MERCURY REV - 27 Novembre 2008 - La Vapeur - DIJON
Pour leur dernière tournée, j’avais du me déplacer jusqu’à Paris pour les voir, et je ne l’avais pas regretté. Cette fois, ils ont poussé jusqu’à Dijon, peut être qu’ils trouveront Lyon pour le prochain album ? Plus de 4 heures de bagnole pour assister à ce concert de Mercury Rev, mais, comme l’a montré Guic dans son excellente rubrique, le rock critick est un con. Et puis je devais absolument avoir la confirmation en live que oui, j’avais bien fait de défendre le Snowflake Midnight envers et contre tous.
Direct après le boulot, je saute donc dans ma voiture et fonce vers la Vapeur, où m’attends une moitié de Next, en l’occurrence le très informé JP, dont la compagnie a contribué à la bonne soirée que j’ai passé. JP est très enthousiaste sur la première partie, the Uglysuit, que je ne connais pas du tout. Lorsque le groupe (6 gars tout en cheveux et barbes) monte sur scène, le public est peu nombreux, et il restera relativement clairsemé tout au long de la soirée : bizarrement, Mercury Rev n’a pas attiré des masses de Dijonnais. Trois guitares et un clavier, de longs morceaux très mélodiques coupés par de furieux passages larsenisés, vous me voyez venir, je vais encore évoquer Mogwai (et Explosion in the Sky). Sauf que la belle voix du chanteur, souvent soutenue par celle de ses équipiers, donne plutôt dans le registre pop, vers lequel le concert va progressivement s’orienter au travers de morceaux de plus en plus dansants (Même si, selon notre reporter spécial JP, le groupe a littéralement oublié de jouer son tube, « Chicago » !). Un concert assez attirant, malgré une volonté de finir les morceaux dans un bruit et une confusion un peu artificiels.
Le temps d’une bière et d’une discussion animée, nous rejoignons le devant de la scène au moment où le film ésotérique qui accompagne en fond la prestation des Mercury Rev débute. Nous patientons un moment en jouant au quizz devant des pochettes d’album qui défilent, puis les cinq américains montent sur scène, Jonathan Donahue en dernier, un large sourire éclairant son visage Tolkiennien (sourire qu’il gardera toute la soirée, ce qui est très agréable), et la rythmique technoïde de « Snowflakes in a hot world » lance le spectacle. Le groupe s’appuie avant tout sur un bon bassiste et un extraordinaire batteur, ce qui permet à Jeff Mercel de bidouiller ses machines et de placer quelques magnifiques passages de piano sereinement, à Grasshopper de développer des nappes électriques saturées savamment maitrisées tandis que Jonathan Donahue joue au sorcier en lançant des regards inquiétants au public et en déclenchant par de grands gestes théâtraux des effets de lumière ou des solos de ses musiciens. C’est un véritable enchantement, et un show magique parfaitement réglé, le groupe faisant preuve d’un enthousiasme communicatif, jusque dans ses saluts amicaux au public. Les titres s’enchainent parfaitement, souvent liés par des parties instrumentales probablement tirées de Strange Attractor, leur album instru publié sur internet en marge du Snowflake Midnight. Les quatre titres de ce dernier album joués ce soir s’intègrent impeccablement à la setlist, confirmant mon intuition : ces morceaux marquent une rupture dans la forme mais s’inscrivent bien dans la continuité des précédents opus du groupe, et ne sont en aucun cas inférieurs. Pour preuve la transition impeccable « You’re My Queen » / « People are so unpredictable », ou l’hallucinant « Dream Of a young girl as a flower », l’un des meilleurs moments du concert. Les grands classiques sont revisités, et c’est un public aux anges qui rappelle le groupe après un « Opus 40 » prolongé par ce qu’il m’a semblé être le « Once in a Lifetime » des Talking Heads. Après un « Goddess in a Highway » que je ne me prive pas de chanter à tue tête, suivi des explosions de « the Dark is rising », Mercury Rev me fait l’immense plaisir d’achever son concert par « Senses on Fire », mon titre préféré du dernier album. Je finis donc la soirée à sauter comme un fou et à gueuler de plaisir. Autant dire que le déplacement était justifié…
PS : par contre ils ont joué fort les sagouins : j’ai eu tellement mal aux oreilles en sortant que j’en avais mal aux dents !
Setlist : Snowflakes in a hot world + instru / Time / Black Forest (lorelei) / Funny Bird / You’re my Queen + instru / People are so unpredictable / Tonight it Shows / Tides of the Moon + instru / Dream of a young girl as a flower / Opus 40 + Once in a lifetime // Goddess in a Highway / the Dark is rising / Senses on Fire
