IX
Il y a quelques groupes dont je ne sais toujours pas pourquoi je ne suis pas devenu fan, ou au moins suiveur attentif de leur discographie. Le premier d’entre eux est Pearl Jam, mais on pourrait citer aussi les Foo Fighters, dont j’avais apprécié (dans mon souvenir) les quatre premiers disques - sans en acheter un seul – et que j’ai ensuite complètement laissé tomber. Quel est ce petit quelque chose qui leur a manqué, c’est d’autant plus mystérieux à la réécoute de ce Foo Fighters, tout simplement génial (d’ailleurs je ne m’y étais pas trompé, puisque je l’avais enregistré en intégralité). Mais la musique est aussi faite de petits riens, de non-dits ou de concours de circonstances, qui font les légendes ou les oubliés. Pourquoi Dave Grohl a-t-il si peu composé pour Nirvana, alors que visiblement il était au moins aussi doué que Kurt Cobain pour le songwritting ? Membre non fondateur du groupe, dans l’ombre du charismatique leader ou juste batteur, ce qui n’est pas la meilleure place pour mettre en avant ses compos, ou un ensemble de ces petites choses, ou volonté de se garder sous le coude ces titres décoiffants au cas ou ???
Après Nevermind, lorsque le grunge fut transformé en formidable machine commerciale, Cobain ne savait plus trop quelle attitude adopter, sachant que chacun de ses gestes, textes, interview, pourraient être récupérés pour la grande foirfouille qu’il s’employait justement à dénoncer depuis ses débuts. A sa mort, les deux survivants marchèrent d’autant plus sur des œufs, à tel point que Dave Grohl et Kris Novoselic se mirent d’accord pour ne plus officier dans le même groupe, afin d’être surs de ne pas surfer sur le culte Nirvanesque (honorable, mais fort dommage, surtout pour le bassiste). C’est ainsi que le premier disque de Dave Grohl sorti d’abord sur cassette, distribué à des proches, avant de finalement exploser par le bouche à oreille après quelques diffusions radio. Est-ce plutôt la qualité indéniable du disque, ou la légende entourant tout ce qui touchait de près ou de loin à Nirvana qui contribua à cette mise en lumière, la question reste ouverte. Mieux vaut plutôt mettre en avant le fait que sur ce Foo Fighters, Dave Grohl a absolument tout enregistré seul. Guitares, basse, batterie, songwritting, et surtout un chant renversant qui avait de quoi enfoncer certains « chanteurs officiels».
C’est un véritable enchainement de tubes, où seules quelques rares pauses (comme le bluesy « For All the Cows ») aux refrains énervés viennent freiner le déferlement de riffs de guitare qui tuent : « Alone + easy target », « Weenie beenie », « X-static » pour ne citer que mes favorites. Guère étonnant que Dave Grohl finisse le disque épuisé, son chant fatigué sur un « Exhausted » noyé de saturation y apportant un dernier surplus d’émotion. En 1995, Dave Grohl était encore le batteur de Nirvana, et Foo Fighters est sans doute le meilleur album solo de batteur jamais sorti. Qu’importe, après ça Dave Grohl sera considéré comme un artiste à part entière, et il le prouvera à maintes reprises, que ce soit avec son groupe ou ses diverses participations extérieures, notamment au sein des Queens of the Stone Age.
Toujours en quête des originaux du Spaghetti Incident, j’empruntais ce Louder than Love de Soungarden pour le « Big Dumb Sex » que les Guns avaient mêlé au « Buick Makane » de T Rex. Bon, je n’avais pas aimé l’album, n’enregistrant que ce morceau, donc je ne saurais rien en dire aujourd’hui, si ce n’est que Soundgarden ne m’a jamais attiré par la suite, alors qu’ils avaient justement explosé à l’époque avec Superunknown. Peut-être y avait-il un peu de snobisme de ma part, « Black Hole Sun » faisant partie de ces titres ayant tellement été diffusé en boucle que c’en était à vous dégouter du groupe à tout jamais. On verra ca sur une cassette ultérieure…
N’enregistrer que deux titres du No Prayer for the Dying d’Iron Maiden ne me parait pas très sérieux. Trop fan des Guns, sans doute ne voulais je pas me disperser avec d’autres groupes de hard - ce qui n’était pas plus mal pour mon porte-monnaie, famélique à l’époque, surtout vu la gigantesque discographie du groupe. Même si je me rattrape sur de prochaines cassettes avec deux autres disques bien mieux représentés, j’aurai loupé le coche, et il est aujourd’hui trop tard pour que je m’intéresse à Iron Maiden, que je ne connaitrais donc qu’à travers de trop rares extraits, comme ce complexe « Mother Russia » aux multiples parties de guitares savoureuses bien qu’il fut composé, curiosité, par le bassiste du groupe.
Puisqu’on parle d’enregistrement partiel, voici un moment particulièrement honteux où je constate que je n’avais sélectionné que deux titres du légendaire Led Zeppelin IV. Attendez, il y a surement une explication logique, il est évident que, novice ou pas, absolument rien n’est à jeter sur cet album. Bref, n’en parlons plus puisque je me suis rattrapé depuis, et que je possède l’objet en vinyle (en plus de l’intégrale CD). Ouf, l’honneur est sauf….
Autre de mes groupes fétiches dont je dois la découverte aux Guns, les Damned dont ils avaient emprunté l’excellent « New Rose » pour le Spaghetti Incident. Si ce morceau, considéré comme le premier single punk, se trouve sur la cassette suivante, tous les autres titres que j’ai enregistrés sont présents ici, soit une grosse partie de ce Damned Damned Damned (sans le terrible « Neat Neat Neat », bizarrement), à la fois jouissif et terriblement branque, bref, la quintessence du punk, mouvement dont il est l’un des plus indispensable représentants. Je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà écrit dans cet article consacré à la réédition triple CD de ce monument. En revanche, il va être sympathique de croiser ces farceurs au détour de plusieurs autres cassettes, pour du tout et du n’importe quoi, mais plus du punk, vu qu’ils arrêtèrent d’en faire après ce premier disque prometteur (un exemple qu’auraient dû suivre bon nombre de groupes, d’ailleurs…)







