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Blinking Lights (and other revelations)
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22 mai 2017

# 048 / 221

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Je vous avais parlé de la catastrophique reprise de « A Night like this » des Cure par les Smashing Pumpkins, figurant sur l’EP « Bullet with Butterfly Wings » au côté de 4 autres reprises, toutes plus ou moins ratées. Parmi elles, « Dreaming » de Blondie, ce qui explique donc la présence disséminée sur tout un tas de cassettes d’extraits d’un Best of qui aurait mérité largement mieux. Un traitement qui n’est pas sans évoquer celui reçu par Debbie Harry, dont l’identité punk à l’origine n’aura de cesse d’être mise à mal par des producteurs souhaitant jouer sur son physique  et le coté plus pop du groupe, autrement plus vendeur. Ce mélange de punk, pop et disco (ce qu’on appelle New Wave ?) est d’ailleurs tout ce qui fait la saveur de ce « Dreaming » (il va sans dire mille fois meilleur que la reprise soporifique évoquée plus haut) et surtout d’ « Atomic », tube mettant en valeur les qualités techniques impressionnantes d’un groupe pourtant voué à rester dans l’ombre de sa charismatique chanteuse.

 

 

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Il est un artiste majeur de l’époque de ces cassettes dont je n’ai pas encore parlé, une des plus grosses stars du milieu des années 90 : Marilyn Manson. Si j’avais forcément entendu quelques-uns de ses tubes (au moins sa reprise de « Sweet Dreams »), c’est d’abord par son livre que je pris contact avec son univers. Mémoires de l’Enfer, que je feuilletais régulièrement au Virgin, m’avais complètement fasciné. Rempli de symboles, de délires ésotériques (toutes choses dont je suis féru depuis toujours), présenté à la fois comme une autobiographie passionnante - comment un gamin lambda devient il le monstre épouvantant l’Amérique de ses outrances - et un livre artistique morbide, il eut pu me faire basculer dans la foule immense de ses fans, d’autant que plusieurs photos le montraient en compagnie, évidemment, de son mentor Trent Reznor dont j’avais découvert et apprécié récemment l’œuvre, mais aussi de Billy Corgan qui fut un temps son pote et avec qui ils enregistrèrent quelques chansons communes.

Cependant, malgré de longues hésitations je n’achetais jamais le livre, pas plus que le moindre disque du groupe, que j’ai pourtant suivi de près jusqu’en 2003 (preuve à l’appui sur ces cassettes). Je crois que la raison profonde tient dans ce titre : Antichrist Superstar. Encore marqué par l’éducation religieuse reçue, pas suffisamment libéré (mais l’est-on totalement un jour ?) pour analyser sa violente critique avec le recul adapté, je buttais sur cette auto proclamation ironique. Comme quoi Marilyn Manson avait atteint son but, prenant la relève de son prédécesseur grand guignolesque Alice Cooper, trop vieux et cramé pour faire peur au bourgeois, modernisant et poussant encore plus loin le portrait cru d’une civilisation du spectacle et du fric planquant au grenier, à la manière de Dorian Gray, ses plaies et moisissures. 

 

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Bon, ça ne m’empêchait pas d’emprunter le disque à la médiathèque et d’en enregistrer une grande partie. Pensez donc, un concept album, séparé en trois chapitres (appelés Cycles ici), racontant l’histoire d’un personnage depuis sa naissance jusqu’à sa mort : tout ce que j’aimais à l’époque. En plus, le CD se terminait par des dizaines de pistes vides jusqu’à la 99 eme (1), une piste cachée qui s’enchainait avec la première chanson en un cycle naissance-vie-mort-résurrection infini.

Musicalement, l’album est très proche du Downward Spiral de Nine Inch Nails, avec ce mélange de violence sourde et ce côté malsain principalement issu d’un chant grinçant et d’arrangements torturés. L’ensemble des titres enregistrés est très bon, des plus brutaux (« Irresponsible Hate Anthem », « Little Horn ») aux plus rampants (« Cryptorchild ») en passant par des morceaux plus groovy, où la basse de Twiggy Ramirez (« Tourniquet », « Minute of Decay ») en impose, l’ensemble restant tout de même trempé dans du metal indus à coup de guitares saturées bien puissantes. De quoi donner envie d’investir enfin dans l’album, avant de redécouvrir prochainement son successeur,  un Mechanical Animals qui dans mon souvenir est le véritable chef d’œuvre du malin pervers.

 

(1)    Un truc déjà utilisé par Trent Reznor sur l’EP Broken

 

 

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Tient, vexé qu’on rende hommage à son terrible rejeton, voilà le Coop qui rapplique. Avec un live - A Fistful of Alice -  destiné sans doute à combler l’attente de fans qui devront patienter 6 ans pour voir un successeur à the Last Temptation, album grunge un peu esseulé entre la période du vieux hard rock ringard et celle du renouveau bruitiste (Brutal Planet, 2000). Après un joli « Desperado » (excellent titre aux accents western issu du génial Killer, de l’époque révolue du grand Alice Cooper Band), voici « Lost in America », extrait de the Last Temptation, qui pour la petite histoire voit Slash venir tartiner quelques solos sur scène en hommage à son maitre.  Un titre qui vient à point nommé pour marquer la différence entre Marilyn Manson et Alice Cooper, qu’on a forcément beaucoup comparé.  Car cette chanson, si elle constitue bien une charge contre la société américaine, le fait avant tout de manière comique.  Alice Cooper s’est rarement départi d’une forme d’auto dérision, d’autant plus lorsque, les années passant, il avait vécu de grande périodes creuses et s’était compromis plus d’une fois  pour casser la croute dans des productions pas très reluisantes, tout en l’assumant fort bien (ce qui me rend à tout jamais le personnage fortement sympathique). Je ne connais pas la discographie récente de Manson, mais il me semble que lui est toujours resté dans sa posture d’artiste maudit, de cauchemar incarné, de miroir déformant jusqu’au-boutiste.  Je ne saurais dire, au final, ce qui est ridicule et ce qui ne l’est pas. J’aurais tendance à dire que l’essentiel est dans la musique proposée…

 

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