116

 

R-565738-1433000380-2339

 

Come était signé chez Matador, et deux de ses morceaux figuraient sur la fameuse compilation du label sur laquelle je découvrirais tant de merveilleux groupes (What’s up Matador, 1997). Ayant aimé ce que j’avais entendu, j’empruntais leur premier album à la médiathèque, Eleven : Eleven, sorti en 1992, que j’appréciais au point de l’enregistrer en intégralité (il comporte, bien sûr, 11 titres). Il faut dire qu’il avait beaucoup de points communs avec le rock alternatif que j’écoutais à l’époque, un duo de guitares alternant des arpèges saturés et des explosions d’accords impromptues, une batterie très lourde et présente, flirtant avec le post rock, un chant féminin intense évoquant le grunge. Le tempo est relativement lent tout au long d’un disque extrêmement homogène, avec parfois des accélérations soudaines assez rock, style Led Zeppelin. Après tout, la base bien planquée derrière les grosses guitares reste le blues, comme en témoigne la reprise très personnelle du morceau des Stones clôturant l’album. Mais les passages plus rapides sont souvent interrompus rapidement par des coupures noise, une structure hachée qui pourrait évoquer le Math rock des origines, style Shellac. Toutes les compositions sont vraiment bonnes, et la présence et l’intensité du chant de Thaia Zedek achèvent de donner une personnalité forte à Eleven : Eleven, disque qu’on n’oublie pas de sitôt. Seul manquait sans doute quelque respiration, un ou deux morceaux plus accrocheurs, pour que je l’intègre à ma discothèque à l’époque (l’unique  titre s’approchant d’un single, « Bell », est quand même bien noisy). Mais là n’était pas le propos, et l’album conserve sa noirceur et son ambiance oppressante du début à la fin, ce qui pour un album des 90’s (donc assez long) à tendance à un peu étouffer l’auditeur, ou du moins à sévèrement le malmener. Si Eleven : Eleven fut acclamé à sa sortie par la critique et bon nombre de stars de l’éphémère règne grunge, par sûr donc qu’il fut un succès commercial (1). J’en veux pour preuve que ce premier album sera le seul de Come que je trouverais à la médiathèque, et les trois autres, sortis chacun à deux ans d’intervalle, ne figurent donc pas dans ces cassettes. Je trouverais Don’t Ask don’t Tell et Gently Down the Stream bien plus tard dans les bacs à soldes, deux bons disques mais assez loin du niveau d’Eleven : Eleven. Celui-ci, je l’aurais acquis lors de sa réédition en 2013, agrémenté d’un très bon CD live de 1992, qui fait honneur à cet exceptionnel album. 

(1)    mais c’est possible, à l’époque il suffisait que Kurt Cobain annonce qu’il avait aimé un groupe pour que celui-ci vende dans la foulée à tour de bras… 

 

 

R-14652498-1578946959-6533

 

Est-ce parce que j’ai toujours aimé les coffrets CDs ? Ou bien parce que Metallica m’avait mis la puce à l’oreille en reprenant « Tuesday’sGone » ? Quoi qu’il en soit, me voilà empruntant cette copieuse Definitive Lynyrd Skynyrd Collection, 47 titres sur trois CDs, dont j’avais enregistré une grosse moitié.  Sur cette cassette, on a logiquement les débuts du groupe, avec quelques démos qui nous mettent tout de suite dans l’ambiance. Etrangement, c’est d’abord le piano qui s’impose, pour le boogie « Truck Drivin’ Man » ou les blues « Poison Whiskey » et « Things Goin’On », qui nous envoient direct dans un bar poussiéreux de Floride. Mais c’est les riffs de guitare qui consacrent le groupe, celui de « I ain’t the one », titre blues hyper groovy, et évidemment celui du tube « Sweet Home Alabama » qu’on ne présente plus.  Et puisqu’on parle guitare, il faut évidemment évoquer le solo de « Free Bird », extrêmement long et complexe, prolongeant  indéfiniment un titre ainsi devenu blague récurrente à chaque rappel de concert. Si on rajoute la ballade « Tuesday’s Gone », qui reste mon titre favori, il semble qu’on ait fait le tour des chansons les plus célèbres de Lynyrd Skynyrd. Un moment agréable donc, mais du coup, en sera-t-il de même pour la suite ?