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En 1998, il y a eu un gros buzz sur l’album TNT. Sans doute le nom de Tortoise avait-il déjà percé parmi les amateurs éclairés de la musique indépendante avec le précédent, Millions Now Living Will Never Die, mais ce troisième album a eu un succès incroyable (dans les deux sens du terme) eut égard à la musique proposée. Je me rappelle que des connaissances qui n’écoutait en général que les tubes passant à la radio (ce qui à l’époque n’était pas forcément synonyme de daube d’ailleurs) s’étaient entichés de ce disque. Je n’avais pas très bien compris pourquoi, et TNT m’avait laissé assez indifférent (une grosse moitié simplement de l’album retenu). Certes le mélange de rock jazzy, d’electro et d’ambient n’était pas vraiment dans mes gouts d’alors, mais la réécoute aujourd’hui ne m’a guère convaincu. On retrouve quelques passerelles avec les expérimentations de David Pajo (1) sur les morceaux les plus intéressants, à savoir le « TNT » d’ouverture dont la batterie rempli un espace agrémenté de quelques arpèges minimaliste et de trompette feutrée, et un « Everglade » de clôture proposant quelques mélodies de basse sympa. Entre les deux, on oscille entre la musique d’ascenseur et la BO 80’s façon Tubullar Bells, fond sonore pas désagréable mais sans vraiment de consistance. Dans mon souvenir, les premiers albums m’avaient plus accroché, en attendant de les retrouver dans des cassettes lointaines, j’aimerai bien savoir ce que les gens qui avaient adoré TNT à sa sortie en pensent aujourd’hui…

 

(1)    Qui avait quitté le groupe juste avant la sortie de TNT 

 

 

 

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Les vieux lecteurs attentifs de ce blog auront remarqué, parmi les multiples récapitulatifs, tops et autres jeux émaillant mes publications, quelques absences de marque parmi les incontournables artistes de ma chère décennie 90’s. L’une des plus criantes, Elliott Smith, est sans doute le songwritter que j’aurais le plus aimé aimer. Cité régulièrement comme l’un des rares génies à avoir émergé après 1980, adoré par l’intégralité de mes potes musiciens, blogueurs, et autres fanatiques du rock exigeant qui composent une bonne partie de mes amis, Elliott Smith ne m’a jamais captivé. Pire, il ne m’a quasiment jamais touché, et je comptais sur l’écoute de Either/Or sur cette cassette pour me convertir. La qualité des chansons n’est pas à démontrer, et leur délicatesse est évidente, on y ressent cependant plus de lassitude qu’une quelconque tristesse, encore moins de tension (à l’exception de mon favori, « Cupid’s Trick », titre s’aventurant sur les terrains douloureux arpentés par Kristin Hersh). Marqué par les Beatles (en particulier « Rose Parade », morceau le plus pop de l’album), la composition n’est pas mise en valeur par un enregistrement très cru, comme s’il avait été fait en catimini. Either/Or était sans doute à l’image de son créateur avant que les projecteurs ne viennent l’éblouir, l’année de sa sortie (1997), grâce à sa participation à la BO de Good Will Hunting. Il en résultera l’année suivante un disque assez différent au succès important, XO, que nous redécouvrirons prochainement, à l’épisode 123.

 

 

 

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Ayant découvert Gong sur le Live etc  (voir épisode 088) et fortement apprécié l’univers comme la musique du groupe, je m’étais mis en quête d’autres albums. Je devais à priori chercher en priorité la trilogie culte Radio Gnome enregistrée en 1973/1974, mais faute de la trouver je m’étais rabattu sur ce Shapeshifter, assez méconnu il me semble. Voyant que j’avais enregistré l’intégralité du disque (l’autre moitié est cassette suivante), j’espérais une belle redécouverte et je n’ai pas été déçu. L’historique de Gong est très complexe, mais pour résumer, le fondateur et leader Daevid Allen a quitté le groupe après You, dernier disque de la fameuse trilogie, laissant aux manettes principalement Pierre Moerlen (nouveau batteur) et Didier Malherbe (saxophoniste historique). Il  sortira des disques en solo ou avec différents groupes avant de se retirer pour différentes expériences ésotériques en Australie, son pays d’origine. Shapeshifter, sorti en 1992, signe son grand retour aux commandes du Gong, toujours avec Didier Malherbe pour toutes sortes d’instruments à vent, ainsi que Pipe Pyle et Keith Bailey (paire rythmique très expérimentée), le violoniste Graham Clark et Shyamal Maitra, maitre en percussions exotiques (notamment les Tablas).

La réussite est flamboyante, Gong enchainant (littéralement) des titres mélangeant avec bonheur sur une base de rock progressif des passages pop, ska, rock, musique traditionnelle voir techno, sur l’étonnant « Dog-o-matic ». Le groupe n’a pas perdu son sens de l’humour, mais préfère l’exprimer au travers de tout un tas de petites pistes, sorte de sketch musicaux  délirants, plutôt que sur des chansons plus longues où le chant, voire les paroles, se font plus sérieux. Quelques titres folk, agrémentées de mélodies de tablas ou violon, viennent joliment compléter le tableau, jusqu’à la magnifique ballade « Loli », dont la délicatesse m’a laissé abasourdi. Vivement la suite !