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Voilà un long moment que je n’avais plus parlé des L7, et j’étais fort curieux de réécouter the Beauty Process : Triple Platinum. Après deux indispensables disques (Smell the Magic et Bricks are Heavy) et un Hungry for Stink plus inégal mais farci de tubes en acier trempé, j’avais souvenir que les filles les plus terribles de l’Ouest Américain avaient sorti en 1997 un chef d’œuvre un peu méconnu. En réalité, s’il est vrai que c’est le seul de leurs albums que j’avais enregistré en entier, j’ai été un peu déçu à la réécoute. Certes quasiment rien n’est mauvais, mais il y a assez peu de chansons vraiment marquantes, sorti d’un « Drama » ultra puissant et d’un « Bad Things » dont les hurlements et le tempo rapide en font l’unique reflet punk de l’album. Si L7 fait part de ses intentions lors d’un soundcheck particulièrement bruyant (la minute de « the Beauty Process »), elles privilégieront la lourdeur de riffs saturés sur le dynamisme jusqu’à se vautrer dans un metal un peu poussif (« Me, Myself & I »). the Beauty Process : Triple Platinum parvient la plupart du temps à maintenir l’accroche, par des textes directs (explicite « I Need » ou désolé « Non-Existent Patricia ») ou des passages transpirant la rage pure (« Must have More »), mais souffre finalement d’une ambiance générale plus plombante qu’agressive, comme si les combattantes sentaient la guerre perdue. Le départ de l’historique bassiste Jennifer Finch aurait-il démoralisé quelque peu ses deux copines guitaristes Donita Sparks et Suzi Gardner ? Toujours est-il qu’après une ultime accélération et un final destroy sur « Lorenza, Giada, Alessandra », les flamboyantes L7 quitteront cette rubrique sans même revenir avec leur ultime album Slap-Happy sorti en 1999, que je crois n’avoir jamais écouté. Pas sûr qu’il soit judicieux que je répare aujourd’hui cette omission…

 

 

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Avant toute chose, ne nous méprenons pas : si je n’ai enregistré ce Closer qu’en partie, c’est parce que je possédais déjà la compilation Permanent, aussi ne figurent sur cette cassette que les titres absents de ladite compilation, soit donc les moins « efficaces ». On ne peut pas vraiment dire les moins connus, tant l’album est culte, mais cela fait bizarre de l’écouter sans ses « Isolation », « Heart and Soul » et autres « Twenty-Four Hours ». Les trois premiers extraits enregistrés sont fidèles à l’esprit Post Punk inventé par Joy Division, une rythmique martiale et ultra répétitive sur laquelle une guitare saturé aléatoire vient doser la tension, le chant ténébreux et maintes fois imité de Ian Curtis complètant la froideur de l’ensemble (cf le célèbre et désespéré « I put my trust in you » sur « A Means to an End »). Des titres déjà suffisants pour entrevoir tout l’apport d’un album pillé par des générations de groupes, notamment ce riff de basse de « Colony » qui a fait le bonheur de certains piliers du rock alternatif 90’s. Viennent ensuite les deux morceaux suivants, intéressants aussi même si j’en suis beaucoup moins fan, et qu’ils sont sans doute en partie responsables de ma préférence pour le Unknown Pleasures.  Ralentissant le tempo et troquant la guitare contre piano ou claviers, « the Eternal »  prend un autre relief lorsqu’on vient d’écouter le Let Love In de Nick Cave, tandis que le « Decades » final, dont les paroles citées dans ma Bd fétiche the Crow de James O’Barr furent mon premier contact avec Joy Division, préfigurent tout le mouvement gothique. Deux titres qui prouvent bien que la justesse n’est pas forcément une qualité indispensable à un grand chanteur de rock. J’avais dit Culte ? Je rajoute Séminal, comme ça les gros mots sont lâchés…

 

 

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En 1980, la même année que le Closer pré-chroniqué, sort le fantastique Black Album des Damned qui les voit s’éloigner de leur Punk originel pour un Ovni musical précurseur lui aussi du gothique (même si ce sera le Phantasmagoria de 1985 qui s’inscrira pleinement dans le style). Pourtant en concert, si on en juge ce Ballroom Blitz enregistré en 1981, les Damned ont préféré continuer dans le punk quasi brut de décoffrage, se concentrant sur le Damned Damned Damned (dont est extrait l’excellente piste de décollage « Fall ») et le Machine Gun Etiquette. Et pour enfoncer le clou, ils rendent hommage aux parrains du mouvement, à savoir le MC5 et les Stooges, avec deux reprises flamboyantes enchainées, « Looking at You » et « I Feel Alright », qu’ils expédient avec une vélocité hallucinante (la paire rythmique Paul Gray / Rat Scabies évoquant rien moins que celle, géniale, des Who),  en les prolongeant toutefois chacune d’une pause barrée, prétexte à faire durer le plaisir et à s’offrir une nouvelle explosion en final. Doté d’un son respectable (surtout en comparaison de pléthores autres live semi officiels du groupe enregistrés à l’époque) et figurant ce qui est sans doute le meilleur line up que connu les Damned, le Ballroom Blitz pourrait bien être le live du groupe à conseiller. On en jugera cassette suivante avec quatre autres extraits retenus.