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En parallèle de mes nombreuses découvertes musicales, j’avais commencé à m’intéresser au cinéma, et j’ai vu pas mal de films assez connus au ciné pendant une petite décennie (globalement entre 1995 et 2005, avec même une petite période vers 2002 / 2003 où j’ai vu des trucs plus pointus). Mon premier contact avec les Frères Coen, qui devaient rapidement devenir mes réalisateurs préférés après Tim Burton, fut le film Fargo que j’adorais et qui consacra aussi Steve Buscemi comme mon acteur fétiche (après Benoit Poelvoorde, certes). Je n’allais donc pas manquer deux ans après the Big Lebowski qui réunissait à nouveaux Coen’s et Buscemi, et j’ai bien évidemment fait immédiatement partie de la cohorte de spectateurs portant aux nues les absurdes pérégrinations de the Dude et ses potes de Bowling. Qu’importe que l’histoire comporta quelques longueurs, j’étais bien trop content de pouvoir enfin balancer avec les copains des répliques cultes en connaissance de cause, je n’allais pas me la jouer pisse-vinaigre sur ce coup là. D’autant qu’une ribambelle de scènes fabuleuses et, surtout, d’inoubliables personnages, légitimaient parfaitement l’aura de the Big Lebowski dans le panthéon des films des 90’s.

 

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La BO n’est pas en reste et complète à merveille la réussite de the Big Lebowski. Tout d’abord, elle illustre parfaitement les ambiances des différentes parties du film, avec ce côté savoureusement décalé qui fait que même une reprise d’ « Hotel California » par les Gipsy Kings passe crème. Les trois premiers titres présentent le Dude dans une ambiance baba cool j’m’en foutiste, avec en introduction « the Man in Me », ses la-la-la et ses chœurs nonchalants surprenants chez Bob Dylan (je le connaissais plus sérieux, mais je le connais de toutes manières très mal). Les titres suivants font basculer la BO dans un registre  plus inquiétant, la voix fantomatique d’Yma Sumac survolant des tambours et harpes répétitives dégénérant en poursuite hallucinée. « Traffic Room » et « Stamping Ground » installent durablement la tension, cuivres et cordes venant là encore par des répétitions entêtantes évoquer les ennuis rencontrés par le branquignole Dude et son tapis souillé. Le summum de l’originalité est à attribuer à Meredith Monk et la bien nommée « Walking Song » qui réussit à rendre musicalement l’impression d’une marche essoufflée par tout un jeu de halètements en rythme entrecoupé de pauses de plus en plus fréquentes. Une chanson marquante qui me revient régulièrement en mémoire quand j’ai le souffle court.

 

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En ce qui me concerne, l’album va plus loin en mettant en valeur une palette variée d’artistes cultes sur lesquels je n’ai pas forcément eu encore le temps de me pencher. Townes Van Zandt, artiste apparemment pillé par pas mal de folkeux modernes que j’acclame régulièrement sur ce blog, clôture l’album avec une redoutable version country blues du standard « Dead Flowers » des Stones, avec une double voix à la fois goguenarde et splendide. « Stamping Ground », mélange de musique traditionnelle et d’orchestre symphonique, fait une très belle porte d’entrée pour découvrir ce fameux Moondog dont on parle tant en ce moment. Et puis il y a ce « Her Eyes are a blue Million Miles » beau à tomber à la renverse, ce que je fis deux fois : comment, du blues aussi mélodique ? Quoi, le Captain Beefheart ?? Il faut dire qu’après avoir tenté le Trout Mask Replica, j’avais juré qu’on ne m’y prendrait plus. Telle est la puissance du Dude, qui aura réussi à réhabiliter le Don après 15 ans d’incompréhension. Clear Spot, à écouter d’urgence, donc. Et cette BO à acheter illico.

 

 

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Toujours en quête d’explorer la discographie de Dead Can Dance, j’avais dû emprunter A Passage in Time sans me douter que c’était une compilation, ce qui mettra par la suite un peu le bordel dans mes enregistrement, puisque je voulais éviter d’avoir la même chanson sur plusieurs cassettes. La compilation était déjà bizarrement déséquilibrée à la base, ignorant le premier album jugé sans doute trop à part (et évidemment le dernier pas encore sorti) et consacrant deux tiers de ses pistes à Aion et the Serpent’s Egg. On y perd donc un peu de l’éclectisme incroyable du duo, la partie gothique étant sur représentée, mais le très bon titre du disque n’est quand même pas usurpé. C’est bien à un voyage au travers des époques que nous convie Dead Can Dance, entre percussions pastorales, folk médiéval, chant gregorien et rythmes ancestraux. Un aperçu rapide du talent de ce groupe décidément unique.

 

 

 

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Grand écart avec ce qui précède, puisqu’on a le plaisir de retrouver pour un court moment Hole, pour un EP réservé aux fans assez marquant, notamment pour sa pochette qui se passe de commentaires. Débutant par la reprise d’un morceau punk hyper efficace (« Over the Edge »), Ask for It enchaine des morceaux live où Courtney Love, comme de coutume, dégueule sa hargne sur des interprétations où la sincérité compense très largement les approximations musicales (grunge, baby !), que ce soit sur la très lunatique reprise de Lou Reed « Pale Blue Eyes » ou leur grand classique « Violet ». Evidemment, cela ne marche pas à tous les coups, et l’on oubliera un dernier titre vraiment trop bordélique.

 

 

 

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Ah, les voilà ces fameux deux titres égarés du Aladdin Sane de David Bowie présenté cassette précédente. Forcément, les mots manquent, il ne reste plus qu’à écouter…