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Alors comme ça, Serge Gainsbourg est l’inventeur de la French Touch. Vous me direz, le mec il enfonce une porte ouverte, il balance un truc que tout le monde sait depuis 20 ans. Mais moi il aura fallu un joli concours de circonstances pour que je fasse le lien. En réalité je connais peu Gainsbourg, et si j’ai à une période enchainé l’ensemble de sa discographie, aucun disque ne m’a particulièrement subjugué, pas plus l’Histoire de Melody Nelson  que les autres. Or je me suis mis à lire récemment un blog ultra prolifique du nom de Rock Fever (1), qui a consacré il y a peu un article à ce disque culte. Il déroule l’histoire du concept album, et fait référence à l’Hôtel particulier dans lequel la chambre 44 occupe une place importante. Exactement à la période où avec mon groupe, nous nous installons en salle 44 de l’Hôtel de la Musique pour nos répétitions. La coïncidence m’amuse fortement, j’écoute « L’Hôtel Particulier » et là, la consanguinité avec la BO de the Virgin Suicides me saute aux oreilles. Je pensais avoir découvert Air avec cet album, qui est dans le peloton de tête de mes favoris, mais je m’aperçois donc avec cette cassette que j’avais écouté comme tout le monde le Moon Safari, sorti en 1997, et que je l’avais (comme tout le monde) bien apprécié, vu qu’il est enregistré quasiment intégralement. L’autre coïncidence est de voir apparaitre le Moon Safari sur ces cassettes juste après avoir appris, via Rock Fever, que le titre « La Femme d’Argent » est une référence au bouchon de radiateur de la Rolls Royce de Gainsbourg décrite dans « Melody », premier titre de l’Histoire de Melody Nelson. 

« La Femme d’Argent » est aussi le premier titre de Moon Safari, et c’est sans doute son meilleur. Il est basé sur un énorme riff de basse (de ceux qui font merveille sur Melody Nelson), et une accélération qui en font un titre particulièrement bien adapté à la scène. Air ne se prive pas d’ailleurs de l’intégrer systématiquement à sa setlist, souvent en final, et quelle que fut la qualité de la prestation ayant précédé ce morceau passe toujours extrêmement bien.  Figurent ensuite les deux tubes, assez irrésistibles, le « Sexy Boy » qu’on ne présente plus et « Kelly Watch the Stars » qui a ma préférence, avec son rythme entrainant et son passage de piano à la Bob Ezrin. La suite de l’album est plus paisible, évoquant des vacances ensoleillées, des slows aux mélodies posées, des cuivres doux (« Ce Matin-là »). Ça fait un peu carte postale touristique, le genre d’image cliché qui représente la France aux yeux des étrangers. Pas étonnant que le disque ait cartonné mondialement. A partir de « New Star in the Sky », la musique se fait encore plus langoureuse, et devient presque chiante. On se croirait dans une BO de film érotique : de quoi évoquer une dernière fois Melody Nelson… 

(1)    Parce qu’il a eu le bon gout de faire une série sur le Alice Cooper Band, comme quoi ça mène à tout…

 

 

 

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Même si j’avais retenu assez peu de titres de l’album Fleetwood Mac, ceux-ci m’avaient suffisamment plu pour que je consacre plus d’une heure de cassette au Fleetwood Mac Live issu d’une gigantesque tournée  effectuée par le groupe entre 1979 et 1980. Et je dois avouer que la réécoute a été assez plaisante. On attaque par le redoutable « Oh Well » et son riff de guitare démoniqaue, assez ressemblante dans sa construction au « Young Man Blues » repris par les Who, ou a certains titres de Led Zeppelin. Du rock de haute volée, pas tout à fait représentatif du disque cependant : il s’agit en effet du seul morceau rescapé du Fleetwood Mac première période, celui de Peter Green. Toutes les autres chansons proviennent des trois albums sortis auparavant par la deuxième mouture du groupe (la paire rythmique initiale renforcés de Lindsey Buckingham, Christine McVie et Stevie Nicks), celle présente sur scène lors de l’enregistrement qui nous occupe. S’ils proposent encore quelques très belles trouvailles rock n roll du genre (« Over My Head », « Don’t Let me Down Again »), les Fleetwood Mac alignent quantité de rocks plus basique, mais non moins efficaces, à quelques exceptions près. Efficacité, c’est le maitre mot, conservée même sur deux accords tout bête (« Not that Funny »,  prolongée sur 9 minutes assez habilement, mis à part la séquence hurlements) ou sur des slows relativement mièvres mais trouvant toujours un truc pour rester émouvants (les guitares en fond de « Over & Over »). Quant aux sobres ballades guitare / voix que sont « Landslide » (dont j’ai déjà beaucoup parlé) et « Never Going Back Again », elles sont tout simplement splendides. De quoi donner envie à la midinette qui est en moi de crier, à l’instar de l’excellent rock n roll clôturant cette cassette : « Don’t Stop » ! Mais c’est bien la dernière fois qu’on croisera le groupe dans cette rubrique, et on ne saura jamais si ce live en forme de Best Of de l’Age d’or de Fleetwood Mac n’oublie pas quelques perles dans leur gigantesque discographie…