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Retour en arrière dans la discographie de Dead Can Dance avec leur second album, coincé entre un premier album fortement apprécié à sa réécoute et un Within the Realm of a Dying Sun que je considère toujours comme mon favori (même si ça commence à faire un bail que j’ai plus posé une oreille dessus). Bizarre donc de voir ce Spleen and Ideal boudé à l’époque (une petite moitié enregistrée) et guère plus apprécié aujourd’hui, bien que 4 titres soient une part un peu maigre pour en juger réellement. Mis à part « Circumradiant Dawn », évoquant une cantatrice égarée dans un film de Sergio Leone, on retrouve cette ambiance gothique rythmée de Timpani et de sons electro un peu datés. L’association du chant toujours impressionnant de Lisa Gerrard et de sons post punk plus marqués font d’ « Avatar » le meilleur titre du lot, laissant entrevoir l’embryon de ce qui sera bien plus tard appelé Trip-Hop.

 

 

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A la vue du programme annoncé sur la cassette, l’œil du chroniqueur ne peut retenir une larmichette de dépit. Des années à construire une crédibilité rock à peine entamée par quelques révélations  vaguement honteuses vite mises sur le coup d’erreurs de jeunesse ou de bienveillance paternelle, pour en arriver là : en 1999, l’amateur déjà éclairé que j’étais, et après quelques-unes des meilleures années du rock indépendant,  empruntais à l’ami Martin (toujours lui, évidemment), le fraichement sorti Tournée 98 En Passant de Jean-Jacques Goldman. Remarquez que je n’assumais pas totalement l’affaire, reléguant la (copieuse) liste des chansons retenues en dos de jaquette. A l’époque, j’étais tranquillement en train de me changer en snob, et il ne s’agissait pas de montrer haut et fort mon attachement pour un artiste aussi… populaire. Certes, notre JJG national squattait toutes les radios, si ce n’est sous son nom, sous celui d’une armada d’artistes lui ayant commandé des chansons reconnaissables entre mille et synonymes de banco assuré : de quoi recueillir la rancœur d’auditeurs exigeants, souhaitant avant tout se distinguer de la masse. Cela suffisait il à en faire un personnage détestable ? Ce n’est pas mon avis, préférant son côté consensuel aux postures hypocrites d’artistes indépendants pour la frime, ou rebelles devant les caméras.  On remarquera que Goldman se tait depuis presque 20 ans là où il pourrait se faire une montagne de fric en claquant des doigts devant un micro ou en rabâchant indéfiniment ses vieux tubes sur scène, et pas grand monde ne peut en dire autant. Quant à le défendre musicalement, la tâche est plus complexe. 

Je pourrais vous faire le coup de la mise en avant de la guitare acoustique, et de certains arpèges irrésistibles, de ceux qu’on entend sur « Quand tu Danses », chanson assez irréprochable selon moi. Ou sur « Ne lui dit pas » morceau de grande classe n’étant même pas gâchée par des solos de flutiau et sa trop longue conclusion. Sauf qu’en réalité, la variétoche n’est jamais loin avec Jean-Jacques, qui en fait toujours trop, sur les morceaux les plus calmes (et que je rajoute un violon solo sur « Natacha », et des arrangements bien moches sur « Elle attend »), comme les plus énergiques (le saxo criminel sur la version musclée de « Au bout de mes rêves »). Goldman ne se fout pas de la gueule de son public, il aurait même tendance à faire dans l’auto dérision, enchainant les versions caricaturales de reggae, hard rock, rap, tango et rockabily d’un « Pas toi » ainsi dénaturé. C’est comme ça, j’ai toujours eu du respect pour les vedettes ne se prenant pas trop au sérieux. Celles capables de sortir du grenier un vieux tube de leur premier disque, passablement ringard, juste pour les fans (1). Et puis je suis un cœur d’artichaut, voilà tout. Qui n’a pas pu détester complètement la scie « Là-Bas », même avec un record du monde de « Jean-Michel à vous ! », même avec un abominable solo de saxophone bien long, même avec un final en solo de batterie (snif). Une midinette qui aura poussé le vice jusqu’à enregistrer la plus insupportable ballade que la radio française ait connu, « Pour que tu m’aimes encore », que JJG avait  offerte au diable en personne pour tout amateur de musique qui se respecte (Céliiiiiiiiiiiiiine Dion, of course). Ici présentée en version guitare acoustique/voix et adressée avec gourmandise au public, qui entre évidemment dans le jeu, elle me semble tout à fait écoutable. En 1999, il m’avait pris l’envie de faire une bonne blague à mon moi de 2018. Etait-ce un bien, un mal ? C’est ainsi….

 

(1)    « Le Rapt », qui aurait certainement valu à son auteur une avalanche de polémiques si elle était sortie aujourd’hui. Pas sûr que le gendre idéal eut été mieux traité que des artistes actuels cloués au pilori virtuel des réseaux sociaux par des censeurs 2.0 moutonniers qui n’ont jamais ouvert un bouquin de leur vie. 

 

 

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Lassé de rechercher en vain un morceau à la hauteur de « Hyperballad » dans la discographie de Bjork, j’empruntais Telegram, une compilation de remixes sorti juste après Post. J’ai essayé régulièrement de reprendre « Hyperballad » en version acoustique guitare / voix, mais il est beaucoup trop dur à chanter. Sur Telegram le chant n’est évidemment pas pris en défaut, mais la version quatuor à cordes est assez crispante : peut-être que ce titre fait partie des morceaux si parfaits qu’une réinterprétation ne peut que le desservir ? Le reste des remixes que j’avais retenu ne présente aucun intérêt.