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Après avoir emprunté toute la discographie de Lisa Germano, je trouvais enfin son premier album, On the Way down from the Moon Palace (assez rare, je n’ai d’ailleurs pu l’acheter que récemment) que je m’empressais d’enregistrer intégralement.  La pochette montre une jeune fille (Lisa?), danseuse ou princesse, mais dont le regard sombre indique bien que le conte de fée n’est pas au rendez-vous.  S’ouvrant par une délicate mélodie évoquant une boite à musique, l’album expose rapidement toute la fragilité de la songwritter américaine, notamment par un chant sur le fil, constamment sur le point de se briser. On trouve déjà en germe tout ce qui fera le style de Lisa Germano par la suite, l’omniprésence d’un violon countrysant (certes parfois un peu irritant) mais surtout la mélancolie sourde émanant de ses petites chansons et l’émotion vive ressentie à l’écoute d’un piano minimaliste et de textes désespérés. Il y est déjà question de harceleur (« Riding my Bike »), thématique qui imprégnera une bonne part des disques de Lisa Germano, en particulier son chef d’œuvre Geek the Girl. Très caractéristique d’un premier album, pas tout à fait abouti mais base solide sur laquelle Lisa Germano construira la suite d’une discographie longtemps enthousiasmante,  On the Way down from the Moon Palace réserve son meilleur pour la fin, après l’un de ses rares coup de colère (« Dig My Own Grave », guitare saturée et chant plus hargneux). Le triptyque de tristes chansons folk « Cry Baby », « Bye Bye Little Doggie » et « the Other One » laissent facilement entrevoir les merveilles à venir.

 

 

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J’avais découvert Elysian Fields sur un journal musical, et l’article avait suffisamment excité ma curiosité pour que j’emprunte leur album à la médiathèque. Peut-être qu’il n’y avait pas eu que ma curiosité d’excitée d’ailleurs, et qu’une photo de Jennifer Charles avait aussi orienté mon choix. Quoi qu’il en soit, je ne fus pas déçu par ce flamboyant Bleed your Cedar, bien au contraire. A commencer par le meilleur titre d’ Elysian Fields (à tout jamais), un « Fountains on Fire » où l’auditeur est happé par la voix chaude de la chanteuse et l’ambiance feutrée du morceau, le piano ajoutant la touche de mystère et les refrains où la voix s’envole l’intensité attendue : diablement sexy ! Tout l’album joue sur cet équilibre entre érotisme et rock appuyé, guitares, basse et batterie étant loin de faire de la figuration (« Lady in the Lake »).  Si la formule extrêmement élégante et précise fonctionne quel que soit le registre, teinté de folk oriental (« Off our out »), de jazz (« Anything you like ») ou plus rock (« Sugarplum Arches »), c’est dans l’épure qu’Elysian Fields devient exceptionnel, lorsque seules quelques notes et un voile de mystère servent d’écrin à la voix de Jennifer Charles, langoureuse comme jamais.  Et lorsque sur « Rolling » elle nous susurre  « I wanna bleed your cedar, Until it gives me fever and I'm high », on se dit qu’on tient l’une des déclarations les plus torrides jamais enregistrées. Bien ancrée dans mon cerveau, à moins que ce ne fus plus bas, elle traversa en tout cas les années pour s’imposer à moi lors d’un épisode de jeu inter blog consacré aux disques donnant justement envie de jouer des hanches. Je vous invite à lire l’article ICI : il est court, et il y a des photos… 

 

 

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Tient, finalement j’avais retenu deux autres titre du Spleen & Ideal de Dead Can Dance. Difficile de se mettre dedans après la splendeur qui précède, mais « De Profundis (out of the Depths of Sorrow) » fonctionne assez bien, dans un registre finalement pas si éloigné, quoique plus grandiloquent. Sur deux sombres accords et un fond de chant monacal, la voix de Lisa Gerrard s’élève, pure, et fait des merveilles. Austère, mais beau….