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Cela peut paraître étonnant, mais c’est la première fois que Leonard Cohen apparaît en cette rubrique. En réalité, je possédais à l’époque depuis un moment un coffret regroupant trois de ses albums en CD, acheté parce qu’il coûtait pas cher (les fameux lots de Noel) mais surtout parce qu’il présentait le combo parfait : Songs from a Room avec « the Partisan » reprise par Sixteen Horsepower, Various Positions avec « Hallelujah » reprise par qui vous savez et I’m Your Man avec « I Can’t Forget » reprise par les Pixies. I’m your Man sur lequel je flasherais d’ailleurs immédiatement, ce qui constitue une véritable incongruité, d’abord parce que ses sonorités et sa production sont normalement tout ce que je déteste, mais qu’en plus j’ai une aversion pour les poètes qui viennent envahir nos platines. On va dire pour aller vite que globalement, la littérature ça m’emmerde, et que je suis plus sensible à la poésie des Sex Pistols que celle de Nick Drake. Mais Leonard Cohen est devenu l’exception, le seul songwritter dont j’admire plus les mots que les notes. Cela dit, cela ne marche pas à tous les coups et cette première tentative d’exploration du restant de sa discographie par emprunt médiathétique se solda par un cuisant échec. Entre nous, il est pas un peu ridicule ce Death of A Ladies’ Man ? Son vieillot, saxophone insupportable, le tout nappé d’une énorme couche de chœurs systématiques concoctée par le diabolique Phil Spector, il y a même une chanson festive, pour un peu on ferait tourner les serviettes ! Leonard nous avait habitués à tellement plus de classe et de subtilité… on va dire qu’il était mal accompagné (je parle de la prod, hein, pas des musiciens…), ce qui sera malheureusement loin d’être l’unique fois dans la carrière du Canadien.
Leonard COHEN - Don't Go Home with your Hard-On
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Nostromo est un groupe de metal grindcore Suisse, et bien que je ne me rappelais plus du tout avoir écouté un jour cet album cela me suffit à identifier la personne qui me l’avait prêtée : Sébastien, l’un de mes potes de Belfort lorsque j’y habitais la semaine pour des raisons professionnelles, futur parrain de Malo, avec qui je discute encore régulièrement de découvertes musicales. Abonné à Noise Magazine, Seb a des goûts éclectiques mais surtout portés sur les gros sons de guitare, sans forcément aller jusqu’à la violence du grindcore. Mais il fut séduit par ce Proteron (1) - et moi aussi, puisque je l’enregistrais en intégralité - à savoir un enregistrement en live acoustique. Un concept bien casse-gueule pour un groupe de ce style, qui venait mettre une conclusion à presque 10 ans d’existence et 3 albums studio, dont nous retrouvons donc des extraits retravaillés dans ce live - en grande majorité issus du 3eme, Ecce Lex. N’ayant pas écouté les albums originaux il m’est difficile d’apprécier ce travail d’adaptation, mais Proteron est en tout cas très convaincant. Tout d’abord les quatre membres du groupe sont des virtuoses : pour le bassiste on l’entendra surtout sur quelques passages particuliers (« Rude Awakening »), le batteur lui a dû considérablement alléger son jeu mais il n’en perd pas pour autant son feeling sur des rythmes souvent assez complexes, flirtant avec le prog par moment, quant au chanteur il dose remarquablement sa voix, entre chuchotements et chant guttural propre au style mais ne hurlant vraiment qu’à quelques endroits bien choisis, souvent en fin de morceaux. Mais c’est le guitariste qui impressionne le plus, travaillant avec des boucles pour interpréter à la fois une rythmique soutenue à la place d’un batteur la plupart du temps contraint à la sourdine par l’exercice, ce qui apporte un coté quasi flamenco à pas mal d’endroits, et des solo d’une grande inventivité technique et mélodique (« Selfish Blues », qui avec sa structure et ses sonorités est représentative de ce que peut être du Heavy Metal acoustique réussi). Le son est très maîtrisé, et Proteron est l’archétype du disque pouvant clouer le bec aux détracteurs ne voyant dans la musique rock extrême qu’un vulgaire bruit accessible à n’importe quel bourrin doté d’un gros ampli saturé (les arpèges de « Sunset Motel » ne sont pas sans rappeler ceux de « Paranoid Android »). « Turned Black », avec sa mise en tension instrumentale progressive et un final explosif où batterie et chant s’autorisent un son plus appuyé synthétise bien les différentes ambiances développées sur Proteron et apporte une parfaite conclusion à l’album. Ce sera aussi les dernières notes avant un long hiatus, Nostromo s’étant par la suite reformé et ayant sorti un album en 2022.
(1) L’album est composé d’un DVD nommé Hysteron (film, certainement un reportage, et extraits de live) que je n’ai pas vu, et donc de ce CD live acoustique nommé Proteron.
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A l’époque de l’enregistrement de cette cassette, le revival garage rock bat son plein, et des « Next Big Groupe en The » débarquent par charrettes entières chaque mois dans la presse spécialisée, Rock N Folk en tête. The Raveonettes furent l’un de ces Buzz relativement éphémères. Esthétique très travaillée, avec ces looks et artwork façon films 60’s, le duo mixte en noir blanc rouge (tiens, ça me rappelle quelque chose…) avait en plus l’originalité d’être Danois, ça ne se refuse pas… Côté musique sur ce premier album Chain Gang of Love, du garage rock nonchalant au son bien crade lorgnant de manière un peu trop systématique et évidente vers les Jesus & Mary Chain, avec un petit côté rock n’roll à l’ancienne supplémentaire parfois (« Let’s Rave on »). Bref sympathique mais mineur, et si le groupe a continué à sortir régulièrement des albums jusqu’à maintenant, on n’en a plus vraiment entendu parler depuis 3eme opus Lust Lust Lust (2007) ce qui n’est pas vraiment une surprise.
the RAVEONETTES - New York was Great
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En Novembre 2000, je suis étudiant à Metz et je me démerde pour aller voir Dionysos en concert au Terminal Export à Nancy, petite salle qui les accueille pour une tournée semi acoustique dont ils ont le secret et dont on peut avoir un bref aperçu sur l’excellente compilation Old School Recordings. En première partie, Petit Vodo, un one man band. En effet Sébastien Chevallier chante et joue en même temps de la batterie, de la guitare et de l’harmonica, avec l’aide d’une loop pedal et d’open tuning adapté. Puisant à la source du blues et du rock n’ roll, mais le recrachant dans un délire très inspiré par le Beck des 90’s, Petit Vodo est une ouverture parfaite pour le Dionysos d’alors et un showman très convaincant, faisant rapidement oublier l’inévitable coté Rémy Bricka de son spectacle par un univers torride et très second degré. Assez confidentiel, il n’était pas évident de trouver ses disques à la médiathèque mais j’avais visiblement fini par réussir à le faire 3 ans après, enregistrant pour une grosse moitié son deuxième album, Sixty Nine Stereovox. Sans surprise cela marche beaucoup moins bien sur disque qu’en live, le coté très répétitif et ultra saturé du chant et des compositions, trop longues à mon gout, étant vite lassant malgré de bonnes idées et un amour palpable de cette musique des origines. Cela m’a quand même rappelé cet excellent concert qui a perduré dans ma mémoire depuis près de 25 ans, ce qui est loin d’être le cas de la majorité d’entre eux, à fortiori pour une première partie.
PETIT VODO - pas d'extrait de l'album mais un live représentatif de ce que j'avais vu à l'époque