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Blinking Lights (and other revelations)
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11 juillet 2015

R.E.M - Document (25th Anniversary Edition)

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REM, un groupe dont j’aurai aimé être fan, compte tenu de l’influence qu’il pu avoir sur le rock indé des 90’s cher à mon cœur. J’ai essayé, j’ai pioché dans leur imposante discographie, mais au final c’est l’indifférence qui l’a emporté, et j’ai abandonné. Jusqu’à la parution coup sur coup des articles de Thom et Guic considérant Document comme un disque fondamental du quatuor  Américain. Un album charnière, complété d’un live conséquent, voilà sans doute l’œuvre la mieux placée pour m’éclairer sur mes sentiments vis-à-vis de la musique de REM.

 

Dès le début du disque, je me retrouve en terrain connu, en terrain mitigé. Il y a là les indéniables qualités du groupe, en premier lieu la voix inimitable de Michael Stipe et les fameuses mélodies de guitare de Peter Buck. De bonnes chansons donc (et pourrait on les trouver mauvaises alors qu’on y entend le Radiohead de Pablo Honey et de the Bends toutes les deux minutes), mais voilà, des chansons qui m’emmerdent. C’est que, comme l’écrit Guic, ce disque est ultra représentatif du rock 80’s indé, un genre qui m’a toujours gonflé. Pourquoi ? J’ai écouté attentivement la première face de Document afin de trouver une réponse, et je pense avoir quelques éléments. Il y a d’abord la batterie, ce son de caisse claire daté, et ce jeu un peu lourdaud, un peu basique, qu’on retrouve sur les albums de U2 ou de Springsteen de cette époque (1). Et aussi ce mid tempo constant, sans surprise, titre après titre, où l’on finit par ne plus distinguer rocks sans couilles et ballades sans larmes. « Welcome to the Occupation » est sans doute le morceau qui résume le mieux les lignes précédentes : il a tout pour plaire, et pourtant il me barbe très vite. L’écoute polie et inexpressive se poursuit tranquillement, et l’on s’apprête à oublier ce disque comme les autres lorsque le ton change soudainement.

 

C’est la fin de la Face A,  « It’s the End of the World as we know it (and i Feel Fine) » : la fin du monde débarque sur un tempo survolté et un chant qui a du faire le malheur de quelques apprentis du karaoke ne se souvenant vaguement que du refrain. REM enfonce le clou avec le magnifique tube « the One I Love », si simple et si mordant. A partir de là, Document est enfin à la hauteur de mes espérances. Pas de changement majeur pourtant (2), mais un peu plus de mélancolie, du groove (« Lightnin’ Hopkins » où pour le coup Bill Berry est très bon), un peu de dissonances (« Oddfellows Local 151 »), quelques touches qui font toute la différence. Le ton est plus grave, plus sombre, et l’ensemble de la Face B plus original (notamment les deux derniers titres). D’un pied Document se hisse sur les 80’s pour les dominer, de l’autre il commence à taper dessus pour les enterrer : ainsi a-t-il autant droit à mon rejet qu’à ma gratitude.

 

Sur le live, pas trop de révélation concernant les titres de Document. On perd en justesse de voix ce qu’on gagne en énergie, ce qui n’améliore que les chansons dont j’aimais déjà la version studio. De belles découvertes des disques précédents, notamment « Wolves, Lower » inaugurant un passage très intense et excellent du concert qui court jusqu’à un « It’s the End of the World as we know it » ébouriffant (en passant par une version de « Oddfellows Local 151 » qui en fait désormais l’un de mes titres favoris du groupe). La fin est moins marquante, sans pour autant être anecdotique, REM étant toujours pied au plancher, jusqu’au « So. Central Rain » final. Et là, la grâce absolue. Et d’un coup de me rappeler le premier morceau qui me donna envie de découvrir le groupe de Michael Stipe : « Electrolite » sur le Tibetan Freedom Concert, lui aussi interprété en duo acoustique. La voix, la guitare, et rien d’autre, REM débarrassé de ses oripeaux eighties : magistral, mais si rare….

 

 

(1)   est ce alors un hasard si le seul disque de REM à m’avoir pour l‘instant vraiment accroché est Up, soit le premier enregistré après le départ du batteur Bill Berry ?

(2)   je me suis demandé d’ailleurs si je n’avais pas rêvé ce basculement autour des deux titres majeurs du disque, mais Guic l’a aussi  signalé, à la différence notable que lui ne garderait que la Face A !

 

 

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