SUNDAY AT DEVIL DIRT - EVERYTHING ALL THE TIME - ICKY THUMP - FACES IN THE ROCKS - THE SOFT BULLETIN
Artiste: Isobel Campbell & Mark Lanegan
Album: Sunday at Devil Dirt - 2008
Why: des tas de bonnes raisons...
Past: Découverte en duo.
Present : J'avais vraiment hâte d'écouter cet album, que plusieurs sources différentes m'avaient conseillé, notamment le célèbre Classement Des Bloggeurs qui le plaçait dans les dix meilleurs de l'année 2008. Première prise de contact, et le choc : la voix de Leonard Cohen, qu'on croyait unique à jamais, avait trouvée son égale ; L'ombre du canadien flotte sur tout le premier tiers de l'album, quatre titres magnifiques, habités par un Mark Lanegan baladant sa tristesse sur des landes désertes et silencieuses esquissées par de sobre guitares ou cordes. On est fasciné par l'ambiance du disque, et par le couple improbable de voix si différentes qui s'associent façon la Belle et la Bête, la fragile Isobel Campbell semblant tout à la fois amoureuse et captive du sombre poète qui tient le premier rôle.
De « Seafaring Song » à « Who Built the Road », on tient l'album de l'année, mais la magie s'estompe sur le blues « Come on over (turn me on) », pas mauvais mais tellement calqué sur le « Feeling Good » (repris par Eels puis par Muse notamment) qu'on en est gêné. Ne parlons même pas de « Shotgun Blues », le genre de scie dont j'ai vraiment du mal à comprendre comment des groupes trouvent un intérêt quelconque à les enregistrer. Ajoutons à ca « Back Burner », qui laisse une impression mitigée avec son ambiance pesante bien amenée, mais dont les chœurs qui répètent en boucle le titre finissent par excéder l'auditeur, et le second tiers de l'album se révèle bien décevant malgré la présence d'un sympathique morceau plus dansant, à la Tom Waits (« the Flame that Burns »). On raccroche sur « Something to Believe », petite comptine dont la mélodie triste est superbe, et qui confirme la présence que Mark Lanegan peut apporter à des morceaux tout simples (autre exemple avec le petit blues de conclusion, qui passe nickel...). Et le très beau duo « Trouble », qui se place au niveau des compositions du début, achève de nous laisser quelques regrets sur ce Sunday at Devil Dirt. Jugement un peu sévère (peut être du à l'attente que j'en avais) car l'album est sommes toutes très bon, mais il est vraiment dommage que le couple qui ait su monter si haut dans l'excellence se soit par moment laissé aller à la facilité...
Future: J'ai acheté le premier. Je sais c'est pas logique mais il était à 5€ neuf....
Artiste: Band of Horses
Album: Everything all the time - 2006
Why: conseillé par JP, de Next...
Past: Découverte totale.
Present : Vous connaissez beaucoup d'albums capables de me mettre de bonne humeur le matin quand je vais au boulot ? Moi j'en connais un, maintenant !
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Bon, je sais, c'est un peu court, mais que dire de cet album parfait qui, sans révolutionner le genre, propose un rock varié, dosant savamment mélodies et accords punchys dans une interprétation irréprochable. Band of Horses fait vite et bien (10 titres, 35 mn), et signe là un premier album à faire pleurer de jalousie nombre de têtes d'affiche de nos magasines et blogs référents...
Future : à écouter sans modération....
Artiste: the White Stripes
Album: Icky Thump - 2007
Why: Voir si le groupe a évolué....
Past: Les albums précédents, sauf Get Behind Me Satan
Present : J'ai toujours eu un avis partagé sur les White Stripes. D'un coté leur code couleur rouge, noir et blanc, ainsi que leur couple improbable sentait mauvais le plan marketting, mais de l'autre c'est justement ce genre d'univers propre qui fait qu'on peut être vraiment fan d'un groupe (en tout cas moi j'y suis sensible). De même j'ai beau ne pas aimer le jeu de Meg White (je trouve dommage que la batterie soit ainsi l'esclave de la guitare, elle perd grandement de son intérêt), il faut reconnaître que c'est là encore une originalité à mettre au crédit du duo. Et la manière que Jack White a de récupérer des vieux riffs éculés, et de les remettre à sa sauce comme s'il en était le créateur, énervant, non ? Mais en même temps souvent d'une redoutable efficacité, qui fait que je n'ai pas résisté (ainsi que d'autres) à mettre un titre des White Stripes dans ma Rock Contest Playlist. Bref, si j'ai plutôt apprécié leurs albums précédents, je ne les écoute quasiment jamais... Voici donc Icky Thump, sorti il y a belles lurettes mais que je ne trouve qu'aujourd'hui à la médiathèque - euh, GT, il est trop tard pour le noter dans ton CDB 2007 ?? Et bon, ben, je me retrouve toujours avec mon avis partagé sur les bras....
D'emblée on attaque avec trois titres bien représentatifs de ce que je n'aime pas chez les White Stripes: rythme haché, guitare bordélique suraiguë, et accords bateaux (« You don't know what love is »). Ah oui, mais les riffs sont diablement entraînants, et les paroles bien rythmiques (un des talents de Jack White, je pense que de nombreux chanteurs amateurs ont du se casser les dents en essayant de l'imiter...), ce qui fait qu'on se retrouve inconsciemment à dodeliner de la tête sur certains passages. Au rayon des originalités, le tango rock déjanté farci de trompette « Conquest » m'a laissé de marbre, alors que la sauterie façon traditionnel écossais « Prickly Thorn, but Sweetly worn », pimentée évidemment par de la cornemuse, m'a enthousiasmé. Jusqu'au bout, les faux frères et sœurs soufflent le chaud et le froid : « Bone Broke », wouah, imparable ! « Little Cream Soda », pfffff, qu'est ce que c'est que ce chant merdique... Ah, mais « I'm slowly turning into you » est vraiment pas mal... Voire : ce riff de « Rag and Bone » est génial...ah mais non, c'est nul, il parle au milieu du titre....
Seule certitude, Icky Thump aurait gagné à être amputé de ses deux derniers titres, « Catch Hell Blues » (dans la série les WS vous cassent la tête), et « Effect and Cause » (dans la série les WS recyclent, ici un hybride tout moche de « Honky Tonk Woman » et « Summertime Blues »). Tout comme les précédents, cet album fatigue à la longue. Il est recommandé d'écouter la face A un jour, et la B le lendemain, ce qui vous donnera la pêche sans vous filer mal au crâne...
Future : A suivre...
Artiste: Mariee Sioux
Album: Faces in the Rocks - 2007
Why: Amie et belle seconde voix d'Alela Diane...
Past: « Wizard Flurry Home », entendu sur une compil. Et j'avais écouté une ou deux fois l'album après l'avoir téléchargé...
Present : Mariee Sioux et Alela Diane se connaissent depuis l'enfance, et les deux copines ont acquis une belle notoriété de folk songwriters depuis l'année dernière, où la France a découvert en même temps le Pirate's Gospel et ce Faces in the Rocks. Sur scène, comme j'avais pu en juger à l'Epicerie Moderne, avantage incontestable à Alela, son assurance contrastant avec la timidité de la petite indienne, plus à l'aise en seconde voix de sa copine qu'en première ligne une guitare à la main. Quant aux albums, si la base d'arpèges folk + voix pure est commune, la comparaison s'arrête là ; Et tourne encore à l'avantage de miss Mening, en raison d'un défaut qui plombe le Faces in the Rocks et que nous allons évoquer d'ici peu.
Tout commence pourtant fort bien, et l'auditeur est charmé par les trois premiers titres, les voix font merveilles (particulièrement sur l'enthousiaste « Buried in Teeth »), les mélodies à la guitare bien trouvées (« Friendboats »), le tout agrémenté d'instruments traditionnels indiens (dont le plus présent est la flûte de pan) qui ajoutent une touche d'originalité et de dépaysement. Est-ce parce qu'il est placé au début, ou que je l'ai déjà écouté de nombreuses fois (sur la compil Even Cowgirls get the Blues), mais « Wizard Furry Home » reste mon titre favori, celui qui augure d'une découverte de tout premier plan.
Hélas le charme est rompu avec « Wild Eyes », qui s'étend sur 9 longues minutes, une durée inhabituelle pour ce style de morceaux (et on comprend pourquoi). Au début, on chevauche encore à cru dans les plaines nord américaine, mais progressivement l'esprit s'oriente vers des sujets plus terre à terre (boulot, liste des courses etc...). Une construction qui se voulait probablement hypnotique et qui se révèle... soporifique. Pas le temps de réintégrer l'ambiance de l'album, on replonge sur 7 mn de « Two Tongues », un titre qui ne décolle pas, d'autant plus que la flûte commence vraiment à lasser. C'est ensuite « Bundles », qui propose probablement les plus beaux arpèges et le plus beau chant de l'album sur certains passages (avec le violoncelle), mais qui est encore gâchée par une longueur rédhibitoire (quasiment 10 mn !). L'album termine sur le superbe « Flowers and Blood », comme un symbole de ce qu'aurait pu être cet album, idéalement. Au final un bon moment, mais l'impression d'un potentiel sacrifié : 8 titres sur 50 mn, là où Alela Diane en propose 13 sur 40 mn. Mariee Sioux n'est pas encore prête à détrôner son amie....
Future : A suivre...
Artiste: the Flaming Lips
Album: the Soft Bulletin - 1999
Why: conseillé notamment par Systool et La Buze...
Past: Yoshimi Battles the Pink Robots
Present : N'ayant apprécié qu'en partie Yoshimi Battles the Pink Robots, mais restant persuadé que the Flaming Lips était un groupe ayant tout les ingrédients pour me plaire, je demandai conseil à d'éminents blogueurs sur leur album de référence, et empruntais donc ce « soft Bulletin », qui faisait l'unanimité. Et je dois dire que c'est un album qui m'a donné beaucoup de mal, par sa complexité et par les divers sentiments contradictoires qu'il m'inspira au fur et à mesure des nombreuses écoutes que je lui accordais afin d'être enfin fixé sur son sort...A la première écoute, je fus complètement perdu dans ce foisonnement d'idées, et incapable de me raccrocher au moindre fil conducteur. A l'image de « A Spoonful weighs a Ton », ricochant entre passages féeriques et rythmes violents, l'album me semblait trop riche et complexe pour que je puisse m'en approprier l'ambiance. Tout au plus trouvais je le son de la batterie (ou des rythmes électroniques) vieillot et désagréable, et contrairement à d'autres albums, je n'ai pas changé d'opinion depuis. Progressivement, je retenais des mélodies et des passages agréables, dans ce qui se révèle être une sorte de bande son d'un film imaginaire. Quelques mélodies de guitares, un refrain par ci par là, mais rarement des chansons entières, excepté « Slow Motion ». Puis au fur et à mesure, le coté comédie musicale finit par prendre le dessus, un peu comme dans « the Spark that Bled », où le plaisant passage guilleret est noyé dans une mièvre ballade, comme si Blanche Neige avait pris du LSD en attendant le prince charmant. Ce coté Walt Disney sous acide, s'il réserve quelques bonnes surprises, devient vite chiant, le fond étant atteint sur « Waitin' for a superman » qui a notamment réussi à vaincre ma résistance aux chants les plus anticonformistes... Comme « the Gash », un titre débutant de manière originale mais qui retombe vite dans les travers de l'album, on est toujours à la frontière entre l'enthousiasme et l'irritation, souvent hélas au profit de cette dernière. De même l'instrumental « the Observer », qui m'a semblé parfois bien trouvé, a fini par m'évoquer une bande son d'un film des années 80. Outre « Slow Motion », reste une toute fin d'album agréable, entre « Feeling yourself disintegrate » qui m'a fait penser à du Archive, « Sleeping on the roof », instrumental sympa, et une poperie sucrée et entraînante intitulée « Buggin' » (malheureusement précédée de deux remixes totalement inutiles). Un peu maigre pour un album d'une heure, sur lequel j'utilisais de plus en plus souvent la zapette. Bref, j'ai le sentiment que the Flaming Lips, pourtant pas si éloigné de certains groupes que j'affectionne particulièrement, joue un peu trop dans la délicatesse (mollesse ? mièvrerie ?) et manque d'une touche rock saturé pour me séduire.
Future : Je lâche l'affaire pour le moment....




