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Retour sur la deuxième moitié de Shapeshifter, tant apprécié épisode précédent. Et Gong continue sur sa lancée, mélangeant toujours les genres avec bonheur. « Là-bas là-bas » emprunte le rythme des iles pour une dénonciation douce-amère des essais nucléaires Français en Polynésie (avec Charlélie Couture en invité), « Can you : you can » est une longue impro jazz prog enregistrée en public et « White Doves » une nouvelle superbe ballade évoquant Pink Floyd. Au milieu de petits délires répondants aux précédents, Gong propose un enchainement délicieux où percussions et instrument à vent inventent une mélodie aux accents indiens (« Eléphant la Tête ») qui, après une courte pause chantée (« Mother’s Gone »), mute en rock plus intense renforcé par des cuivres  (« Eléphant la Cuisse »). Shapeshifter est une jolie réussite, qui montre qu’humour et virtuosité peuvent aller de concert. Certes, qui d’autre que le Gong aurait pu nous le prouver, mais qu’ils en soient encore capable après plus de 20 ans d’existence et autant de changements de line-up est aussi étonnant que réjouissant !

 

 

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Je ne sais plus comment j’ai découvert Fountains of Wayne, peut-être parce qu’ils ont fait quelques premières parties des Smashing Pumpkins, ou tout simplement parce que leur premier disque avait eu pas mal de presse et que j’étais tombé sur un article alléchant. Toujours est-il que même si j’ai toujours considéré Fountains of Wayne comme un groupe de seconde division, il faut reconnaitre qu’en matière de Power Pop ce premier album est vraiment parfait (ou tout du moins les deux tiers ici enregistrés). On y retrouve tous les ingrédients du style, des chansons bien efficaces au tempo relevé  portées par un chant entrainant, des grosses guitares saturées et des supers parties mélodiques. « Radiation Vibe », « Survival Car » ou l’irrésistible « Sink to the Bottom » n’ont pas pris une ride et sont typiquement le genre de titre qu’on pouvait entendre en bande sonore des films ou séries pour grands ados qui firent fureur à partir des années 90. Mais ma petite favorite, c’est « Leave the Biker », où le chanteur se demande, à l’instar de tous les gars de la bande, pourquoi leur plus jolie copine se tape un gros connard arrogant. Une question que, j’en suis sûr, chacun de mes lecteurs se sera posé un jour de son existence, et à laquelle je n’ai toujours pas de réponse….

 

 

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J’ose l’avouer, the Boatman’s Call a été une déception pour moi. Il faut dire qu’il est sorti un an à peine après l’électrochoc Murder Ballads, sans doute mon album favori de Nick Cave and the Bad Seeds. Certes j’en avais enregistré la majeure partie, mais je ne l’ai jamais racheté en CD par la suite (contrairement à pas mal d’autres), et la réécoute qui m’a gentiment ennuyé ne me décidera pas à le faire. On retrouve donc Nick Cave pour son premier disque intégralement crooner, avec principalement du chant, du piano, la basse magnifique de Martin Casey et parfois un peu de batterie et de guitare feutrées. the Boatman’s Call est un album monochrome, monocorde, enfin bref un truc taillé d’un bloc pour faire pleurer dans les chaumières sur un tempo ralenti. Cela permet de se concentrer sur les textes (évidemment très bons), mais en fait on a surtout envie de picoler en l’écoutant, tant on a l’impression d’un fond sonore de vielle taverne où d’immuables piliers boivent pour oublier un truc qu’ils ont oublié depuis longtemps. On repense évidemment à cette scène de Shrek 2 où les héros ruminent dans leur verre tandis qu’un pirate interprète au piano « People ain’t no good », cette ritournelle imparable qui est donc, vous me connaissez, l’une de mes chansons favorites du Cave. On se doit de citer cet autre grand titre qu’est « Into my Arms », auquel je rajouterai dans une moindre mesure « (are you) the one that i’ve been waiting for ? » parce que j’ai un cœur d’artichaut. Quelques classiques noyés dans un disque qui ronronne un peu trop pour moi, et dont j’ignore s’il fait partie des favoris des fans ou non (il me semble qu’il est assez clivant).