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Blinking Lights (and other revelations)
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14 décembre 2015

# 013 / 221

013

 

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Petite mise en oreille avec les deux derniers titres extraits du Smell the Magic de L7, qui confirment tout le bien qu’on pensait de ce disque…

 

 

 

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Il est certains disques qui marquent une époque : quiconque ayant vécu assez vieux pour écouter la radio en 1994 verra cette année invoquée à son esprit dès le moindre extrait de Dummy. Année d’autant plus importante pour moi qu’elle correspondait à mon entrée à la Fac, véritable révolution dans ma vie. Une révolution, Dummy en fut une aussi musicalement, réunissant exigence musicale et immense succès populaire. On pourrait d’ailleurs croire que c’est mon snobisme naissant qui me fit résister un moment avant d’emprunter ce disque à un pote, et de n’en retenir que deux titres (snobisme dont on reparlera régulièrement, mais qu’il faut nuancer par la nausée que pouvait provoquer le matraquage des tubes à une époque où la radio était encore le meilleur moyen de découvrir la musique).

 

Or il n’en est rien (ce qu’on pouvait soupçonner puisque j’avais justement retenu le fameux single ultra matraqué « Glory Box ») : à la faveur d’une récente redécouverte de la discographie de Portishead, si j’ai réhabilité le deuxième album, je n’ai vraiment pas adhéré à Dummy, essentiellement à cause d’un des éléments principaux du trip hop pionnier (qui sera d’ailleurs rapidement abandonné par la plupart des acteurs du mouvement) : le scratche. C’est un son qui m’est difficilement supportable, et il figure sur la quasi-totalité des chansons de Dummy (mais pas sur « It’s a Fire » et « Glory Box »).  Il faudra attendre 2008 et l’exceptionnel Third pour que je revienne progressivement sur mes a priori et que je donne une seconde chance à Portishead….

 

 

 

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Le voyage dans le temps se poursuit avec ce disque des Levellers dont je me souviens exactement 20 ans après du nom du collègue de Fac qui me l’avait prêté - bon, ce n’est  pas si dur, il avait le même patronyme que la ville où l’on habitait, il s’appelait Nicolas Marseille, et on reparlera de lui sur quelques prochaines cassettes. Mais il n’y a pas que ce détail qui a traversé les années, certaines mélodies, comme celles de « the Riverflow », me sont revenues instantanément en mémoire, quand bien même je n’ai plus jamais réécouté les Levellers par la suite. La qualité de la musique proposée n’est nullement en cause, cette grosse moitié enregistrée de Levelling the Land s’écoutant encore aujourd’hui très facilement, c’est surtout une question de style.

 

Les Levellers font du Pub rock, rythme soutenu, guitares électriques bien présentes (« Liberty Song ») mais faisant jeu égal avec le violon (« the Game ») ou cédant parfois la place au banjo, comme sur un « Far from Home » country jusque dans son titre. Soit donc une musique que je conçois personnellement dans un bar, une Guiness à la main (ils sont anglais, même si j’aurais juré qu’ils fussent Irlandais après avoir écouté la cassette), dans une ambiance festive et dansante, mais qu’il ne me viendrait pas à l’idée d’écouter chez moi. C’est d’ailleurs assez paradoxal de penser immédiatement à une soirée alcoolisée entre pote en écoutant des chansons aux textes si politiques et engagés, dont certains sont même carrément dramatiques (la ballade « Another Man’s Cause »). Bref, si j’accueillis poliment la proposition de mon pote, d’autant plus volontiers que les mélodies de ces six titres sont, je le répète, bien accrocheuses, cela ne souleva pas chez moi une soudaine passion pour le pub rock, et je retournai illico à mon hard ou grunge américain, tandis que les Levellers poursuivaient (et poursuivent encore) une riche carrière, essentiellement chez les Grands Bretons. 

 

 

  

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Déjà bien aguiché par le Sell Out, il était normal que ma quête des concepts albums me mène jusqu’au Quadrophenia, avant la rencontre avec Tommy qui me transformera en fan ultime des Who. J’ai déjà eu l’occasion ici (dans ma rétrospective, et pour son artwork) de défendre cet album relativement mal aimé - on lui reproche je crois un coté ampoulé loin des singles rocks des débuts qui firent des Who l’un des groupes les plus importants de sa… génération. Et bien moi j’adore Quadrophenia : l’apparition fréquente du piano, les cuivres qui viennent relever de nombreux titres, l’ultime baroud d’honneur de Keith Moon qui y est à son sommet, et surtout l’ambiance que le disque dégage. Par l’opposition des passages bien nerveux (« 5 :15 ») et des moments mélancoliques (« I’m One »), Quadrophenia respire l’adolescence, ses espérances et ses blessures. C’est aussi un disque homogène (assez rare chez les Who), d’ailleurs j’avais à l’époque enregistré quasiment tout ce long double album (quoique dans un ordre bizarre…). De quoi replonger une nouvelle fois en compagnie de Jimmy, et des quatre fous furieux qui donnent vie à son histoire, avec un immense plaisir…

 

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