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Si Frank Black continue avec le même trio de redoutables musiciens pour son 4eme album post Pixies, il le baptise enfin : c’est donc sous le nom de Frank Black and the Catholics que sort le successeur de the Cult of Ray. A l’époque ce disque m’avait bien déçu, il faut dire qu’il arrivait après trois fameux albums. Mais même avec le recul Frank Black and the Catholics est plutôt moyen, à l’inverse de son successeur Pistolero bien réévalué (voir épisode 080). J’avais peiné à en enregistrer la moitié, et encore s’agissait-il de la version augmentée de titres bonus, dont l’interminable reprise de Bob Dylan « Changing of the Guards » (j’eus mieux fait de retenir celle de Larry Norman, l’amusant « Six Sixty-Six »).

Le plus frustrant, c’est que l’album contient quelques pépites : la superbe ballade « Dog Gone » dans un registre posé inhabituel alors, mettant en valeur la voix de Black, chaleureuse quand il le veut bien. « I Need Peace », chanson plus complexe et bourrin avec encore un riff du tonnerre. « the Man who was too Loud », titre bluesy sympa ayant un petit côté Eels. Et ma préférée, « Solid Gold », un rock appuyé simple et efficace au sujet d’un divorce pas très bien digéré (1). Bref, si l’âge d’or semble terminé, il convient encore de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain et d’écouter scrupuleusement les nombreuses sorties de Frank Black. Ce que je ferais sans faute jusqu’en 2006.  

(1)    Pas le seul titre sur ce thème, madame étant partie avec une bonne part des économies de l’ex leader des Pixies qui, las de ne pas vendre les disques où il s’en plaint, reformera son groupe pour quelques tournées afin de se refaire le portefeuille.

 

 

 

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Tiens, un revenant ! La dernière fois que nous avions parlé de W.A.S.P, c’était en cassette 017 pour un Still not Black Enough qui ne nous avait pas vraiment emballé. Depuis, la présence de mes vieux groupes de hard d’adolescence s’est faite de plus en plus rare au fil des épisodes de la Tape Story jusqu’à disparaitre quasi totalement au profit de groupes plus sérieux et plus modernes (à l’époque, hein…). On a par exemple évoqué cassette précédente le premier disque de Marilyn Manson, sorti en 1994 : voilà typiquement le genre de groupe qui fascinait alors les gamins, autant dire que ce n’était pas gagné pour un Blackie Lawless assez ringardisé. Ne s’avouant pas vaincu, et fort d’un blason redoré par son Crimson Idol, Blackie tente donc en 1997 d’habiller son hard rock démonstratif d’oripeaux indus, jusque dans la pochette de l’album K.F.D. (pour Kill Fuck Die) sur lequel il rappelle à la guitare son vieux pote Chris Holmes. Les trois premiers titres retenus, sans être détestables (pour qui supporte la voix de Lawless évidemment, à mi-chemin entre le chat souffreteux et la corneille sénile), restent sur une route bien connue, parsemée de roulements de batterie dans tous les sens et de branlages de manche à l’ancienne. Les trois morceaux suivants sont plus longs et plus intéressants. W.A.S.P travaille une ambiance, le chant et les sons de guitare s’ornant de modulations vaguement orientales. « Kill your Pretty Face » nous plonge dans un sombre asile dans lequel on aurait interné un pastiche de Jim Morrison,  tandis que « the Horror » mélange allègrement le Alice Cooper band, Nine Inch Nails et … le Crimson Idol de W.A.S.P. Malgré l’auto citation, ce long développement est assez bien foutu et plutôt impressionnant. Il était cependant bien temps de passer à autre chose, et K.F.D. sera le dernier album de W.A.S.P sur lequel je poserai une oreille. Blackie Lawless n’a depuis jamais cessé d’enregistrer des disques (concepts albums ou propos plus politiques) ni de tourner. Ce qui me permettra de le voir en 2017 au Transbordeur. Comme quoi…. 

 

 

 

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Lors de sa sortie, Earthling cumulait deux handicaps pour moi : il faisait suite à Outside, disque renversant que j’avais inscrit immédiatement dans les hautes sphères de mon panthéon personnel. Et le toujours changeant David Bowie avait décidé d’insuffler à son nouvel album une forte teneur en techno, pas vraiment mon truc. De fait, j’avais été assez déçu en le découvrant, enregistrant tout de même un honorable 2/3  d’album sur cette cassette. En réalité Earthling était juste plus difficile d’accès que son prédécesseur (et que les autres albums de Bowie que je connaissais), et il devint au fil des écoutes l’un de mes favoris. Dans ce magma complexe de rythmes technoïdes et de guitares robotiques jaillissant derrière des nébuleuses de claviers, on entend souvent des refrains exploser en guitares bien rock remettant les choses au clair, avant la prochaine déstructuration. Surtout, Bowie en génie pop n’a pas oublié de bâtir ces longues et intimidantes chansons autour de mélodies qu’on finit par attraper sans possibilité de retour. A ce petit jeu, « Looking for Satellites » et surtout le tube « I’m Afraid of Americans » sortent vainqueurs, mais c’est bien Earthling dans son ensemble qu’il faut louer comme un nouveau joyau, aussi bizarre que fascinant, dans la discographie de l’éternel Thin White Duke.

 

(je n'avais jamais vu ce clip génial, avec un célèbre featuring...) 

 

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Retour sur le Hunkpapa des Throwing Muses, dont on se demandait cassette précédente si les 4 premiers titres relèveraient l’ensemble du marasme absolu. La réponse est évidemment non, l’enchainement avec la production impeccable et moderne de Earthling faisant d’autant plus mal. S’il y a souvent quelques arpèges bien trouvés chez Kristin Hersh, les compositions sont toujours aussi imbitables, « Dizzy » étant ce qui se rapproche le plus d’une chanson, ce qui n’est pas peu dire. Sans compter cette basse scolaire et à moitié funk que je n’avais pas notée au dernier épisode. Mon Dieu que cette période du groupe a mal vieillit ! Quand je pense qu’un autre album datant de la même année m’attend d’ici peu…