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J’ai découvert Belle & Sebastian tout simplement parce que leurs disques recevaient d’excellentes critiques un peu partout, et que j’étais sans doute tombé sur l’une d’entre elles qui m’avait décidé à emprunter leur dernière sortie, à savoir à l’époque de cette cassette the Boy with the Arab Strap. Un disque que j’enregistrais en intégralité, et qui entrait immédiatement dans mon panthéon personnel. Si j’avais rencontré les écossais sur If You’re Feeling Sinister (comme beaucoup), les choses auraient peut-être été différentes. Mais the Boy with the Arab Strap a ceci d’exceptionnel qu’il réussit à être complètement détendu sans jamais être mou. A l’exception d’un ou deux titres, les tempos sont relativement relevés, ce qui en faisait pour moi la porte d’entrée idéale à l’univers gentillet d’un groupe pas forcément raccord avec ce que j’écoutais alors. Ce disque, c’est avant tout un chant incroyable, d’une douceur absolue, et qui touche au sublime lorsque viennent s’entremêler deux voix mixtes. Des arrangements d’une subtilité telle que même la cornemuse se fait discrète.  Et puis une belle variété de styles, entre pop légère, pur old rock n roll, ballades, et quelques touches jazzy par ci par là. Aucun titre n’est de trop, l’album contenant même une ribambelle de tubes irrésistibles, comme « Sleep the Clock Around », « Dirty Dream Number Two » ou « the Boy with the Arab Strap », autant d’extraits dont Belle & Sebastian ne peut toujours pas se passer 20 ans plus tard en concert. Hé oui, encore un chef d’œuvre qui fête sa vingtaine cette année, et on peut dire que malgré les écoutes répétées et cet âge avancé, il n’a pas pris une ride et j’ai encore eu beaucoup de plaisir à l’écouter. The Boy with the Arab Strap, parfaite bande son d’une rêverie estivale, ode à l’insouciance étudiante, n’a qu’un seul défaut : il rendit d’emblée caduque la suite des aventures de la bande de Stuart Murdoch, une sympathique discographie dans laquelle je picorerais encore d’excellents titres, mais sans jamais retrouver d’album arrivant à la cheville de celui-ci.

 

 

 

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Bon alors, la suite de ma sélection du Neon Ballroom de Silverchair, dans quel sens va-t-elle faire pencher la balance ? Evidemment c’est dur de succéder à l’un de mes disques favoris, avec juste trois titres, mais quand on pense que je n’ai retenu que ceux que j’aimais, je crois que la messe est dite. « Point of View » est un banal rock appuyé nappé de violonades artificielles et « Paint Pastel Princess » s’approche dangereusement du metal symphonique. Du coup le grunge sauvage « Spawn Again » parait pas mal, même s’il emprunte beaucoup à « Milk It » tout en étant largement inférieur (c’est mon titre préféré  de Nirvana). Un coté brut et direct bienvenu qui clôture donc la réécoute plutôt décevante de Neon Ballroom. Rendez-vous dans une centaine de cassettes pour une petite tranche de Diorama (du diable si je me souviens de la moindre note de cet album).

 

 

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Il était une fois un gars qui fut fasciné par une histoire bizarre qu’il avait entendu au détour d’un recueil de live joués en faveur du Tibet. Une histoire de fée qui se levait à l’aube pour jeter des objets du haut d’une falaise, juste pour les entendre s’écraser et s’imaginer à leur place. Une histoire à la fois sombre et joyeuse, electro et pop, dansante et mélodique. Alors le gars se mis en quête, à la poursuite de cette fée venue d’Islande, aussi mystérieuse que les histoires qu’elle racontait. Il acheta Post qu’il aima beaucoup, bien qu’il n’y retrouva rien d’aussi génial que l’ « Hyper-Ballad ». Il lui fallait chercher plus loin, aussi emprunta-t-il le disque suivant, celui de la consécration : Homogenic. Il crut presque atteindre son but avec « Hunter », qui présentait la même beauté sombre. Et puis il voyagea, au sein des frontières de la pop redéfinies par Bjork, intégrant l’electro, intégrant le classique. Du rêve sculpté, un peu comme au cinéma (« Bachelorette » dont le clip était d’ailleurs réalisé par Michel Gondry). Et surtout, surtout, une démonstration de chant sur tous les titres, avec en point d’orgue « Immature ». Du chant ? il lui fallait poursuivre sa quête…