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Après la bouleversante rencontre avec Cat Power, j’avais eu la chance de la voir en concert pour la tournée Moon Pix. Je découvrais donc les morceaux sur scène, avec une pointe de déception (surtout due à la frustration de n’entendre qu’un seul titre de mon album fétiche). Il me fallut quelques mois supplémentaires pour avoir accès au disque à la médiathèque, que je m’empressais d’enregistrer dans son intégralité. En réalité, j’ai toujours considéré Moon Pix comme un peu moins bon que les deux monuments qui l’encadrent (What Would the Community Think et You Are Free). La tristesse est toujours là, mais la tension est moindre que sur son prédécesseur, et certains titres sont vraiment trop longs. On reste malgré tout sur du folk dépouillé de premier ordre, notamment au cœur de l’album avec quelques classiques indémodables - « No Sense », « Say », « Back of your Head », le très mélancolique « Colors and the Kids » au piano - et le chef d’œuvre « Metal Heart », l’un de mes titres favoris, l’un des plus joués sur scène aussi. Je me souviens avoir beaucoup écouté cette cassette, tout en rechignant à acquérir le CD. Je me souviens aussi avoir cru pendant longtemps que Cat Power était Australienne, parce que Moon Pix était sous-titré « 11 Songs Australia 1998 » (ce qui indiquait simplement son lieu et sa date d’enregistrement…)

 

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Grand mélange sur la deuxième face de cette cassette, qui commence par deux titres rescapés de Clumsy des Our Lady Peace, avec lesquels je n’avais pas été tendre au dernier épisode. Ces morceaux de rock alternatif post grunge ne sont pas si mal, mais la voix est toujours un peu pénible.  On enchaine avec deux extraits de Rock N’Roll Animal, un live de Lou Reed dont je me demande bien ce qu’il fout là. Le  père Lou y interprète essentiellement des compos issues des albums du Velvet Underground, excepté « Lady Day », sorte de cabaret rock déjanté qui m’a fortement rappelé le Alice Cooper Band. La comparaison est loin d’être foireuse, puisque je me suis rendu compte après coup que les guitaristes officiant sur ce live ne sont autres que Dick Wagner et Steve Hunter, fers de lance du début d’Alice Cooper en solo (le fameux Welcome to my Nightmare), aidés en cela par le génial producteur Bob Ezrin. Qu’on retrouve avec les deux guitaristes sus nommés au menu de Berlin, album de Lou Reed dont est extrait ce « Lady Day », sur lequel il faut donc que je me penche de toute urgence (et Dieu sait qu’on me l’a conseillé celui-ci…). Et sinon il y a aussi une version de 10 mn de « Rock N’ Roll » avec branlage de manche, solo de basse, épisode funky bref, du grand n’importe quoi avec un son pas génial en plus…. 

 

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Bon, je me plaignais du son précédemment, et bien ici c’est sûr qu’on a du gros son, de la belle production bien rutilante,  bref voici un court épisode de rock progressif comme il y en a bien peu dans ces cassettes.  Cet album a d’ailleurs une histoire assez rocambolesque comme seuls les groupes de ce style peuvent en fournir. Après l’immense succès 90125 (1) et un album moins connu,  les membres de Yes s’éparpillèrent pour fonder d’autres groupes ou faire une carrière solo. Petit à petit, ils se regroupent en deux formations différentes ayant en commun le chanteur Jon Anderson et le nom de Yes (ce qui occasionna des procès pour savoir qui était le vrai Yes). Après s’être bien bouffé le nez, ils eurent la brillante idée d’enregistrer  un disque en commun, avec l’ensemble des membres originaux ainsi que les autres musiciens ayant enrichi les deux formations concurrentes. Le disque fut ainsi nommé Union, ce qui est assez trompeur puisque chacun des deux Yes enregistra ses chansons de son côté avec Jon Anderson, et évidemment personne ne fut satisfait du résultat final.

Le premier titre (« Masquerade ») est assez étonnant, puisqu’au lieu de la choucrouterie à 8 attendue, il s’agit d’une jolie pièce de guitare acoustique interprétée par le seul Steve Howe. Ensuite, les claviers reprennent leur droit, pour un « Lift me Up » bien chargé, en mode hymne de stade, mais avec une mélodie de guitare sympa.  On dirait du Who mauvaise période, bref, j’aime assez…  Le troisième extrait, « Saving my Heart », est un imbittable mélange de reggae et de gospel qu’à mon grand désarroi je n’ai pas détesté non plus. Heureusement, l’honneur est sauf, je n’ai pas du tout aimé « Take the Water to the Mountain » qui clôture ce bref aperçu d’Union (4 titres retenus sur 14, ça passe encore). 

(1)    Au menu de l’épisode 157 pour un dernier salut au groupe….

 

 

 

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Pour finir cette cassette dispersée, les trois premiers titres de the Colour and the Shape, l’album des Foo Fighters qui avait la dure tâche de succéder au fabuleux premier disque, et qui dans mon souvenir était tout à fait excellent (je l’avais d’ailleurs enregistré quasiment intégralement, la suite se trouvant sur la prochaine cassette). Il fallait être assez courageux pour introduire le successeur tant attendu de l’ultra pêchu Foo Fighters par une très calme ballade d’une minute (« Doll »), mais cela fait son petit effet. « Hey, Johnny Park ! », qui lance les hostilités à sa suite, est en revanche bien décevante : c’est un hard bluesy un peu poussif, doté d’une grosse prod à mille lieux du son brut qui faisait une partie du charme de Foo Fighters, enregistré par le seul Dave Grohl. Le très efficace « My Poor Brain » qui suit est beaucoup plus conforme à ce que j’attendais de the Colour and the Shape. Je n’en demeure pas moins légèrement  inquiet à la perspective d’être déçu par la suite d’un disque que je n’ai plus écouté depuis cette époque…