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Un jour, j’ai vu Thelma & Louise. Je ne sais plus pourquoi, à quelle occasion, avec qui, mais je sais que j’ai adoré (comme tout le monde, non ?). Des personnages géniaux (à commencer évidemment par les deux héroïnes) interprétés par des acteurs excellents, un scénario superbe, des images fantastiques, bon nombre de scènes d’anthologie, un festival d’émotions variées et contradictoires pour le spectateur : bref, un chef d’œuvre. Aussi enregistrais-je en sa quasi intégralité la BO de ce film, quand bien même les styles musicaux proposés n’étaient pas du tout dans mes écoutes habituelles et le nom des interprètes m’étaient pour la plupart inconnus. Le ton de l’album est résolument cool et entrainant, si l’on excepte les deux derniers titres, triste « the Ballad of Lucy Jordan » portée par la voix cassée de Marianne Faithfull et « Thunderbirds », blues instrumental plaintif et fascinant, qui viennent in fine nous rappeler que Thelma & Louise est un film dramatique.

Pour le reste, les chansons respirent l’Amérique,  la soul groovy qu’on passe sur l’auto radio de sa décapotable en avalant les kilomètres, la country folk jouée par le groupe transpirant au fond du saloon, le rock n roll craché par la radio du snack quand on prend son café avant de reprendre la route.  Quand on passe ce disque, on se sent des appels au voyage, à l’aventure. C’est la musique de la Liberté, celle qui a le dernier mot dans le film.

 

 

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On avait laissé Iggy Pop il y a fort longtemps avec le best of Nude & Rude, qui ne contient aucun titre de Soldier (emprunté à la volée à la médiathèque probablement par complétisme) ce qui n’est guère étonnant. Songez que même dans le tri drastique opéré (4 titres retenus sur 11), il n’y a pas grand-chose qui soit écoutable. Non seulement les chansons ne sont pas terribles (ca commence par « Loco Mosquito », qui est du… ska), ce qui s’est déjà vu chez l’Iguane et se verra encore, mais en plus la voix est affreuse, ce qui est nettement plus rare. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter « Knockin’ em down (to the city) », titre relativement passable qui a au moins le mérite d’avoir un parfum punk pour nous rappeler que le grand architecte de Soldier est Glen Matlock, ex bassiste des Sex Pistols. Au final on ne sauvera que le surprenant « Mr. Dynamite », post punk menaçant dont la rythmique évoque furieusement Joy Division.

 

 

 

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Ah, voici enfin la suite du live Les 2  Doigts dans la Prise… !! qui nous avait enchanté en cassette 062. C’est reparti pour un exceptionnel enchainement de punk rigolo au tempo ultra rapide, un rouleau compresseur jouissif d’autant plus que les Shériff allient virtuosité technique et sens de la mélodie, dans le chant et dans les parties de guitare. Quel guitariste d’ailleurs, qui balance des solo énormes l’air de rien (« Pile ou Face ») ou des riffs géniaux (celui de « Non ! Non ! Non ! » est tout simplement l’un de mes préférés, tout guitariste confondus…)  Si l’on ajoute l’humour des paroles, voire une auto dérision bienvenue (le loser au lapin de « 3,2,1 zéro »), on atteint là certainement l’un des tout meilleurs disques de punk sorti par des Français (sur le label New Rose, évidemment). En final, les Sheriff payent avec une détonante version de « 1970 »  leur tribut aux Parrains du binaire crétin, comme avant eux les Damned, flamboyants potaches qu’ils évoquent régulièrement.

 

 

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Après une unique incursion dans la discographie de Faith No More en fin de cassette précédente, rebelote cet épisode avec cette fois ci Betty de Helmet, disque dont la gentillette pochette dissimule un nouveau brulot de heavy metal post hardcore, bref un truc aux guitares saturées, à la caisse claire qui claque et aux rythmiques bien lourdes et syncopées.  Cela n’est certainement pas un hasard, j’avais sans doute lu un journal référençant des grand classique de musique bourrine des 90’s et emprunté les disques qui m’avaient semblé les plus intéressants. Faith No More et Helmet ont pas mal de points communs (1), notamment la volonté d’expérimenter plutôt que de rester cantonné à leur style d’origine. Il semblerait cependant que le groupe de Mike Patton soit plus doué pour cela que celui de Page Hamilton, les extraits bizarroïdes de Betty regroupant des tentatives jazzy, groove ou même country (« Beautiful Love », « the Silver Hawaiian », « Sam Hell ») n’étant pas du tout convaincants. Pour ce qui est des morceaux heavy,  ils sont de facture assez classiques mais plutôt bons, le titre « I Know » étant même tout à fait excellent. Comme vous l’avez compris, cela ne m’a cependant pas suffisamment accroché pour que j’ai envie d’en savoir plus, et tant pis pour Meantime, l’album précédent au succès fulgurant.

 

(1)    dont celui d’être revenus aux affaires il y a peu pour des sorties à priori relativement ignorées.