Samedi 22 Septembre - Inverness / Oban

14 - inverness oban

 

14        14 

Ballade le long du Glen Affric

Une belle route nous attend vers le Sud-Ouest jusqu’à Oban. Plutôt que de longer directement le Loch Ness depuis Inverness, nous faisons un écart vers l’Ouest en direction de Cannich, par une petite route serpentant dans la foret. Nous accédons à un lieu de ballade semble-t-il assez connu, longeant le Glen Affric jusqu’à des chutes d’eau (Dog Falls) puis rebouclant par les hauteurs de la Fasnakyle Forest. Un parcours d’une heure et demi de toute beauté que nous ferons majoritairement sous le soleil, même si trois averses l’auront cependant émaillé.

 

15

15 

Urquhart Castle et le Loch Ness

15

Arrivée de la Mariée au son d'une cornemuse

 

Nous récupérons le Loch Ness à hauteur du célèbre Urquhart Castle, qu’après quelques hésitations nous décidons de visiter. C’est un lieu très fréquenté, arrêt obligatoire pour tous les cars de touristes, mais cela est tout à fait justifié. Bénéficiant d’une position idéale dominant le Loch Ness, le vaste Urquhart Castle, bien qu’en ruines, est suffisamment conservé pour qu’on puisse imaginer les différentes pièces et fortifications le composant. En haut du donjon, sans doute l’endroit où la densité de population est la plus forte en Ecosse, la vue sur le Loch est remarquable. Une partie du Château (à l’emplacement de la cuisine) sera même privatisée pour un mariage et nous aurons la surprise de voir débarquer tout un tas d’invités dont quelques-uns en kilt, avant l’arrivée de la mariée devancée par un joueur de cornemuse, pour le plus grand bonheur des touristes. La visite nous a bien pris deux heures et nous voilà en retard car le plus gros de la route reste à faire. Nous prendrons le temps de nous arrêter régulièrement quand même car les paysages sont très beaux, nous longeons une quantité impressionnante de Loch : l’enfilade Loch Ness, Loch Lochy - reliés par un canal - et Loch Linnhe qui coupe quasiment en deux l’Ecosse, ainsi que les Loch Leven et Creran. Nous arrivons en début de soirée à Oban, petite ville portuaire comme on peut en voir en Bretagne ou sur la côte Atlantique.  Nous hallucinons en avisant sur la colline surplombant la ville, comme Photoshopé, une réplique du Colisée de Rome aussi à sa place dans le paysage qu’un palmier sur la banquise. Renseignement pris, il s’agit d’une lubie d’un riche banquier du coin ayant décidé aux environ de 1900 de filer du boulot aux maçons chômeurs de la ville tout en érigeant un monument en l’honneur de sa famille, dont la construction s’en tiendra aux murs extérieurs suite au décès dudit McCaig.

 

Dimanche 23 Septembre - Oban et l'Ile de Kerrera 

16 - oban

17 

L'ile de Kerrera et le Gylen Castle

17       17

17 

Quelques photos de l'Ile de Kerrera parmi la centaine que nous avons prises....

 

J’avais envisagé de prendre le ferry et de visiter l’Ile de Mull en voiture, celle-ci étant riche en paysages et châteaux remarquables (sans parler de l’Ile sacrée d’Iona toute proche). Hélas, le ferry était complet depuis bien longtemps pour les voitures et sans celle-ci, le programme s’avérait difficile à tenir, à moins d’avoir recours à des cars touristiques pressés et très chers. Nous options donc pour le plan B, c’est à dire une randonnée sur l’Ile Kerrera, beaucoup plus petite et proche d’Oban. Nous prenions tranquillement un petit bateau avec quelques randonneurs perdus pour une traversée d’une dizaine de minutes en direction de Kerrera, essentiellement peuplée de moutons et de quelques fermes isolées. Le tour de l’ile, effectuée en quatre heures de marche ensoleillée (mis à part les inévitables averses écossaises), sera probablement l’un de nos meilleurs souvenirs du séjour. L’arrêt à un donjon dominant la mer, seul reste du Gylen Castle, donnera lieu à un moment d’histoire Ecossaise instructif ainsi qu’à un concours de la meilleure photo de vacances. Plus inattendu, alors que nous entamons la partie Ouest faisant face à l’Ile de Mull, nous pourrons observer longuement de nombreux rapaces au rang desquels une famille d’aigle Royaux, une première impressionnante pour moi !  

 

18     19 

Le Dunstaffnage Castle et sa chapelle hantée

16

Le Port d'Oban, dominé par la Mc Caig's Tower, une imitation du Colisée

 

Seul incident de la journée, un double décollement semellaire arrière pour moi, alors que Mélaine marche avec des élastiques tenant l’avant de ses semelles depuis un problème similaire au Glen Affric. Pas de quoi gâcher une si belle journée que nous prolongeons en conduisant jusqu’au Dunstaffnage Castle, curieux fort posé sur une marche rocheuse surgissant d’une colline au nord d’Oban. Une toute petite partie semble rénovée mais il est trop tard pour visiter, nous nous orientons vers la chapelle en ruine au milieu de la forêt attenante. De belle taille, elle réveille forcément quelques souvenirs à quiconque ayant déjà joué à des jeux video d’aventure Fantasy, et l’on s’attend à tout moment à voir surgir des tombes amoncelées dans un minuscule cimetière collé au mur du bâtiment quelques squelettes hargneux. Il parait que cette chapelle est hantée, mon avis est que tout chasseur de fantômes devrait commencer sa quête par une nuit dans ses murs…  C’est l’heure du diner, et comme à chaque fois que j’en ai l’occasion en vacances, j’ai décidé de me payer un plateau de fruits de mer, autre spécialité locale. Direction Ee-Usk, institution trônant sur le port assaillie par tous les étrangers du coin (heureusement que nous avions réservé). Au final une bonne adresse, même si j’ai eu de la place pour un Sticky Toffee Pudding en dessert là où je bloque au trois quart des plateaux bretons, incapable d’avaler une demi crevette grise supplémentaire.

 

Lundi 24 Septembre - Oban / Crianlarich 

20 - oban crianlarich

20

20     20

Kilchurn Castle

20

Vaches Highland

 

Il est temps de quitter Oban et le bord de mer pour se diriger vers Crianlarich, bourgade centrale dans la région des Trossachs. Première étape, un nouveau château en ruines, le Kilchurn Castle, lui aussi situé sur une presqu’ile mais cette fois en contrebas, entouré des monts habituels bordant les Loch (ici le Loch Awe). Toujours impressionnant et intéressant, en tout cas nous ne nous lassons pas. D’autant que quelques vaches Highlands, que nous avions peu croisé jusqu’à présent, broutent tranquillement dans le coin, laissées certainement à l’entrée du site à l’attention des nombreux touristes de passage. 

 

21     22

Inveraray Castle - Environs du Glen Falloch 

Comme le trajet direct ne dure qu’une heure, nous faisons un détour par le sud jusqu’à Inveraray, petit village de carte postale posé à l’entrée du Loch Fyne, dont la principale caractéristique est de s’en tenir au noir et blanc pour la peinture des maisons et mobiliers urbains. Il y a aussi un château, mais celui-ci est du style habité avec jardins et guichet payant au bout de l’allée, donc nous nous contentons d’une photo de loin, le temps de constater qu’il est aussi moche que curieux. Nous rejoignons le Loch Lomond au niveau de Tarbet, et nous le longeons jusqu’à Luss, un petit village qui nous avait été conseillé par un couple de Lyonnais logeant au même B&B que nous à Oban. C’est un joli village offrant une belle vue sur le Loch Lomond et sur la multitude d’iles qui le parsèment, mais le lieu est connu et les quelques rues bordées de tout petit cottage sont surchargées de touristes. Nous rebroussons chemin vers le nord pour atteindre Crianlarich, non sans avoir savouré les rives du Loch Lomond puis du Glen Falloch, qui nous offrent l’un des derniers splendides paysages du séjour. Le B&B est un extraordinaire corps de ferme rénové perdu dans la montagne, tenu par un couple Suisse qui a changé complètement de vie il y a quelques années.

 

Mardi 24 Septembre - Crianlarich 

zg - crianlarich

 

zg

zg 

la West Highland Way, entre Bridge of Orchy et Tyndrum 

Nous avions prévu de consacrer notre dernier jour à de la randonnée tranquille, Crianlarich étant un carrefour bien connu des marcheurs (pas grand-chose d’autre à faire dans le coin d’ailleurs). Le village est notamment situé sur la West Highland Way, parcours reconnu de 154 km allant de Fort William à Milngavie (près de Glasgow), et sur les conseils de nos hôtes nous décidons d’en faire une petite partie. Un petit coup de voiture que nous laissons à la gare de Tyndrum, pour prendre le train sur une ligne ferroviaire présentée comme l’une des plus belles au monde jusqu’à l’arrêt suivant, Bridge of Orchy. C’est avec des chaussures rafistolées à l’aide de gros scotch acheté à Oban (heureusement que le ridicule ne tue pas) que nous entamons notre ballade de 4 heures sous des nuages menaçants.  Les paysages maintenant bien connus de collines envahies de moutons, de torrent rocailleux et forets de conifère sont à la hauteur, même si nous avons le sentiment qu’on en profiterai encore mieux en marchant dans l’autre sens (impression confirmé par un nombre important de randonneurs croisés alors que nous n’en doublâmes aucun). La pluie arrive plus tôt que prévu, et cette fois c’est pas de la rigolade : nous sommes complètement trempés et le soleil a totalement disparu. Après une pause amusante pour observer un berger rassembler puis séparer en deux blocs égaux son troupeau à l’aide de deux chiens extrêmement bien dressés et efficaces, nous reprenons une route qui s’avère désormais assez maussade, le chemin longeant la route et la pluie s’intensifiant. Mes chaussures tombent en ruine au moment où nous atteignons la voiture. Pas d’amélioration dans l’après-midi, nous restons dans notre gite bien douillet à bouquiner avec du thé chaud.

 

zh

 

Il y a deux tables à Crianlarich : la veille nous avions opté pour un pub old school bien sympathique où j’avais tenté le Haggis, plat traditionnel à la recette beaucoup plus bizarre à énoncer qu’à déguster (foie, cœur et poumons de mouton haché avec de l’oignon, mais qui au gout ressemble à du hachis Parmentier au soupçon d’andouillette). Pour ce dernier soir ce sera le restaurant de l’hôtel, genre chic des années 60, avec poissons et têtes de cerfs empaillés au mur. Après un bon plat de bœuf écossais, nous avons la surprise de voir s’installer un duo de musique traditionnelle (guitare, violon, et chant à deux voix) pour une veillée à l’ancienne qui va beaucoup nous émouvoir. Dès les premières notes tous les anciens de l’hôtel sont venus occuper les banquettes entourant la salle du restaurant où nous finissons notre dessert, alors que le couple assez âgé entame des chants aux refrains semble-t-il bien connus des habitués.  Entre deux titres folks magnifiquement interprétés, le chanteur balance quelques blagues dans un accent écossais à couper au couteau ne me laissant saisir qu’un vague sens général là où l’assemblée rit de bon cœur. Il est déjà tard et nous devons partir avec regrets. Le lendemain c’est le retour vers Edinbourg, l’aéroport, puis Lyon ; Mais cette dernière soirée aura, comme l’ensemble de cette merveilleuse semaine écossaise, répondu à toutes nos attentes.

 

 

n