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Suite de ce Kettle Whistle en unique représentant sur ce blog de Jane’s Addiction, ce qui reste assez bizarre. Sans doute qu’attaquer une discographie par une compilation faite pour les fans regroupant titres live, demos et outtakes n’était pas la meilleure manière d’accrocher au groupe, quand bien même les chansons retenues m’ont bien plu à la réécoute. Le contraire eut été étonnant, tant Jane’s Addiction se situe à la croisée des groupes alternatifs des 90’s qui avaient ma préférence, sorte de chainon manquant entre les Red Hot Chili Peppers (Flea officie d’ailleurs à la basse sur les titres les plus groovy), Pearl Jam et surtout les Smashing Pumpkins période Gish, avec ces accents psychédéliques et ces longs instrus émaillés de solo de guitare metal sur un lit de basse bien solide. On retrouve toutes les saveurs du genre sur cet album hétéroclite, longues impros sur scène, titre acoustique ou rock bordélique, avec cette marque de fabrique qu’est le chant perché et bourré d’echos de Perry Farrell. Intéressant, mais sans doute trop tard pour que je m’y mette sérieusement….

 

 

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Bon je vous l’ai peut-être racontée celle-là, je sais plus…. Bref, toujours est-il qu’en 1994 j’intégrais pour mon plus grand bonheur un groupe de TD de 15 bonhommes en Deug MIAS à la Fac Saint-Charles, une immersion dans la vie réelle qui me ferait le plus grand bien après 7 ans de Lycée Privée Catho, malgré quelques baffes dues à mon extrême naïveté. Parmi mes nouveaux collègues se trouvait deux rebelles (du moins l’étaient-ils à mes yeux) aux cheveux longs arborant vestes en jean floqués d’écussons de groupe de hard rock et puant du bec comme seuls les fumeurs amateurs de café peuvent le faire. L’un était fan de Pink Floyd et l’autre s’appelait Jean-Charles, ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille sur leur rebellitude, mais ils avaient fondé un groupe (avec un nom tout naze qui se croit malin du genre Sharon Stones Pussy) et j’étais fort impressionnable à l’époque. Les deux acolytes se foutaient de ma gueule car j’étais alors en plein dans ma période Guns N’Roses, des gros ringards uniquement capables de faire des reprises selon eux, pas comme leurs bien aimés Metallica, les vrais Hardos de la mort qui tue. Il est vrai que les Guns venaient de sortir « the Spaghetti Incident ? », chant du cygne éraillé composé de 12 reprises, là où Metallica était encore au sommet, surfant sur une incroyable série d’albums multi-platinés dont leur dernier opus, le Black Album, avait conquis la planète en ne subissant que quelques dommages collatéraux du côté des vieux fans de trash allergiques à la prod grand public. Dommage que ma culture défaillante ne me permit de leur cracher au pif que Metallica (comme la plupart des groupes d’ailleurs) avaient commencé par jouer des setlist de reprises dans des bars en faisant croire à des compos, 5 d’entre elles finissant  par être  publiées sur l’EP Garage Days Re-Revisited. Qu’importe, Jean-Charles perdit toute crédibilité après avoir offert le jour de la Saint Valentin une rose devant tous l’amphi à une jeune fille bien propre sur elle et con comme un balai (à mon avis il s’est rapidement acheté une nouvelle coupe de cheveu et une hygiène dentaire). Quant à Metallica, de Load en Reload, ils finirent eux aussi par faire comme tous les groupes en crise : sortir un album de reprises.

 

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 l'autodérision c'est très bien, mais parfois ca rattrape pas tout quand même...

 

La crise devait être quand même sacrément sévère,  car « the Spaghetti Incident ? » est un véritable chef d’œuvre comparé à ce Garage Inc. composé d’un disque de nouvelles reprises et d’un autre ratissant toutes celles enregistrées depuis 1987. Sur la partie 1998, si l’on retire les reprises inutiles, les trucs lourdingues (nombreux) et les chansons carrément ratées, ne subsiste que le « Tuesday’s Gone » acoustique, et l’on ne s’étonnera pas que ce soit justement le titre qui soit le plus éloigné du son de Metallica (on dirait d’ailleurs un bœuf de James Hetfield qui s’éclate avec plein de potes). Les punks du deuxième disque leur vont beaucoup mieux, même s’il est dur d’entendre les excellents « Last Caress », « Stone Cold Crazy » et surtout « So What » à un tempo bien inférieur à ce que les bootlegs live de nos four horsemen nous avaient habitué. Reste la redécouverte d’un « Killing Time » aussi énergique que bon pour nous éviter in extremis d’avoir complètement perdu notre temps…