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Nous retrouvons donc Superunknown de Soungarden, que j’avais finalement emprunté deux ans après sa parution (en 1994). Certainement toujours le mélange de snobisme me faisant fuir les disques trop vendus en leur temps et d’écœurement légitime au matraquage radiophonique (et télévisuel, MTV en force) des tubes dont celui qui nous occupe s’appelait, tout le monde s’en souviens, « Black Hole Sun ». Une balade typique du mouvement qui faisait fureur à l’époque, un rejeton du grunge appelé rock alternatif : couplets mélodiques avec des guitares toutes en arpèges, alternés avec l’arrivée brusque de refrains aux accords saturés. Les extraits retenus sont dans la continuité de ceux entendus précédemment, forcément datés (c’est le rançon du succès) mais loin d’être ringards ou désagréables. Superunknown souffrait surement du défaut des albums de l’époque, à savoir d’être beaucoup trop long, mais vu que je n’en avais retenu qu’une moitié, on aura du mal à en juger, et le succès semble 20 ans après assez mérité pour Soundgarden. Pas assez cependant pour me faire suivre le groupe qui splittera après l’album suivant, Down on the Upside.
J’avais été assez intéressé par les deux extraits de Career of Evil sur la cassette précédente, mais les retrouvailles avec Blue Oyster Cult ne se sont pas franchement bien passées. Ça commence avec « 7 Screaming Diz Busters » dont l’imbittable titre et la durée avoisinant les dix minutes auraient dû me mettre la puce à l’oreille : Blue Oyster Cult, au moins à un moment de sa carrière (que je ne connais pas), a été un groupe de prog. Il y a un côté Yes dans ce morceau mêlant jazz et hard rock, et si ce n’est pas horrible c’est assez gonflant à la longue. Pareil pour un « Flaming Telepaths » gâché par des claviers hideux. Reste « (don’t Fear) the Reaper » qui tient essentiellement sur son riff de guitare inoubliable, raison pour laquelle Pitchfork l’a certainement sélectionné dans sa liste des 200 meilleurs titres des 70’s. De là à emballer Julien qui le découvre à cette occasion, cela me surprend un peu tant ce rock poilu et bavard semble assez loin de ses gouts mais enfin, n’oublions pas que le bougre est fan de Midnight Oil, tout peut donc arriver de sa part…
Tout occupé à étudier la carrière d’Iggy Pop en choppant au fur et à mesure que je les trouve ses albums à la médiathèque, voilà que je tombe sur l’un de ses chefs d’œuvre que… j’ignore superbement. Lust for Life est typiquement le genre de disque que j’ai écouté trop tôt (rappelons que j’avais à l’époque bien aimé Instinct et même… Party). Je ne connaissais pas du tout Bowie, New Wave était un terme inconnu pour moi, Iggy Pop était avant tout un mec qui se droguait un max avec les Stooges bref, malgré les deux excellentes chansons ici présentées que tout le monde connais, je n’aurais pas la prétention de chroniquer ce disque et je vais plutôt passer au suivant sur la pointe des pieds….
Si il y a bien une réécoute que je craignais, c’est celle-ci. Le problème quand tu es passionné de musique, c’est que ça finit par se savoir, et que si cela engendre des rencontres sympas, cela peut aussi attirer des gros ringards qui se mettent à te parler de trucs tous pourris. Genre Infectious Grooves. Dans ma tête, le fan en question est grand, propre sur lui, avec des petites lunettes rondes et des supers notes en résistance des matériaux. Même aujourd’hui, avec le recul et la culture qu’on m’envie de par le web, j’ai du mal à ne pas envoyer chier ce genre d’emmerdeurs, autant dire qu’à l’époque j’ai dû faire semblant d’être heureux que le binoclard me prête ce Groove Family Cyco à la pochette laide à faire peur. Un disque qui s’était vendu par pelletés si je me souviens bien, et que certains rigolos posaient en concurrents direct du BSSM des Red Hot Chili Peppers. L’appellation Funk Metal dit à peu près tout : une technique énorme (notamment le bassiste Robert Trujillo, cachetonnant aujourd’hui chez Metallica Inc.) au service de titres bordéliques et fatigants. Eléments groovy, funky, punk (« Frustrated Again »), voire heavy metal (« Die Lika Pig »), rien à faire : Infectious Grooves me prenait déjà la tête il y a 20 ans, ça ne s’est évidemment pas arrangé avec le temps…





