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Ils avaient tout donné lors de leur dernière Charge, un Load déjà ralenti mais encore bien fourni en bons morceaux, comme la cassette 028 nous l’avait rappelé il y a fort longtemps. C’est des Metallica au bout d’un rouleau autrefois compresseur qui tentent de tirer un deuxième coup d’affilé, oubliant que l’âge empêche souvent ce genre de prouesses. Si l’expérience permet quelques brefs éclats, comme ce « Fuel » introductif assez efficace, elle masque mal un manque d’inspiration tellement criant qu’il est même avoué en single (« the Unforgiven II »). Les producteurs ont beau brainstormer comme des malades pour savoir que faire de ce Reload,  les quelques effets de chant ou habillages sonores ne peuvent rien contre le coté poussif de ces longues compos bluesy et ramollies (l’ironiquement nommé « Where the Wild Things are » ressemble à du mauvais Silverchair). La meilleure trouvaille de cet album des ex gloires du thrash (1) metal ? Une mélodie de vielle à roue ! (« Low Man’s Lyric »).  Pas étonnant que Reload soit le point de départ d’une crise qui failli être fatale au groupe, crise retranscrite sur l’excellent documentaire Some Kind of Monster et qui prendra fin lors de la sortie 6 ans plus tard de St. Anger avec un nouveau bassiste. Mais ce sera sans moi, ayant définitivement abandonné le quatuor à l’aube des années 2000.

 

(1)    Avec deux h bordel de merde !! (merci Maitre CapellNfurter)

 

 

 

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PJ Harvey, je l’avais rencontrée sur To Bring You My Love. Allongée dans l’eau, mais maquillée. Un peu chiqué ? La Sirène ne m’avait pas convaincu, je l’avais loupée. Et puis elle avait les yeux fermés. Là, c’est Dry. Elle te regarde, presque tendrement, un joli sourire sur les lèvres. On hésite. Si on s’approche, on voit cette bouche, en gros plan sur la pochette. Va-t-elle embrasser, va-t-elle mordre ? Cette voix grave qui s’envole en cris, maîtrise ou hystérie ? C’est les tripes. J’ai enregistré tout l’album sur cette cassette, mais je n’ai jamais acheté le CD. Brut. Un trio bien rêche, rock, ou grunge, même quand il groove il est sec comme un coup de trique. Elle supplie, elle prie parfois, mais si tu t’approches au détour d’un refrain tout peut t’exploser à la gueule. Les Pixies n’étaient pas sexy, c’était plus facile. Là tu hésites. Les robes comme le désir, chaines ou arme ? Tu étais tenté par la caresse des plantes aquatiques, et soudain tout se dérègle, ça crisse. Tout le monde voudra être Billy, mais qui veut être Joe ? Trop tard, tu as de l’eau jusqu’aux chevilles, tu as de l’eau jusqu’aux genoux. Elle va te bouffer le cœur, et le reste. Tu vois, les os. Secs.