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Blinking Lights (and other revelations)
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7 septembre 2020

# 123 / 221

 

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Parmi les artistes affiliés au rock indé ayant cartonné dans les années 90, il en est encore quelques-uns qui n’ont pas fait leur apparition en cette rubrique. C’est le cas de Beck, dont le single « Loser » avait été matraqué jusqu’à l’écœurement par toutes les radios du monde, provoquant chez moi un rejet d’autant plus fort que je ne suis pas du tout fan de ce mélange sample/folk/hip hop. Il aura fallu je pense la simplicité et la beauté du morceau « Asshole » sur l’inévitable Tibetan Freedom Concert (voir épisode 054) pour me donner envie d’emprunter le disque qui le contient, One Foot in the Grave. Au moment où « Loser » parait, cela fait déjà un bon moment que Beck fait des petits concerts et enregistre des demos sur cassettes que seuls une poignée d’excentriques ou de piliers de comptoirs entendent. A tel point que suite à son tube, Beck a de la matière pour enregistrer trois albums la même année (1994), Stereopathetic Soulmanure, Mellow Gold (qu’on retrouvera prochainement)  et ce peu connu One Foot in the Grave, disque de folk lo fi enregistré à l’arrache avec une guitare mal accordée et quelques potes de passage. On ne sait si c’est un pastiche (jusque sur la pochette) des disques des vieux bluesmen qu’il reprend depuis des lustres, mais dans le genre c’est assez réussi. Comme pour introduire le propos, Beck attaque d’ailleurs par la reprise d’un classique du Mississipi Blues, « He's A Mighty Good Leader ». La suite oscille entre titres tout déglingués aux allures de demos, country folk traditionnelle (« I’ve seen the Land Beyond »), Lo Fi répétitif et simplissime évoquant un Cat Power masculin et folk charmante, sur « Hollow Log » ou l’émouvant « Asshole ». Si on reconnait parfois quelques sonorités de ses futurs albums, c’est à un Beck étonnement sobre à qui l’on a affaire, et c’est tant mieux. One Foot in the Grave est peut-être un peu rêche, mais il reste très agréable (tout du moins dans sa moitié retenue ici) et préférable à la discographie qui va suivre, au moins jusqu’au bouleversant Sea Change. Mais nous verrons cela progressivement puisque, contre toute attente, j’emprunterais la plupart de ces albums à la médiathèque.

 

 

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Après Either/Or, où je m’attaquais timidement à Elliott Smith, j’empruntais son plus célèbre album, XO, que j’enregistrais en grande partie. Sans pour autant m’en enticher plus que ça, ce qui est fort dommage vu la qualité de ce que je viens de réécouter. Alors je vous vois venir, un sourire moqueur aux lèvres : le mec il blogue depuis des lustres en se prétendant connaisseur des 90’s, et il ne se rend compte que maintenant de la beauté d’un des plus célèbres disques de 1998 (qui, on ne le répètera jamais assez, fut la meilleure année que la musique connut). Et bien oui, et après tout c’est bien le but de cette rubrique. Assez hermétique en général aux compostions léchées et arrangements parfaits, il faut bien reconnaitre que cet album courant après les Beatles et les tutoyant régulièrement m’a séduit du début à sa fin (un « I Didn’t Understand » a capella qui justement se permet de défier « Eleanor Rigby »). Plus que le single « Waltz #2 (XO)» - batterie un peu lourdingue mais mélodie de refrain inoubliable – c’est les arpèges et les chœurs de « Tomorrow Tomorrow » qui me scotchent d’abord. A côté de ballades mélancoliques merveilleusement composées, figurent pas mal de titres à l’ambiance plus ensoleillée, comme le joli folk « Sweet Adeline », un « Baby Britain » une fois de plus très Beatlesien ou un « Bled White » inhabituellement rock chez notre californien dépressif. Le chant doux d’Elliott Smith apporte à ces titres enjoués un contrepoint teinté de mystère. Conservant la part belle à la guitare et aux multiples voix du songwritter, XO s’agrémente de superbes parties de piano et de l’aide de Joey Waronker, batteur de studio officiant sur une quantité astronomique des meilleurs albums de l’époque. Si l’on retrouvera Elliott Smith à plusieurs reprises dans cette rubrique, je vais d’ores et déjà aller de ce pas acheter XO. 20 ans après tout le monde.

 

  

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Transition brutale s’il en est entre la délicatesse d’Elliott Smith et la sauvagerie de Metallica, d’autant plus en live  et d’autant plus sur ce très trash « Disposable Heroes ». Je ne sais d’où me vint ce bootleg intitulé Tearing Your Insides Out, mais je n’en enregistrais qu’une ridicule partie, sans doute les titres intéressants qui ne figuraient pas sur ma cassette Destroyer (voir Hors Série #02), autre bootleg de cette tournée Black Album de 1993. Pour quelqu’un qui se plaignit d’être en bizutage permanent au sein du groupe, Jason Newsted est plutôt à l’honneur avec presque 10 minutes de solo de basse où il expose l’étendue de sa technique, groove, mélodique ou bourrine, sur des thèmes connus (dont l’hymne américain). Viennent ensuite de cours extraits des deux superbes instrumentaux que sont « Orion » et « the Call of Ktulu », ce dernier se terminant sur un branlage de manche guitaristique en bonne et due forme. Dernier coup d’éclat en cette rubrique d’un vieux groupe qui ne m’intéressait déjà plus trop.

 

 

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