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Ainsi donc, j’avais moi aussi cédé à cette mode lamentable du marketing nostalgique,  en empruntant un disque de génériques de Dessins Animés (probablement à l’ami Cyril, féru de ce genre de trucs). Même s’il m’arrive de temps à autres de me rappeler le bon vieux temps (et cette rubrique peut en être un exemple), je pense ne pas trop verser dans le sentimentalisme, ayant encore en mémoire combien ce vieux temps était loin d’être systématiquement bon. C’est d’autant plus ridicule concernant les Dessins Animés, puisque nous n’avons eu la télévision que très tardivement à la maison, et que son usage fut par la suite extrêmement contrôlé et restreint : contrairement à la plupart des gens de ma génération, je n’ai jamais vu des grands classiques comme Albator, Ulysse 31 ou les Mondes Engloutis.

Des génériques ici enregistrés, me reviennent quelques bribes de « Chapi Chapo » (aussi débile que la chanson, dans mon souvenir) ou de « Pacman », et ne faites pas l’erreur de vouloir regarder sur youtube l’inénarrable clip chanté par William Leymergie, vous ne pourriez plus vous sortir cette ritournelle de la tête. Je le sais, mes enfants sont tombés sur un vieux vinyle chez leurs grands-parents et m’ont demandé pendant des semaines à le revoir sur internet ! Autant dire que je n’étais pas spécialement ravi de me retaper tout ça sur ces cassettes. Au final les deux dessins animés figurant sur celle-ci que j’avais suivi plus assidument sont l’excellent « Tom Sawyer » (très drôle excepté Joe L’indien qui foutait bien la trouille)  et « Rémi Sans Famille ». Un vrai chef d’œuvre mais bon sang, est ce qu’on montrerait ca à nos gosses aujourd’hui ? Rappelons que Rémi, après avoir été vendu par son père adoptif alcoolique quand sa mère avec qui il vivait heureux avait le dos tourné, verra l’ensemble de ses amis (pour la plupart de gentils animaux faisant la manche avec lui) crever tragiquement au fil de la série. 45 épisodes de douleur et de misère sur 50, bonjour le traumatisme ! Cela dit quand aujourd’hui je vois un épisode de Pokemon ou des Totally Spies (les trucs qui tournent chez nous en ce moment), je suis tenté d’aller voir sur le bon coin, mais bon, je vais attendre un peu avant de passer pour un vieux con réac auprès de mes mômes…

 

 

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Ah, merveilleuse cassette qui réalise le rêve de tout adulte sain d’esprit après l’écoute imposée d’un album de génériques de dessins animés : pousser un hurlement primaire et tout péter autour de lui. L’enchainement avec le Broken de Nine Inch Nails n’est pas évident, mais il fait un bien fou. Broken est un mini album (classé comme un EP, mais bien trop complet et important pour en être un) qui est sorti entre Pretty Hate Machine et the Downward Spiral, qu’il préfigure largement. En réalité seul le dernier titre, « Suck », est groovy et plutôt tourné vers le passé. Les autres, y compris les deux plages de mise en tension que sont « Pinion » et « Help me i am in Hell », sont d’une extrême violence et d’une production bien moderne pour l’époque. « Wish », « Gave Up » (sans compter « Happiness In Slavery » que pour une obscure raison je n’avais pas retenu) font partie des plus gros poings dans la gueule que Trent Reznor aura composé, et auront à ce titre une place de choix dans la plupart des setlist des concerts, encore aujourd’hui. Concis et uniquement composé de tubes en puissances, Broken est un classique au même titre que les 3 premiers glorieux albums de Nine Inch Nails. Si je connaissais très bien l’ensemble de ces morceaux, j’ai quand même redécouvert la terrible reprise d’Adam and the Ants « Physical », le genre de surprise qui justifie la réécoute appliquée et hebdomadaire de ces vieilles bandes…

 

 

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Un rendez-vous raté. Dinosaur Jr était un groupe culte, cité par nombreux journaux musicaux que je commençais à consulter frénétiquement, aussi tentais-je une approche, en choisissant l’album qui avait la pochette la plus cool, Green Mind. Je n’étais pas prêt. Pas prêt pour ces solos égrillards et interminables, pas prêt pour cette voix éraillée et affreusement fausse ornant la pourtant jolie « Flying Cloud » acoustique.   On ne m’y reprendra plus, jusqu’à un très récent et sympathique concert. Seuls les albums solo de Jay Mascis figurent chez moi, et tant pis pour le reste. Trop tard…

 

 

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Un peu difficile de parler de Silverchair aujourd’hui. C’est un groupe qui appartient vraiment à une époque, qui a cartonné comme peu d’autres l’ont fait pendant sa période d’activité (1) et qui a été complètement oublié depuis. Aucun jeune groupe pour les citer comme influence, pas même une publication parmi les innombrables chansons marquantes ou albums chéris publiés à longueur de blog ou de fil Facebook par mes virtuels amis. Sans doute ont-ils aussi été victimes d’un certain snobisme, eux qui arrivaient après la bataille avec Frogstomp (1995), mélange de Nirvana et de Pearl Jam à un moment où le grunge avait déjà tout dit. Et j’écris ça en n’ayant plus aucun souvenir de Frogstomp, pas même si le fait de ne le voir apparaitre qu’en cassette 188 (bien après les autres) était dû à mon propre snobisme ou simplement parce que je ne l’avais pas trop apprécié. Ce qui est sûr, c’est que je lui ai toujours préféré Freak Show, seul album du groupe que je possède en CD, même si cela faisait très longtemps que je ne l’avais pas écouté et que cette cassette a été pour beaucoup une redécouverte. 

Le démarrage, quoi que bien bon, semble donner raison aux vagues souvenirs d’étiquette de groupe de suiveurs, avec ces accents d’un grunge calibré, notamment un « Lie to Me » d’une simplicité Nirvanesque. Et puis, au fil de plusieurs excellents riffs Zeppeliniens (sur « the Door » par exemple), on sent la personnalité du groupe, et notamment de son charismatique leader Daniel Johns, s’affirmer, par les reflets arabisants sur la ballade « Petrol & Chlorine », ou par la tentation des cordes sur la sirupeuse « Cemetery ». Les textes semblent un peu faciles, genre adolescence torturée, avant qu’on ne se rappelle que le trio n’était même pas majeur à l’enregistrement de Freak Show, qu’ils effectuaient tout en révisant leur bac. Et d’être impressionné par la solidité de l’ensemble, et du titre fleuve « Nobody Came », aux longs développements alternatifs. Pas encore débarrassé de certains clichés, mais faisant déjà preuve par moment d’une belle audace, Freak Show est la photographie d’une mue, d’un jeune groupe fan de grunge vers un Neon Ballroom qu’on imagine plus  alambiqué, et moins efficace (mais en fait je ne m’en souviens pas plus que Frogstomp). Un sommet ? L’avenir proche le dira. Un  disque que je réécouterai plus régulièrement dorénavant, ça c’est sur…  

(1)    Essentiellement 1995 - 2002, on ne compte pas le dernier album de 2007 dont seuls les Australiens ont entendu parler il me semble

 

 

 

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En règle générale, je ne présente pas un titre isolé sur une cassette, j’attends la cassette suivante figurant le gros de l’album. Sauf que là il s’agit de « Tupelo ». Le premier titre de Nick Cave and the Bad Seeds présent sur ces cassettes (à ma grande surprise). Tout un symbole ! 7 minutes entêtantes de marche forcée, d’une espèce de non musique à la basse vaudou, comme cet instrument devrait toujours l’être dans le rock. Et les harangues du prêcheur maudit, et l’appel du blues, et les loups du Cave hurlant dans le lointain des refrains, « Tupelo-o-o-o-o-o-o-o » ! La naissance d’un mythe.