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Dans la fameuse quête des origines du Spaghetti Incident dont je vous rabâche les oreilles depuis le début de cette rubrique (puisqu’elle fut à l’origine de ma passion musicale), cette cassette fait date puisqu’elle regroupe pas moins de quatre titres repris par les Guns sur leur ultime disque. Commençons par le Damned Damned Damned dont nous avons causé la dernière fois, qui déboule avec ses toms martelés par l’excellent Rat Scabies pour le plus connu des singles des Damned, un « New Rose » inscrit dans tout bon livre d’histoire du rock.
Nous avions déjà introduit Nazareth en ces pages, il était temps de présenter leur album le plus célèbre et le meilleur (de ceux que j’ai écouté, mais sans doute aussi de leur innombrable discographie). On comprend pourquoi les Guns ont tenu à leur rendre hommage en reprenant la chanson titre « Hair of the Dog », tant le riff de guitare, le solo agrémenté de Wah Wah et surtout le chant semblent avoir influencé Axl Rose et ses sbires. Il y a tous les Guns dans Hair of the Dog, et le terrible « Changin’ Times » ressemble à s’y méprendre aux premières démos du groupe de LA.
Faisant la part belle aux guitares lourdes et bluesy, Hair of the Dog ravira les féru de très bon Hard Rock seventies, dans la lignée du Zeppelin dont le groupe semble s’être un peu inspiré (comme, j’imagine, l’essentiel des groupes de rock de l’époque). J’adore notamment toujours l’enchainement entre le rythmé « Beggars Day » et l’instrumental ultra mélodique « Rose in the Heather », l’un de mes titres favoris de Nazareth. Même l’inévitable slow « Love Hurts », sorte de « Don’t Cry » avant l’heure avec ses arpèges, passe très bien et fleure bon la boum d’antan, de cette époque révolue où le rock avait encore le premier rôle. Peut-être qu’Izzy et Axl ont connu leurs premiers émois d’ado sur ce genre de disque, trouvant là une source d’inspiration qui s’écoute encore fort bien aujourd’hui, et qui mériterait l’appellation de classique…
A l’écoute de Too Much Too Soon, les New York Dolls apparaissent quand même comme les Rolling Stones du pauvre. Mais le groupe se démarquait presque plus par son attitude que par ses compos, du rythm n’ blues relativement classique. Un peu de morgue dans le chant, des guitares saturées un peu mal calées, un aspect général de branleurs à la technique mal assurée et les voilà propulsés précurseurs du Punk. Surtout que les poupées avaient récupéré le look des rebelles arty de l’époque, androgynes ultra maquillés et tignasses improbables sur fringues de putes de bas étage (les photos d’époque font peur). Pas étonnant que le requin Malcolm McLaren, surtout connu pour avoir parasité les Sex Pistols, ait cherché à les transformer en juteuses machines à fric. Peine perdue, les Dolls s’auto détruirons rapidement, laissant quand même une poignée de bons titres comme ce « Human Being », sauvagement rafraichi par les Guns vingt ans plus tard.
Transition facile avec le disque précédent, puisque Johnny Thunders était le guitariste et principal compositeur (avec le chanteur David Johansen) des New York Dolls. Lors de l’explosion du groupe, Thunders embarqua le batteur Jerry Nolan pour fonder les Heartbreakers, puis lança sa carrière solo par ce disque énorme, So Alone. A ceux qui me demanderaient quel peut être le si grand écart entre un disque des New York Dolls et un disque de Johnny Thunders, je répondrais que la Classe ne s’explique pas. Et, vu la quantité de guest stars apparaissant sur cet album, je ne suis pas le seul à avoir trouvé du charisme à ce magnifique looser.
Paul Cook et Steve Jones des Sex Pistols, Phil Lynott de Thin Lizzy, Chrissie Hynde, le bassiste Paul Gray qui rejoindra plus tard les Damned (le monde est petit), et tout un tas d’autres cadors du milieu tel John Earle qui fait merveille avec son saxo, faisant de So Alone un des rares albums où je supporte cet instrument : il est paradoxal mais assez significatif que Johnny ait appelé son premier disque So Alone alors même qu’il était si bien entouré… Ajoutez à ce fond musical luxueux une dose de gouaille, des filles qui minaudent (« Great Big Kiss »), la photo de la pochette qui semble prise pour illustrer le mot Camé, du joyeux et du glauque, et surtout cette voix, souvent fausse mais si chargée de vécu et d’émotions, et vous obtenez du rock à l’état pur, débarrassé de tout décorum, esbroufe ou publicité. Johnny Thunders était le héros du bon Duff, qui repris seul son « You Can’t Put Your Arms Around A Memory », et il fut aussi le mien, comme je tentais de l’expliquer dans cet article consacré au superbe live Add Water & Stir…





