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Blinking Lights (and other revelations)
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26 juin 2015

BERNIE MADOFF ORCHESTRA & HELLO DARKNESS à l'ATMOSPHERE - 09 Avril 2011

Blog de blinkinglights : blinkinglights, BERNIE MADOFF ORCHESTRA & HELLO DARKNESS à l'ATMOSPHERE - 09 Avril 2011

 Quelles aventures pour en arriver là?

 

 Il vaudrait peut être mieux pour ma santé que j'arrête la musique. Une semaine avant le concert prévu au Tostaki le 9 avril, j'étais déjà bien tendu. Les quelques répètes que nous avions pu faire étaient plutôt encourageantes, même en duo, mais pas mal d'amis et de proches m'avaient assuré de leur présence, et je ne voulais pas les décevoir. Mon stress était donc comme souvent non pas pour la qualité de notre concert (le public annoncé étant par nature plutôt tolérant), mais pour les éventuelles raisons qui pourraient l'annuler. Premier risque, que mes deux guitaristes, qui s'enrhument au moindre courant d'air, soient malades. Astuce, ils étaient déjà malades, ils passèrent donc la semaine à se gaver de cachetons, ce qui éloignait le spectre d'une défection de dernière seconde. Deuxième risque, la blessure, du style s'éclater un doigt en jouant au foot (si si, c'est possible). Verdict, foot interdit pour la semaine (et bien sur, pas de judo pour moi). La semaine avance, et des scénarios de plus en plus improbables me viennent à l'esprit, un véritable défilé d'enfants malades à la dernière minute, de patron de bar ivre mort, de matériel explosé etc... Ma paranoïa pesait un poil sur mon entourage, mais j'essayais de positiver en me disant que l'organisation ne pouvait pas être plus rock n roll que pour notre premier concert au Farmer. C'était bien mal connaitre le potentiel de la loi de Murphy...

 
 

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L'affiche modifiée à l'arrache - Atmosphere, un nom prédestiné...

 

Vendredi, 14h00 : alors que j'ai bien du mal à me concentrer sur mon boulot, Benito (el Duce du Bernie Madoff Orchestra) me transmet l'incroyable nouvelle : la cave du Tostaki où nous devions nous produire est victime d'un dégât des eaux, notre concert est à priori compromis. Incrédule devant une telle poisse, je partage involontairement ma frustration avec l'ensemble de l'open space (voire du bâtiment) de mon nouveau boulot. Ben passera en début de soirée voir l'étendue des dégâts, il faut d'ici là patienter pour en avoir le cœur net. Inutile de dire que l'après midi est longue et improductive. J'entame un défilé d'appels pour envisager des plans B impossibles, et pour pleurnicher sur mon sort.

  

Vendredi, 18h30 : le verdict tombe : il pleut littéralement au centre de la scène du Tostaki, c'est mort. Le sympathique Farmer (alias notre plan B le plus solide) a déjà un groupe programmé. Mais le destin (qui soit dit en passant s'amuse bien avec mes nerfs en ce moment) nous a réservé un petit miracle. Telle une apparition divine, fermant la porte de son bar sous le nez de Ben (qui a aussi très bien joué sur ce coup là), voici Momo, le patron de l'Atmosphère. Il accepte illico de nous laisser jouer le lendemain soir sur la petite scène de son bar. Il faut juste terminer avant 23h30 et ramener une sono. L'espoir renait, nous passons la soirée à trouver une sono et à tenter d'organiser nos troupes.

 

Vendredi, 22h00 : dernier mail. Je suis épuisé nerveusement...

 

Samedi, 12h45 : j'ai à peine avalé tout rond mon repas que Damien passe me prendre en voiture, la mienne étant en panne. Nous devons récupérer la sono, et nous sommes à la bourre. Heureusement Ben assure une nouvelle fois, et est déjà sur place. Transport de la sono à notre local de répète (situé tout près de l'Atmosphère), Damien file cherche Yosemite, qui n'a toujours pas le permis de conduire, ce zouave.

 

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Balance du Bernie Madoff Orchestra: Benito rentre en action...

Samedi, 14h00 : début de notre répète de la dernière chance. La sono empruntée marche bien, nous aussi. Damien est fébrile, Yosemite est survolté (dopage ?). Damien ne modifie pas « Explosions of You » !!

 

Samedi, 18h00 : On commence à rapatrier le matos à l'Atmosphère. Le Bernie Madoff Orchestra au complet ramène le sien. Bilan : un énorme tas au milieu du bar, et une scène bien petite... Benito tente d'organiser le merdier, la batterie à droite contre le piano, la table du DJ tout neuf du BMO à gauche, des piles d'enceintes, des multi-multi-multi prises, des nœuds de jacks.... Le BMO balance, ça roule plutôt bien excepté que Ben se prend le jus dès qu'il approche sa truffe un peu trop près du micro. Il passe un bon moment à essayer de détecter l'origine d'une mystérieuse « alimentation fantôme ».

 

Samedi, 20h00 : C'est notre tour de balance. Nos deux amplis, qui marchaient fort bien à la répétition, refusent de fonctionner. Panique à bord, Benito s'arrache les cheveux. Si on a des progrès à faire, c'est bien au niveau de notre mise en place, on ne pourra pas éternellement compter sur lui. On démarre enfin, mais le son est catastrophique sur scène, la batterie couvre tout et dès qu'on monte les guitares, le volume est assourdissant en salle. Un pull sur la caisse claire fera office de sourdine, et Ben nous indiquera le bon volume pour la salle, le problème étant la quasi absence de retour. On jouera donc notre concert « à l'aveugle », très frustrant pour les guitaristes, et bien flippant pour le chant. Peut-être cela explique-t-il le fait qu'en salle, le chant ait été le seul problème : pas assez audible, surtout le micro de Damien (dommage car selon ma femme, qui s'y connait, il a une très belle voix). Il faut dire que Damien ne pouvait pas trop s'approcher de peur de prendre une châtaigne...

 

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Samedi, 20h30 : Notre public arrive alors que nous terminons les balances, assez résignés quant à la mauvaise qualité du son. Il sera en fait plutôt correct coté salle d'après ce qu'on m'en a dit. Les frangins sont montés de Marseille, ils ramènent une cousine (à fond pendant tout le set), Mélaine est là pour mon plus grand plaisir, avec sa jeune sœur accompagnée de son physicien de copain. Quelques potes sont venus, dont deux blogueurs (et pas des moindres), Guic et La Buze, dont j'attends avec impatience le verdict que j'imagine plus objectif que celui de la famille. Nous jouerons pour une trentaine de personnes attentives, ce qui fait bien plaisir...

 

Samedi, 21h00 : et c'est parti avec « Here on My Own », qui lance bien la machine. Mon stress s'étant envolé lorsque j'eus la certitude que le concert aurait lieu, je suis relativement détendu, et mis à part quelques emmêlages de baguettes ou fausses notes rapidement maitrisés, tout se passera pour le mieux de mon côté. Yosemite est plutôt à l'aise, malgré le volume très bas de sa gratte, et cette fois c'est Damien qui prendra moins de plaisir, le peu d'espace disponible l'empêchant de se relâcher complètement et générant quelques pains inhabituels chez lui. Malgré nos incessants changements d'instruments sur cette scène confinée, nous réussissons à enchainer les morceaux sans trop laisser de blanc, tout en nous accordant régulièrement, ce qui fut apprécié. En revanche au niveau communication, c'est pas encore ça. Quand je pense que j'ai critiqué certains groupes peu connus pour leur manque d'assurance ou leurs errements au micro, et à ce que j'ai sorti....

En résumé, j'ai eu l'impression que notre prestation était bonne (aucun titre foiré), ce qui sera confirmé par les retours globalement positifs du public.

 

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Black Damien and Rockin' Yosemite and Explosion of Me...

 

1 - « Here on my Own » : le titre préféré de Guic, dommage que ce soit une reprise ;)

2 - « Clipperton » : RAS...

3 - « Kisses and Hugs » : nouveau morceau rock que nous aimons beaucoup, il est bien passé.

4 - « to Know who I am » : mes collègues ont assuré!  (je crois que personne n'a entendu mes solos, mais ils ne sont pas essentiels...)

5 - « Shame » : début du morceau, je fais l'erreur de regarder Mélaine, ce qui manque me couper le sifflet d'émotion. Le reste du morceau, ce sera regard dans le vague...

6 - « Cold City » : je me suis encore un peu planté, mais moins que la dernière fois.

7 - « John K » : nouveau titre pas encore bien calé, qu'on a rarement aussi bien joué je crois. Je me suis bien sur un peu emmêlé les doigts dans mes arpèges, Damien a été très bon à la batterie.

8 - « Explosions of You » : seul morceau un peu en dedans, rythme assez flottant et pause un peu foireuse au milieu. Une des premières fois que je n'arrive pas à suivre le rythme avec ma basse, mes muscles étaient tétanisés, sans doute les restes de la répète de l'après-midi... Mais le public a bien réagi.

9 - « Atmosphere » : notre seconde et dernière reprise, occasion de remercier Momo avec ce clin d'œil : jouer « Atmosphere » à l'Atmosphère (alors que nous aurions été incapables de jouer « Tostaki » au Tostaki...) Plutôt bien, surtout qu'on l'a souvent foirée en répète...

10 - « In Time » : RAS...

11 - « Zembria » : la batterie a tenu le choc cette fois, un bon moment...

12 - « Or Sleeping » : Comme prévu, Damien a essayé de se défiler, mais nous l'avons rappelé à l'ordre, pas question de renoncer à ce beau final, même s'il nous ne l'avons pas encore calé. Quelques ratés prévisibles sur la fin, j'ai décalé ce rythme ternaire pendant un moment, mais on s'est rattrapé. On fera mieux les prochaines fois, mais c'était bien de présenter ce nouveau morceau sur scène...

 

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Intervention éclair de notre Roadie / ingénieur du Son / Tour Manager nouvellement tatoué...

 

Samedi, 22h00 : et voilà, c'est fini, les gens applaudissent, c'était bien la peine de stresser comme un con pour ça.... A peine le temps de discuter qu'il faut ramener Mickey (grosse caisse + toms) à la salle de répète pour libérer de l'espace au Bernie Madoff Orchestra. Je m'en charge avec Yosemite, pendant que le BMO s'active à installer son matériel manquant. Lorsque nous revenons, leur concert vient de débuter. Le public est bien plus nombreux, c'est là qu'on voit qu'Hello Darkness n'est que la première partie ! Il faut dire que l'heure plus tardive aidant, quelques habitués hors de notre cercle de connaissance commencent à se pointer, ce qui est à double tranchant : plus de monde, mais moins d'attention... En parlant d'attention, je dois avouer que pour une fois, je n'ai quasiment pas écouté le set du Bernie Madoff Orchestra. J'ai un peu honte, en pensant à Benoit qui est resté aux aguets pendant tout notre concert, ouvrant large ses oreilles et ajustant au besoin le volume de tel ou tel instrument, mais en même temps c'est le seul moment où  j'ai pu un peu parler avec les gens qui s'étaient déplacés pour nous voir... Les personnes qui étaient déjà au premier concert ont noté une sensible progression, voilà qui est encourageant !

 

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Bernie et ses Fans...

 

Samedi, 23h00 : le Bernie Madoff Orchestra termine son concert. J'ai noté un nouveau morceau bien pêchu vers la fin qui m'avait l'air excellent, j'aurai surement bientôt l'occasion de le réentendre. Comme d'habitude, le medley « Johnny be Goode » transporte le public, qui réclame à grands cris un rappel. Ce sera leur fameuse reprise de Java, sans accordéon malheureusement... Il est déjà temps de vite débarrasser le plancher, le DJ prend place et lance des titres de musique dansante, salsa en tête.  Les habitués débarquent en masse, nous devons nous frayer un chemin entre les danseurs avec notre matériel, passer le sas anti bruit et charger à de nombreuses reprises la voiture de Damien. Après avoir récupéré non sans mal le tapis de batterie de notre salle de répète (une troupe de jeunes attablés devant des dizaines de bières y a pris place) et le dernier instrument sur la mezzanine au-dessus de l'arrière-cour ou une gamine est en train de gerber sous l'œil moqueur de ses potes et inquiet d'un immense videur, nous saluons et remercions encore une fois Ben et nous retrouvons en trio pour une dernière bière et un débriefing au local. En conclusion, nous sommes contents d'avoir pu jouer, et en même temps d'accord pour ne plus jamais le faire dans ces conditions (transport de batterie et sono en tête), ce n'est clairement plus de notre âge.

 

Dimanche, 2h00 : je rentre chez moi, avec la sensation de ne pas avoir été aussi fatigué depuis des années. Le week end prochain promet d'être tout aussi dur : je suis seul à la maison avec les enfants...

 

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