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Retrouvailles avec le Ballroom Blitz pour de nouveaux extraits qu’on espère aussi dingues que ceux de la cassette précédente. Celle-ci commence avec « Dr Jeckyll & Mr Hyde », seul extrait du Black Album qui sonne du coup un peu décalé dans la setlist, même si l’on remarque à nouveau l’énorme travail du bassiste Paul Gray. L’enchainement de trois tubes joués à un tempo si démentiel que les Damned frôlent la sortie de route à plusieurs reprises remet les choses au point. Le groupe se refuse malgré tout à rester dans les clous du punk, Rat Scabies s’autorisant un beau solo de batterie liant « Neat Neat Neat » et « New Rose ». On a beaucoup pensé aux Who en écoutant ce live, le voici qui se conclue avec le classique « Shakin’ all over » autrefois sublimé par la bande à Townshend. Ici c’est une version bordélique à souhait, agrémentée de parties à moitié improvisées et pas forcément maitrisées, qui viennent confirmer que les Damned sont bien l’un des groupes les plus cinglés que l’Angleterre ait produit. Je prévois en tout cas que le Ballroom Blitz vienne rejoindre prochainement ma collection déjà copieuse de concerts de Vanian and co.

 

 

 

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Je ne sais plus du tout comment j’ai entendu parler du Gong. En revanche, ce Live Etc. me renvoie systématiquement à une scène précise : de retour pour le week end chez mes parents dans ma bonne vielle chambre au papier peint 70’s déchiré, je joue à Zelda sur Game Boy en écoutant ce disque. Si l’association est irrémédiablement gravée dans ma tête, c’est certainement que le hasard avait bien fait les choses, la musique de Gong étant tout à fait dans l’esprit de l’univers de Zelda, peuplée de gnomes, de théières volantes, de titres de chansons fleurant l’aventure (« Outer Temple », « Zero the Hero & the Witch’s Spell »), de flutes étranges et de voix psychédéliques bourrées d’échos. Tout ceci est bien mystérieux, à commencer par le groupe lui-même. Gong est fondé par un couple d’Australiens (Gilli Smyth et Daevid Allen, au look de lutin facétieux)  mais en France, dans ce qui semble être une communauté soixante-huitarde. Comment cette poignée de folkeux fumeurs de joints auteurs d’un Magick Brother rocambolesque devinrent ils les redoutables cadors développant un rock prog virtuose à forte dose jazzy sur ce Live etc. regroupant les meilleurs extraits de leur mythique Camembert Electrique et de la non moins fabuleuse trilogie Flying Teapot / Angel’s Egg / You, il doit bien y avoir quelque chose de magique là dessous… 

Toujours est-il que Gong, par son humour, son univers empli de second degré, et le charisme de son leader, réussi à m’embarquer  pour un voyage dans des contrées où je ne m’aventure d’habitude guère : rock psychédélique évoquant les débuts de Pink Floyd, jazz aux rythmes bizarroïdes et changeants (excellent Pierre Moerlen à la batterie nous gratifiant d’un court solo sur le redoutable « Flying Teapot ») , expérimentations hallucinées mêlant poèmes et hurlements fantomatiques, sans compter des passages répétitifs évoquant un Krautrock plus raccord avec mes gouts de l’époque. Pire, me voici emballé par un groupe dont l’un des éléments principaux est le Saxophone, émaillant de solos déjantés la plupart des titres ici présentés. Qu’on ne me taxe plus de Saxophobe, tant j’estime au plus haut point Didier Malherbe, alias Bloomdido Bad de Grass, spécialiste des instruments à vent (notamment le doudouk, un machin arménien). Bref, assez emballé par la bouillonnante imagination, le dynamisme et la bonne humeur dégagée par le Gong, j’essaierai de pourchasser la troupe mouvante dans les recoins des médiathèques, en évitant de me perdre dans la myriade de sous-groupes issue de ce line up principal (une habitude chez les progeux, dirait-on…). On retrouvera donc à de nombreuses reprises le fabuleux Gong et ses musiciens savants dans cette rubrique, principalement pour leur début de carrière, sans doute le plus intéressant tant chacun ira ensuite se perdre dans des expérimentations un peu trop obscures pour un rocker basique comme moi.

 

 

 

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In-A-Gadda-Da-Vida, ça sent le mec qui avait acheté  le hors-série Rock N Folk « les 200 albums de rock qu’il faut absolument avoir écouté dans sa vie sinon t’es qu’un nul qui n’y connait rien ». De Iron Butterfly la plupart des gens ne connaissent qu’un riff, et c’est bien normal. Sur les trois titres retenus (la deuxième moitié de l’album), les deux premiers présentent un groupe très technique  balançant un rock bien de son époque pas mal foutu mais sans trop d’intérêt, mis à part une voix qui a un petit côté David Bowie (alors que le génial Londonien n’avait sorti  en 1968 que son premier dispensable et ignoré album). Quant au mythique « In-A-Gadda-Da-Vida », c’est évidemment un très bon morceau mis à part qu’il dure au minimum deux fois trop longtemps, s’étalant sur 17 minutes en branlette psyche et autres interminables soli (1). J’imagine cependant que c’est aussi ce qui a fait sa renommée… 

(1)    incroyable hasard d’ailleurs, les trois albums présents sur cette cassette ont chacun leur solo de batterie.