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Blinking Lights (and other revelations)
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29 décembre 2016

METALLICA with the San Fransisco Symphony Orchestra - S&M

S&M_(live_album)

 

L’année prochaine, cela fera 20 ans que je cours les salles de concerts plus ou moins assidument. Je vais donc certainement me fendre de quelques articles spéciaux, notamment celui que j’avais prévu pour clôturer ma liste des Loved Lives, ces enregistrements en public que j’ai particulièrement apprécié et écouté. Car oui, j’avais établi une liste à l’ouverture de cette rubrique (il y a fort longtemps donc), et celle-ci touche à sa fin. Or il est un de ces Loved Lives dont j’ai continuellement repoussé la chronique, jusqu’à être contraint de la publier aujourd’hui si je veux atteindre mon objectif : le Concert de Metallica accompagné de l’Orchestre Symphonique de San Fransisco, subtilement appelé S&M.

 

Ce double album fut le coup de grâce pour la plupart des fans de la première heure qui n’avaient pas fui lors des sorties successives du Metallica et des Load / ReLoad. J’étais alors trop gentil pour enfoncer le clou, bien que j’aie intérieurement ricané en voyant le double album de reprises sorti l’année précédente, moi qui ne fus jamais autant méprisé pour mon amour des Guns, ce « groupe qui ne sait faire que des reprises »,  que par les fans de Metallica, les vrais les durs les purs Heavy Metalistes. Si je ne persiflais pas sur cette fausse bonne idée assez commune de l’association groupe de rock – orchestre classique, c’est qu’en tant que non fan de Metallica je m’étais acheté le vinyle et que je l’avais beaucoup aimé : j’y voyais matière à avoir un best of vivant et original, bien qu’il fit l’impasse sur mon disque favori : Kill ‘em all. Si S&M tourna beaucoup à l’époque chez moi, et qu’il méritait donc sa place ici, cela faisait des années que je ne l’avais plus sorti, à l’inverse de ses petits copains de rubrique : les retrouvailles risquaient d’être difficiles, et la madeleine d’avoir un sacré gout de moisi.

 

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La prise de contact se fait en douceur : « the Ecstasy of Gold » fait une redoutable introduction alors que les quatre cavaliers du Metal entrent sur scène, et « the Call of Ktulu », l’un de mes morceaux favoris qui m’avait fait investir sans regarder plus loin, est un instrumental épique qui s’accommode sans problème de l’Orchestre Symphonique.  Le début des ennuis commence pourtant dès le titre suivant, un « Master of Puppets », originellement redoutable, mais ici handicapé par des cordes crispantes. Par la suite, on établira progressivement une règle concernant la présence de l’orchestre : plus le morceau est ancien, et plus le tempo est rapide, moins l’orchestre est supportable (on comprend et on approuve alors grandement l’oubli du Kill ‘em all dans la setlist). C’est surtout les cordes qui peuvent plomber un classique de Metallica quand elles cherchent à en faire trop, les cuivres n’étant la plupart du temps pas trop gênants (on n’entend les autres instruments que sporadiquement).  Les espèces d’arabesques que nos cravatés effectuent pour se faire entendre sur  « the Thing that Should not be » donnent tout leur sens au titre de la chanson.  Il faut donc attendre « the Memory Remains »  (tempo medium, titre récent à l’époque) pour retrouver un semblant d’équilibre, d’autant que le public y est particulièrement enthousiaste.  L’association fonctionne assez bien aussi sur « Bleeding Me » ainsi que de manière assez attendue sur les ballades « Hero of the Day » (que j’adore) et « Nothing else Matters » (jolies basses), si bien sûr on n’est pas allergiques au lyrisme grandiloquent (mais dans ce cas cela fait belle lurette qu’on n’écoute plus Metallica…)

 

Globalement, nous avons eu droit à un deuxième tiers d’album relativement plaisant. C’est donc avec une certaine appréhension qu’on voit arriver le grand classique « For Whom the Bell Tolls », mais contrairement à la règle établie précédemment,  l’association entre Metallica et l’orchestre est ici plutôt bonne, avec un passage où les deux se répondent de belle manière et un orchestre assez discret le reste du temps. Autre bonne surprise selon moi, l’apport des cordes sur « Wherever i may Roam » qui intensifient l’intro et apportent un côté cinématographique et un peu oriental pas désagréable au morceau. On se prend à rêver d’un final flamboyant vu les quatre derniers titres proposés, hélas la règle reprend ses droits de cruelle manière, et d’autant plus violemment qu’un compréhensible effet de saturation a alors envahi l’auditeur (l’ensemble dure deux heures et quart  tout de même).  Les violonades viennent poignarder le poussif « Sad but True », alors qu’ « Enter Sandman »  est sans doute le plus gros ratage de S&M, l’orchestre voulant en faire beaucoup trop.

 

Côté setlist, S&M couvre bien l’ensemble de la carrière de Metallica à l’orée du troisième millénaire,  et bon nombre de titres majeurs du groupe sont présentés. On notera simplement que les plus mauvais sont ceux du dernier album en date ReLoad (1) et surtout les deux inédits, « No Leaf Clover »  et « Human », d’une fadeur incroyable.  Assez symptomatique d’un groupe au bord de la rupture, que le manque d’inspiration a obligé à sortir coup sur coup un album de reprises puis cet album live pour contenter ses fans. Ce sera le dernier disque officiel avec le bassiste Jason Newsted, lassé d’être l’éternel remplaçant de Cliff Burton,  et le début d’une période sombre illustrée par l’hilarant documentaire Some Kind of Monster dans lequel un « thérapeute » joue les premiers rôles. Film montrant le recrutement de Robert Trujillo à la basse et la genèse de St.Anger, album sorti en 2003 et dont même les fans les plus accros estiment que c’est une bouse de A à Z.  Je ne l’ai pas écouté, pas plus que ses successeurs à priori plus recommandables (2) : Metallica s’est arrêté pour moi sur ce S&M, que je vais sagement ranger dans sa jolie pochette plastique, dans ma nouvelle bibliothèque, dont il ne bougera pas jusqu’à mon prochain déménagement….

  

 

(1)    J’ai réécouté et plutôt apprécié le Load sur mes vieilles cassettes, mais le ReLoad n’intervient qu’en épisode 085. Nous verrons si c’est aussi passable que les extraits de S&M le laissent supposer.

 

(2)    Hardwired… to Self Destruct est sorti cette année, pas grand monde n’en a parlé dans mon entourage….

 

 

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