dans le groupe en cours et surtout pendant les pauses Tarot/Contrée. Et il était vraiment TROP cool : la coupe cheveux longs ramenés en couette mais tête rasée sur les côtés (avec une casquette par-dessus en permanence), double boucle d’oreille, basketteur dans une équipe, bassiste dans un groupe et avec une copine canon (cela dit j’ai jamais vu ni son groupe ni sa copine, si ça se trouve les deux étaient nazes). TROP le rebelle quoi, à se demander pourquoi il trainait avec nous. Cela dit Gilles #2 ne traina pas si longtemps avec nous, puisqu’en tant que rebelle, plus l’année avança plus il sécha de cours (probablement pour fumer des joints à tire-larigot) et que le niveau de Licence de Méca étant assez élevé, nous le perdîmes de vue dès l’année suivante. L’unique contribution de Gilles #2 à ces cassettes, puisque nous discutions musique régulièrement, fut de me prêter ce  Live détonnant d’un groupe de Punk Français dont j’entends assez peu parler aujourd’hui, bien qu’ils se soient justement reformés dernièrement. 

Les Sheriff évoluaient dans la lignée du punk déconnant de Ludwig Von 88 et Bérurier Noir mais sans les revendications politiques, le soleil de Montpellier appelant sans doute plus à la galéjade que les squats parisiens.  Ceci explique probablement  pourquoi des trois noms cités c’est le seul groupe à m’avoir un peu accroché. Certes les textes sont bien débiles (et très drôles, il suffit de lire la setlist), mais musicalement Les Sheriff sont assez bluffants, en tout cas sur Les 2 Doigts Dans La Prise… !! qui donne sacrément envie de faire partie du public. Les titres (1) ultra rapide s’enchainent sans pause dans une linéarité jouissive qui évoque souvent les Ramones (« Quand est ce qu’on Mange ? »), le batteur est impressionnant de régularité et les guitaristes se fendent de mélodies pas si simplistes et même de quelques solos bien ardus vu le tempo. On laisse à regret le groupe sur un magistral « Mayonnaise à Gogo » dont Gilles #2 m’avait expliqué le sens caché, moi qui n’y voyait qu’une référence à l’Amora en tube de mes pique-niques estivaux. Les Sheriff ventaient bien une autre substance addictive… 

(1)    Au nombre impressionnant de 31, dont j’avais retenu une moitié séparée entre cette cassette et la 066 pour je ne sais quelle obscure raison.

 

 

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Transition improbable, oui, mais il y a encore plus improbable : figurez-vous que j’ai découvert Dead Can Dance sur Fun Radio. J’ai déjà évoqué en cette rubrique la star radiophonique de l’époque, alias Max, dont l’émission de libre antenne à l’humour douteux cachait des gouts musicaux personnels plus fins que la moyenne de ses auditeurs (voire une culture générale qu’il n’étalait qu’occasionnellement histoire de ne pas trop perdre ces derniers). Son succès et sa puissance étaient tels qu’il fut autorisé, en tant que grand fan, à faire une émission spéciale Dead Can Dance, où il ne diffusa que des morceaux du groupe entre deux dialogues imbéciles avec des nanas pré-pubères enamourées. Le truc inimaginable ! J’étais à l’écoute ce soir-là (comme tous les soirs pendant une période dont je ne me souviens plus la durée, peut-être un an ou deux), et je découvrais donc ce duo bizarroïde au nom fantastique. Et surtout, surtout, j’entendais une chanson dont le titre était mon prénom. Ce prénom banal, anonyme, porté par aucun musicien ni même star du moment, pour lequel je n’avais aucune référence sympa, le voilà qui était mis à l’honneur sur un morceau que je trouvais forcément très bon. J’achetais  immédiatement Within the Realm of A Dying Sun en CD, et comme je l’aimais bien (c’est resté mon préféré je crois), je tentais d’emprunter le reste de la discographie à la médiathèque. 

Dead Can Dance, outre le fait d’avoir intitulé une chanson « Xavier », avait un autre argument pour lui : il était signé sur 4AD, label dont je vénérais les signatures par principe eut égard au grand nombre de fantastiques artistes que j’y avais déniché. J’allais cependant découvrir que le label n’abritait pas en son sein que des rageux de la trempe des Pixies ou des écorchés vifs comme Kristin Hersh, mais aussi tout un tas de groupes vaporeux dont Dead Can Dance n’était que le sommet sympathique d’un iceberg à la base vaguement chiante quand même (mais on parlera plus tard d’Ivo Watts-Russel). Bref, ce premier album ? Et bien, je devais l’avoir vraiment aimé puisque je l’avais enregistré quasiment intégralement à la base, dans sa version CD qui intégrait en final l’EP Garden of the Arcane Delights. Sauf que je m’étais emmêlé les pinceaux et que j’avais enregistré  le début du Live des Sheriff par-dessus, du coup exit les 5 premiers morceaux de Dead Can Dance. 

On attaque donc par l’enchainement « East of Eden », « Threshold », « A Passage in Time », « Wild in the Woods » qui m’a autant surpris qu’enchanté. Je m’attendais à une musique ésotérique, aussi curieuse que pédante, et me voilà en plein Post Punk avec une grosse basse, des rythmes répétitifs et une allusion indéniable à Joy Division, bien que la voix soit ici assez en retrait. La suite est plus conforme à ce que pensais entendre, avec la voix inimitable de Lisa Gerrard qui s’inspire du classique et de l’ethnomusicologie sur des rythmes plus lents agrémentés de percussion et de ce son de corde caractéristique du groupe (1). Un écart stylistique assez étonnant sur ce premier album, qui me donne envie d’écouter le début du disque pour m’en faire une idée plus complète. Il me semble que les disques suivants ont chacun une identité différente, on pourra en juger au fil de l’avancée de la rubrique puisqu’ils sont quasiment tous présents sur mes cassettes. 

(1)    Wikipedia m’apprend que c’est du Yangqin, sorte de tympanon Chinois… 

 

 

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Il y a quelques groupes qui ont une énorme fanbase chez les personnes ayant juste quelques années de plus que moi, aux premiers rangs desquels figurent U2 et Depeche Mode. Bien que j’en apprécie les tubes rabâchés depuis des lustres par les radios générales françaises,  je ne me suis encore jamais décidé à explorer plus avant leurs discographies, et  Music for the Masses et Violator attendent patiemment sur ma liste à écouter depuis que j’ai entendu parler de Depeche Mode. Sans doute fus ce même avant que les Smashing Pumpkins ne reprennent « Never Let Me Down Again », qui figurait déjà en Face-B du single « Rocket » (1993). Je ne sais si c’est la même version qui introduit For the Masses, tribute album au groupe de Dave Gahan sorti 5 ans après, mais je l’ai trouvée moyenne (notamment un tempo trop rapide), en tout cas beaucoup moins réussie que les interprétations entendues sur des enregistrements de Concerts de la période Siamese Dreams. D’une manière générale d’ailleurs, toutes les reprises retenues sur cette cassette me semblent trop timides et assez inférieures aux titres originaux, qu’elles soient rocks ou électroniques (Depeche Mode a influencé les deux courants, et l’on retrouve d’ailleurs nos amis Islandais de Gus Gus rencontrés épisode 060 pour une version club plutôt fade de « Monument »). Une seule exception : Rammstein, qui conclue le disque avec un « Stripped » glauque à souhait pour son seul extrait marquant.

 

 

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Un jour, un disquaire a voulu sans rire me refourguer Our Lady Peace comme étant les successeurs de Smashing Pumpkins soit disant finis (c’était au moment de la sortie d’Adore). Manque de bol, j’avais déjà emprunté leur deuxième album (et plus grand succès) Clumsy, que je n’avais que moyennement apprécié (une moitié d’enregistré seulement). Si « Superman’s Dead » fait un bon single puissant et « 4 AM » une jolie ballade, les deux titres suivants sont assez quelconques. Et puis j’ai trouvé la voix du chanteur un peu irritante, ce qui est remarquable quand on connait ma tolérance aux chanteurs nasillards… Bref, Our Lady Peace apparait comme un troisième couteau du Rock Alternatif (loin derrière les Stereophonics, auxquels ils pourraient faire penser), ce que l’histoire prouvera en les plongeant dans l’oubli (ils existent encore, et ont sorti leur 8eme album en 2012).