XIII
Nous retrouvons le Best Of de Motorhead, qui m’avait bien plu puisque j’en avais enregistré la quasi-totalité. Il faut dire que les titres sont redoutablement efficaces, et les tempos vraiment bluffant. Si la rythmique est rudimentaire, tenir à cette vitesse (surtout sur la grosse caisse) pendant près de 4 mn relève de l’exploit. Pour le reste, contentons-nous de citer cette devise du morceau « Rock N Roll » - I Like Rock N Roll, It’s satisfy my Soul – parfaitement démontrée sur les 6 titres présents. Voici qui m’encourage à aller voir à l’occasion le groupe de Lemmy, encore et toujours en tournée, et ce j’imagine jusqu’à ce que le célèbre bassiste moustachu soit « Killed by Death »…
Ah, Nirvana, voici un groupe avec qui j’ai une relation, à mon avis, peu commune. Les gens de ma génération pourront au moins se vanter d’avoir connu (sans doute pour la dernière fois), cette frénésie Rock contaminant la planète entière à partir d’une simple mèche allumée à Seattle par un trio n’ayant eu, au départ, que sa sincérité et sa culture musicale comme bagage. Mais alors que la planète s’enthousiasmait pour le grunge, qui apparaissait même régulièrement dans les journaux télévisés hexagonaux, je tournais le dos à un Nevermind consommé jusqu’à plus soif par des Lycéens dont l’intérêt principal était rarement la musique. Quoi de plus logique, puisqu’à l’époque je découvrais émerveillé ce qui allait devenir une vraie passion avec le hard rock dont Nirvana venait justement contester l’hégémonie (et le réduire en poussières) en en prenant le parfait contrepoint. Manquant de recul pour constater que technique et grandiloquence n’étaient pas forcément synonyme de talent, je n'arrivais pas à m’intéresser à un guitariste incapable de produire un solo correct, ou à des chansons écrasant toute mélodie sous un flot de rage et de distorsion.
Que dire alors d’ In Utero, dont la démarche suicidaire (commercialement parlant), était d’aller encore plus loin, d’éradiquer tout l’aspect accrocheur ou efficace qui avait pu amener Nevermind au succès, de tuer la bête grunge créée sans le vouloir par ces apprentis sorciers ? Il était impossible que le disque me plaise à sa sortie, et encore aujourd’hui, mis à part quelques morceaux, je n’en suis pas fan. Certes, après ma période hard, puis une période de découverte où Nirvana me semblait trop commun, puis une période où j’avais autre chose à faire que de réécouter ce vieux groupe, je me suis ré intéressé à Bleach puis à in Utero (assez récemment, donc). Comme je le disais dans mon introduction, c’est de manière étonnante ma maturité musicale qui m’a permis d’apprécier à sa juste valeur la force de Nirvana. Mais In Utero est définitivement trop sciemment déplaisant pour m’attirer : quoi de plus anti mélodique que « Serve the Servants » ? (qu’à ma grande surprise j’avais retenu sur cette cassette). On ne s’étonnera pas de l’absence de « Rape Me » ou « All Apologies » que j’ai toujours trouvé insupportables, mais plutôt de celle du bon « Pennyroyal Tea », sublimé sur le MTV Unplugged. Les morceaux que j’aime vraiment se trouvent en fin de Face A de cette cassette: « Very Ape », semblant lorgner vers le coté direct des titres de Bleach, « Tourette’s », fantastique beuglerie punk qui enfonce un « Territorial Pissings » pourtant mythique, et surtout « Milk It », morceau déjanté à la rythmique impeccable, à la guitare aussi puissante que la voix est lasse, pour toujours mon favori de Nirvana.
On ne peut que louer l’ambition de Nirvana sur In Utero et sa volonté d’aller de l’avant et de brûler ses lauriers, même si pour moi le groupe accouche là d’un album inégal où leurs morceaux les plus chiants côtoient leurs plus grands coups de génie.
Pressés de donner un successeur à Nevermind et de se faire un max de pognon en surfant sur cette vague inespérée, le label de Nirvana sort une compilation de titres plus ou moins inédits sous le nom d’Incesticide sans attendre In Utero dont la conception semble plus complexe que prévue. Peu d’intérêt d’un point de vue global donc pour cet album qui n’en est pas vraiment un, mais quelques bons titres période Bleach (« Sliver », un classique, et l’excellent « Downer ») et d’autres montrant un groupe en pleine recherche, comme cet « Aero Zeppelin » baptisé parce qu’il sonnait comme les deux groupes de hard rock, ce qui veut tout dire… « Aneurysm », qui deviendra récurent dans les setlist, et surtout « Big Long Now » évoquant fortement Alice In Chains, sont bien plus intéressants. (A noter que plusieurs titres n’ont pas été retenus sur cette cassette car déjà figurant sur un best of que je m’étais fait suite au prêt de quelques bootlegs par un pote).
Restons dans le grunge avec le groupe qui selon moi représente finalement le plus ce mouvement sensé être « désespéré », Alice In Chains. Trop désespéré pour moi d’ailleurs, je me rappelle à l’époque avoir trouvé ce troisième (et dernier véritable) album bon, mais décidément trop plombant pour que je n’en retienne plus de trois titres sur cette cassette, trois titres magnifiques soit dit en passant. A l’époque, j’écoutais en boucle le MTV Unplugged, qui avait l’avantage d’alléger un peu ces guitares trop lourdes à mes oreilles, en plus d’être l’un des meilleurs Live que je connaisse. Je suis revenu plus tard sur ce disque, mais même si je l’ai acheté, j’avoue l’écouter très rarement à l’inverse de l’Unplugged dont je ne me suis jamais lassé.
Les Guns ont souvent repris « Whole Lotta Rosie » en concert à leurs débuts (d’assez bonne manière), il ne m’en fallait pas plus pour emprunter cette pierre angulaire du Hard Rock. Une bonne dose de blues, de l’électricité (courant alternatif donc), du solo de guitare à qui mieux mieux et une voix hurlante inimitable et hop, Let There Be Rock (soit littéralement la Genèse du Rock), malheureusement séparée ici sur deux cassettes. Finissons celle-ci par le morceau phare du disque « Let There be Rock » donc, évidemment l’un des meilleurs d’AC DC, groupe qu’on ne se fatiguera pas à présenter…







