ARCHIVE - Controlling Crowds
On avait quitté Archive sur Lights, un album que j’avais vraiment apprécié à sa sortie, mais que j’ai peu écouté depuis. A cela deux raisons, la première étant son manque d’originalité par rapport aux albums précédents, la deuxième étant l’obligation de se farcir en milieu d’album un titre peu enthousiasmant de 18 mn. Autant dire qu’au moment de placer un disque dans la platine, la main se porte plutôt vers Noise, voire l’excellente BO de Michel Vaillant.
On attendait donc d’Archive un peu de renouveau pour Controlling Crowds, d’autant plus que l’album affiche pas moins de 78 mn au compteur pour 13 titres, augmenté pour les plus optimistes (qui a dit inconscients ?) d’un CD de 15 mn comprenant 4 titres supplémentaires. Un tel monument méritait bien trois actes. Pas besoin d’attendre la fin du premier pour comprendre que pour le renouveau, on repassera. C’est bien la bonne vieille formule du démarrage mélodique, suivi de l’apparition d’un rythme électro, précédant lui-même un déchaînement de batterie et de guitare électrique, qui est utilisé une nouvelle fois par Archive. Recette plutôt bien employée sur « Bullets », et surtout « Danger Visit », dont la mélodie initiale de piano puis le gros son rock en font une chanson prenante (c’est aussi l’unique titre dont les paroles retiennent l’attention). Mais ratage en ce qui concerne le titre éponyme assez plat, dont le manque de puissance est d’autant plus malheureux qu’il entame l’album et qu’il dure 10mn ! « Words on Signs » confirme quant à lui qu’Archive peine toujours à séduire sur leurs ballades, celle-ci étant comme souvent assez lisse, sans toutefois être catastrophique. Finalement la surprise de cette première partie vient du titre qui l’achève, le bien nommé « Quiet Time » qui renoue avec le Trip Hop des débuts et le chant rappé de Rosko John. Il est d’ailleurs assez symbolique que ce qui nous parait être la seule originalité de ce nouvel album soit en fait un retour en arrière de plus de dix ans*… Mais le drame de Controlling Crowds, c’est que ces cinq titres dont les seuls passages sympathiques sont des redites assez grossières des albums précédents d’Archive, en constituent malgré tout la plus savoureuse part. Dur à croire, mais le banal « Words on Signs » se révèle brillant face à la cohorte de morceaux chiants qui suivent, « Quiet Time » et son final electro plutôt sympa enfonce les deux autres tentatives d’exhumation de Rosko John, et « Danger Visit » restera le sommet de l’album. Même la relative lenteur de « Controlling Crowds » n’est rien par rapport au navrant « Collapse/Collide » qui entame la deuxième partie, et assomme pendant 9 mn un auditeur qui ne s’en remettra pas. Et ce n’est pas l’espèce de concept album décrit par le menu dans une moche pochette, dont l’artwork s’inspire vaguement du Mezzanine, qui le divertira tant il en aura rien à secouer. Inutile de dire que les 40 mn à venir sont longues, très longues… Avec tout le courage et la conscience professionnelle qui m’honore, j’ai poussé jusqu’à écouter le CD bonus. C’est un bon résumé de Controlling Crowds, qui, comme pour les résumés littéraires, permet de comprendre le fond de l’œuvre sans se la taper entièrement, ce qui dans le cas présent est plutôt appréciable ;
Les Gérards du Cinéma m’ont encore beaucoup fait rire cette année, notamment en attribuant à Agnès Jaoui le Gérard du réalisateur qui fait toujours le même film, mais en un peu moins bien à chaque fois. Archive vient de gagner haut la main le Gérard du groupe qui fait toujours le même album, mais en un peu moins bien à chaque fois. Bref, je viens de trouver le cadeau idéal pour l’anniversaire de mon frangin qui arrive bientôt…
PS : Cette déception ne m’empêchera pas d’aller voir Archive sur scène, puisque leur dernier passage à Lyon reste un des meilleurs moment musicaux de ma vie.
* à ce propos, vous pourrez d’ailleurs observer une coïncidence amusante en écoutant l’album avec le lecteur Windows Media.
