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Après avoir exploré la discographie des Jesus & Mary Chain, je mettais enfin la main sur le disque par lequel j’aurais dû commencer, leur premier donc : Psychocandy. Les bases sont posées (chant nonchalant, batterie minimaliste, mélodie simples), mais avec cette spécificité du son très agressif des guitares me rendant l’écoute plus difficile que ses successeurs. Aimer autant les sucreries et imiter la roulette d’un dentiste sur la moitié des titres, voilà qui est paradoxal ! Pas de quoi m’effrayer cependant puisque j’avais retenu une belle partie de ce trop long disque affichant quelques relents punk (« Never Understand ») ou Post Punk (excellent et étonnant « It’s so hard ») mais à la personnalité déjà très affirmée. Presque tout était déjà écrit sur l’inoubliable « Just Like Honey », et la suite, plus sage, uniquement destinée aux délicats comme moi…

 

 

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Il m’aura fallu 3 ans pour emprunter ce disque à la médiathèque. Le premier album de the President of the United States of America fut en effet l’une des quelques victimes du syndrome du matraquage radiophonique : « Lump » fut tellement diffusée à l’époque de sa sortie que j’en devenais complètement allergique au groupe. Dommage, car celui-ci valait bien mieux que ce que ce single, très efficace mais peu original,  ne le laissait supposer, et que ce patronyme ridicule qui fit fuir plus d’un pote de fac Che Gevariste amateur (1). The President of the United States of America étaient certes des bons déconneurs (leur disque commence quand même par des miaulements de chat), mais ils avaient trouvé une formule et un son personnels redoutables, avec notamment l’utilisation d’instruments bricolés (une basse 2 cordes et une guitare 2 cordes) qui amenaient leurs compos vers une épure très plaisante. Tout ceci fonctionnait par un sens du groove étonnant (« Stranger »), et par un chant / flow dont je réalise à l’écoute combien il était bon. En ajoutant de-ci delà une touche de punk (hommage au MC5), de country ou de rock alternatif (beaucoup de refrains explosifs succédant à des couplets posés), the President of the United States of America signaient un premier album fun et irrésistible, à tel point que je ravalais mon snobisme et l’enregistrait en intégralité. Quel morceau choisir pour illustrer le disque ? Peut-être « Candy », qui enchaine ronde mélodie, refrain pêchu et rock binaire enthousiasmant, ou le single « Peaches » qui y ajoute un thème assez délirant, à l’image du trio. Capables de reprendre aussi bien Plastic Bertrand que the Buggles, et de terminer son premier album par un joyeux « Naked and Famous », avec l’improbable featuring de Kim Thayil, guitariste des très sérieux Soundgarden, les Présidents étaient un groupe atypique qui continuèrent leur route quelques années avant un premier split (suivi de plusieurs reformations, dont une en 2014 pour un disque passé inapercu), mais ne retrouvèrent jamais la fraicheur et le succès de leurs débuts. 

 

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(1)    La première édition du CD figurait d’ailleurs une photo du groupe avec Bill Clinton, qui fut retirée par la suite, l’utilisation commerciale de l’image du président des USA étant semble-t-il interdite par la loi.

 

 

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Que peut dire quelqu’un qui n’y connait rien à Pink Floyd (excepté peut être the Wall) sur un disque aussi célèbre que Dark Side of the Moon, à part des conneries ? Une fois annoncé que ce fut le 3eme album le plus vendu de tous les temps, que sa pochette est aussi réussie que son titre parfait, il faudra bien se lancer dans la chronique musicale, non ? Non. Dark Side of the Moon est très beau, c’est un fait. Les guitares sont aériennes, les solos redoutables, la basse bien présente tombe là où il faut, il y a le bon dosage d’expérimentation, de trouvailles sonores. A moins que le groupe, à force de bien faire, n’en fasse un peu trop, tels ces chœurs sur « Brain Damage / Eclipse » ? L’album, enregistré presque entièrement, ne m’a procuré nulle émotion, plaisante ou déplaisante. La perfection m’ennuie. Je me suis donc respectueusement ennuyé pendant 40 minutes.