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Dans l’impeccable discographie de Sonic Youth, il y a quand même un album qui fait tache : NYC Ghosts & Flowers. Je sais qu’il y a quelques afficionados, mais la plupart des amateurs du groupe ont, comme moi, boudé ce disque. Des 8 titres le composant je n’avais retenu que les 4 plus longs, réécoutés avec attention mais circonspection. Difficile de juger si ce magma assez lent, répétitif et dissonant est une expérimentation savante ou une branlette arty cachant mal un manque d’inspiration, mais le fait est que seul le punkoide « Renegade Princess » m’a un peu secoué. Reste aussi la mise en tension progressive de « NYC Ghosts & Flowers », sur laquelle Thurston Moore vient raconter une histoire probablement fascinante qui nous maintient en haleine jusqu’à un final noisy tout en larsens dispensable. Coincé entre les excellents A Thousand Leaves et Murray Street, NYC Ghosts & Flowers, sorti en l’an 2000, est un album insaisissable qui me laisse toujours indifférent.
Pur produit de la galaxie Matador, Bardo Pond est un groupe à la croisée du rock alternatif, du post rock et du rock psychédélique, mais certainement fort inspiré par Sonic Youth. Mis évidemment sur la piste par les compilations de mon label fétiche, j’empruntais au hasard ce Dilate comme disque de découverte, et l’enregistrais presque en entier malgré son côté assez difficile d’accès. Outre les longs morceaux instrumentaux à forte teneur post rock dont j’étais déjà très habitué (« Two Planes » ou « Ganges »), on y trouve des plages en guitare voix complètement erratiques dont on voit mal comment elles auraient pu être enregistrées autrement que sous l’influence de drogues diverses et variées, ou du Led Zep alternatif ultra saturé enregistré dans un avion en vol (« 16 »). Quand chant il y a, c’est une voix féminine vaporeuse qui flotte au-dessus de guitares en roue libre. Que le redoutable batteur vienne se réveiller et on rentre enfin dans le morceau, parfois au bout d’une longue attente (« Despite the Roar »). Il y a donc à boire et à manger dans cet album (qui fut curieusement l’une de mes premières acquisitions en vinyle), mais il faut reconnaitre que les titres les plus construits sont vraiment excellents, à l’image de « Inside » qui explique pourquoi Bardo Pond fit la route, entre autres, avec GY !BE ou collabora avec des grands noms comme Yo La Tengo. Leur confidentialité (très peu de leurs disques étaient empruntables en médiathèque) ainsi qu’une discographie pléthorique (en 30 ans d’activités) contenant moults albums de sessions à moitié improvisées fait que je ne connais que très peu le reste de leurs disques, d’autant que leur coté expérimental rend périlleuse toute tentative de choisir l’un d’entre eux au hasard. Bref, Dilate est donc l’unique représentation de Bardo Pond en ces cassettes. C’est surement dommage, mais il y a beaucoup de groupes du style plus importants à mon avis.
Il n’y a pas que le label Matador que je pistais, mais aussi le fameux 4AD qui à la suite des Pixies m’avait proposé pas mal d’autres artistes majeurs. J’en avais aussi découvert le côté obscur, et si je me rappellais fort bien que Cocteau Twins m’avait bien fait chier malgré toutes mes tentatives, j’avais plutôt un bon souvenir de This Mortal Coil, sorte de collectif monté par Ivo Watts-Russel, le patron de 4AD. Las, je déchantais en achetant il y a quelques années le CD de Filigree & Shadow, pourtant largement enregistré sur la cassette 199. M’étais je trompé d’album, eut il fallut mieux choisir le premier, It’ll End in Tears ? Réponse maintenant et surtout prochain épisode. Les trois titres présents sur cette cassette sont des reprises, deux d’Alex Chilton (dont le « Kangaroo » que je connaissais via Jeff Buckley) et une de Tim Buckley (le papa). Pas du guilleret donc, et les versions proposées ici font honneur au titre de l’album. Très épurées, basées principalement sur les voix (celle très belle d’Elizabeth Frazer, et celle un peu moins belle d’Howard Devoto), ces chansons peinent à se dépêtrer du label « c’est beau mais c’est chiant » tellement elles sont larmoyantes. On attendra le reste du disque pour se faire une idée plus complète.



